Heureusement, il y a le bronze !

Enfin ! J’ai fini par l’obtenir cette fameuse SaintéLyon de bronze … J’ai bien cru qu’elle allait encore me filer entre les pattes la miss désirée. Je peux vous garantir que le cerveau du bonhomme a été mobilisé plus qu’il ne faut pour tenter de résoudre ce qui s’apparente aux classiques problèmes de math de nos chers bambins … Combien de temps faut-il au coureur pour rejoindre l’arrivée à une distance de 20km sachant qu’il est en mode larve ? J’ai le droit à une petite pause pipi ? Est-ce que je n’ai pas relancé un peu tard au sommet de cette bosse ? Dites monsieur le cerveau, j’ai le droit de marcher un petit peu ? Rien qu’un instant ! Non ? Bon, ben on continue alors … Le calcul mental, c’est terrible pour les neurones quand on patauge dans la boue.

Et le chrono, qu’est-ce qu’il dit le chrono ?

Je l’ai amélioré de 24 minutes cette année. C’est un peu moins que les 32 minutes de gain de l’année dernière mais tout de même suffisamment significatif pour satisfaire mon égo de compétiteur. J’espère bien d’ailleurs ne pas en rester là. Une progression par « petite touche » chaque année, il n’y a rien de mieux pour la satisfaction du coureur. Un vrai petit Sergeï Bubka du trail running … Ah, quand je pense à ces petits jeunes qui font des performances démentes dès leur première participation … Forcément, c’est tout de suite plus difficile pour la seconde, on hésite, j’y vais, j’y vais pas, on fait la fine bouche pour se justifier, trop de bitume, trop de monde, trop nuit … Non, non la véritable qualité du vétéran, c’est une progression paisible, la force tranquille quoi (argh … déjà utilisé). Allez, pour l’édition 2009, je compte bien raccourcir encore la balade d’une vingtaine de minutes. Il ne faut pas être trop gourmand, l’argent ce sera pour plus tard ; 2010 par exemple. D’ailleurs je travaille dès à présent le renforcement de mes chevilles … Elles gonflent, elles gonflent … Bon j’arrête là le délire : certains pourraient me prendre au sérieux. Et puis il faut malheureusement relativiser ce gain, la course a été raccourcie de deux bons kilomètres (voir trois) par rapport à l’édition 2007 … Bref autant dire que je n’ai pas dû améliorer bien grand chose. 😕
J’estime que le gain est de l’ordre de 15 minutes maximum en me basant sur le temps intermédiaire de Soucieu en Jarrez.

Classement ? Vous avez dit classement ?

Il est loin d’être brillant.1334ième au classement général pour 900 annoncé, je suis loin d’avoir atteint l’objectif espéré … Qu’est-ce qu’ils ont tous eu à vouloir me doubler comme ça ! Même mes compères du jour (la majorité en tout cas) se sont fait un malin plaisir à corser l’objectif en finissant allègrement devant moi. Bon à ma décharge, il y a quand même eu 485 finishers de plus que l’année dernière avec un nombre record de 3237 coureurs ayant franchi l’arche d’arrivée et j’ai quand même eu le plaisir de finir dans la première moitié du peloton. Pas si mal, mais j’aurai aimé pouvoir pourrir au sprint l’ami Oslo. Que voulez-vous, on y prend goût. Il m’a privé de mon petit plaisir ce garnement. Yan42 a été plus compréhensible sur ce coup là. T’es un vrai frère Yan … 😉

Et la course dans tout ça ?

Je l’apprécie toujours autant. J’aime le tracé lumineux des frontales dans la nuit. J’aime quitter progressivement la ville et découvrir peu à peu l’église de Sorbier sur les premières hauteurs du parcours. J’aime cet instant où l’on abandonne pour la première fois le bitume et son éclairage urbain, ce moment magique lorsque toutes les frontales s’allument enfin. J’aime défier la boue omniprésente, les flaques qui apparaissent subitement sous mes pas, les ornières et autres difficultés du terrain. J’aime cette transition entre le silence de la nuit et l’effervescence des relais, ce passage du noir à la lumière qui parvient à mettre en valeur un simple et banal terrain de foot. J’aime apercevoir les lumières de ma ville au loin, la rejoindre au petit matin. J’aime être immergé dans le flot des coureurs, un moment solitaire dans ma bulle, puis partageant un regard, quelques mots, perdant un compère, en retrouvant un autre mais toujours avec ce sentiment de communion dans l’effort. J’aime voir passer les relais, cette course dans la course, je me décale sur la droite, je regarde le dossard au numéro rouge s’éloigner rapidement, je suis au spectacle.
Ce n’est pas un vrai trail, ni une course sur route, le terrain n’est pas technique, le dénivelé bien faible, les paysages n’ont rien de fabuleux et de toute façon on ne les voit pas mais je l’aime et je sais l’apprécier car j’accepte ce qui fait sa spécificité. C’est ma course de village. Celle à laquelle on participe d’année en année. C’est la doyenne de l’ultra, c’est la SaintéLyon. 😛

Mais le meilleur dans tout cela, c’est l’humain !

La SaintéLyon c’est aussi/surtout cela. L’occasion de rencontrer ses semblables. La course s’y prête à merveille. Il y a d’abord cette longue attente d’avant course dans le Hall d’Exposition de Saint-Etienne, lentement rythmée par les différentes phases qui nous mènent progressivement au départ. Retrait des dossards, dernier repas, séance d’habillage, dépose des sacs coureurs, séance photo autant d’occasion de papoter dans la bonne humeur. Et puis, beaucoup plus tard, c’est l’arrivée, chacun d’entre nous en termine avec son périple et on se regroupe peu à peu. C’est le moment d’échanger nos impressions, de refaire sa course. Nous sommes plus ou moins satisfaits de notre résultat mais nous sommes allés au bout du défis, on a relié Saint-Etienne et Lyon dans la nuit en plein mois de décembre, parcouru près de 67km, on est finisher.


Taz le Diable, Line et Arthurbaldur

Une préparation sans anicroche :

C’est probablement la préparation la plus aboutie que j’ai suivie pour participer à une SaintéLyon.
J’ai suivi un plan d’entrainement sur 13 semaines pleinement dédié à la préparation de cette course.
Je ne me suis pas dispersé comme en 2007 en préparant les 10km de Caluire ce qui m’avait contraint à tronquer ma préparation, timing oblige. J’ai supporté beaucoup plus facilement la charge d’entrainement à la différence de 2006 où je m’étais blessé au genou en fin de préparation après avoir participé aux 30km de Jogg’iles. Il y a bien eu cette petite douleur au niveau des ischios probablement malmenés à l’occasion de notre traditionnel sortie d’avant course avec Taz le Diable mais rien de bien sérieux, peut-être même ce qu’il fallait pour m’obliger à rester tranquille et arriver avec plus de fraicheur le jour de la course.

Une préparation aboutie mais peut-être pas forcément optimale. Il me paraît normal d’avoir mal aux jambes à un moment de la course mais je trouve pour ma part que cela survient un peu trop tôt.
Je considère que c’est le facteur limitant qui bloque ma progression. Point de vue cardio, je ne suis pas loin d’être en mode sieste, j’ai donc de la marge de ce côté là. Reste le mental, la capacité à se faire mal, à se botter les fesses quoi … et bien ce n’est certainement pas mon point fort. Je n’ai plus qu’à me faire greffer des nattes, les mêmes que Pat.

Que faire alors pour les préparations suivantes ? Je vais alterner des sorties longues incluant de l’allure marathon avec des sorties longues (voir très longues) à allure spécifique réalisées sur le parcours de la course pour travailler principalement le parcours entre Saint Christo en jarez et Saint Genoux. Je vais également augmenter ma vitesse de footing pour effectuer la première partie du parcours avec la plus grande économie d’énergie possible.


1:Orion39, 2:Taz le Diable, 3:Line, 4:Oslo et Yan42, 5:Biscotte, 6:Ohhh ! Xavier, 7:Biscotte, 8:Miaou, 9:Taz le Diable

L’avant course :

J’ai le plaisir d’héberger Line pour ce long weekend sportif. Line, c’est mon binôme de la CCC 2008. Un sourire grand comme ça, deux jambes de cabris et une tête bien remplie comme je les aime. WildInTheWoods devait également être de la partie. J’ai regretté que tu aies du renoncer à participer. J’espère que tu seras des nôtres la prochaine fois. C’est que nous avons raté notre rendez vous annuel. 2008 aurait pu être exceptionnelle, nous avons failli nous rencontrer deux fois cette année !
Line est arrivée samedi en début d’après-midi, suffisamment tôt pour avoir le temps de se relaxer un moment après son trajet en voiture. Taz le Diable doit passer nous prendre en fin d’après-midi. Nous avions prévu de nous rendre à Saint-Etienne en voiture mais le projet a avorté et c’est donc en utilisant les navettes mises en place par l’organisation que nous devons nous rendre sur le lieu de départ.

Cette année nous retrouvons le hall de l’édition 2006 et ses gradins que nous nous empressons d’occuper. On a beau être ici pour se vautrer dans la boue tout une nuit, on en aime pas moins son petit confort. Nous allons chercher nos dossards. Tiens, j’ai un numéro à rallonge, le 6704. Pourtant je m’étais inscrit dès l’ouverture du site.

Les compères arrivent peu à peu, notre camp de base s’étoffe progressivement. C’est que nous commençons à former un bon groupe de coureurs. Nous nous rencontrons plus ou moins régulièrement pour partager notre passion et la toile nous permet de rester en contact et d’étendre nos relations. Il y a le noyau dur du GCO, les habitués du forum athlète endurance et quelques pièces rapportées mais tout autant appréciées. Et puis, c’est l’occasion de rencontrer physiquement pour la première fois des personnes que l’on côtoie depuis longtemps virtuellement.
On se prépare peu à peu, on déconne beaucoup, le temps s’écoule rapidement malgré les heures d’attente. Nous avons déposé nos sacs depuis un moment dans les navettes. Ils seront rapatriés à Lyon dans la nuit pour être à notre disposition à l’arrivée le lendemain matin.

Il est grand temps de sortir pour rejoindre la ligne de départ. Il ne fait pas très froid dehors, juste un peu frais et il ne pleut pas. Ce n’était pas gagné avec la météo de cette dernière semaine.
Nous sommes assez bien placés dans le peloton avec Taz le Diable, Oslo, Biscotte et Xavier. Nous avons perdu les autres membres du groupe mais ça ne me gêne pas trop, je compte suivre l’ami Oslo qui me semble le mieux indiqué, à ce moment, pour rejoindre 8h00 plus tard la ligne d’arrivée. Pas de fumigène au moment du départ cette année mais nous avons le droit à nouveau au morceau de U2 pour nous accompagner sur les premiers mètres du parcours.

Saint-Etienne – Saint Christo en Jarez

Je perds immédiatement Biscotte et Xavier qui ont un objectif autrement plus ambitieux que le mien. Taz est parti également avec eux. Reste Oslo que je tiens discrètement à l’œil. Je ne veux pas le lâcher d’une semelle le bougre. Non seulement il faut le surveiller mais il faut également le materner l’ami Oslo. Son sac s’est ouvert et le contenu menace de se faire la belle. La faute probablement au gobelet fournis par les organisateurs qu’il a attaché à la glissière de son sac.
Line nous a rejoint et nous progressons tranquillement à l’allure footing en direction de Sorbier. Line nous dit ne ne pas l’attendre, d’aller à notre rythme … Quelle bonne blague. Quand je pense qu’elle est arrivée près de 30 minutes avant moi. Vous voyez le genre ! « C’est une course un peu rapide pour moi. » « Je ne pense pas pouvoir faire mieux que 9h00 ». On croirait entendre Oslo. 😉
Je me rappelle avoir échangé quelques mots avec une connaissance à Line en arrivant sur le refuge de Bertone lors de la CCC : « Tu vas voir, Line est super endurante. ». Bon, ok, pour voir, j’ai vu.

La course est ainsi faite, on court avec quelqu’un pendant de longues minutes et subitement plus personne. Je suis bien incapable de me rappeler à quel moment nous avons perdu Line (dans les premières pentes de Sorbier peut-être ?) et tout aussi incapable de me rappeler quand nous avons récupéré à la place l’ami Taz. C’est donc avec ce trio nouvellement formé que je continue mon chemin jusqu’au point relais de Saint-Christo en Jarez.

Saint Christo en Jarez (15,3km): 1:42:24 Rang Gen. 1250/3237 Rang Cat. 496/1104

Saint Christo en Jarez – Sainte-Catherine

Après avoir passé le point de contrôle, il faut grimper quelques marches puis traverser les tentes du ravitaillement. On ne s’arrête pas. Nous avons suffisamment d’eau et nous courons en totale autonomie. Nous sommes interpelés pas Jean-Yves à la sortie du ravitaillement. Nous avons juste le temps d’échanger quelques mots, d’esquisser un sourire avant de nous éloigner inexorablement.
Je ne suis pas tout à fait dans le rythme des compères. A la faveur des dépassements de concurrents, je vois Oslo s’éloigner et prendre un peu le large puis un peu plus tard c’est au tour de Taz de me distancer. Je n’ai pas la volonté suffisante pour combler mon retard. Je me retrouve seul. Décidément, je ne pourrai jamais faire l’intégralité de cette course en groupe ! Je sens que je me relâche, je baisse la garde, mon allure chute. Je ne sais pas trop où j’en suis au niveau timing. Je n’ai pas vérifié mon temps de passage à Saint Christo.


Arthurbaldur, Oslo et Taz le Diable

Une nana avec des nattes (pas des couettes) me dépasse. Une nana avec des nattes, des nattes ?! Mais c’est Paaaaaat ! J’essaye de me rappeler son plan de course … Bon sang, elle n’est pas censé être déjà ici. Elle ne semble pas m’avoir reconnu/vu. Je relance la machine bien décidé à la suivre. Son allure me convient. Elle me fait penser au partenaire virtuel des Garmin. Un vrai métronome avec quand même une légère propension à accélérer dans les descentes. D’ailleurs on attaque celle de Sainte Catherine. Allez je passe devant, j’ai envie de forcer l’allure, de jouer avec le terrain, de me faire plaisir, j’oublie pendant un moment qu’il me reste de longues heures à courir. C’est tellement sympa de se laisser aller en descente, on se laisse entrainer par son propre poids sans pouvoir résister, on s’étonne tout seul de pouvoir analyser en une fraction de seconde les pièges de terrain, poser un pied ici, puis là, doubler un, deux, trois coureurs. On savoure intérieurement ce plaisir d’être en forme et d’entendre au passage un « Qu’est-ce qui lui prend celui là ? ». Et puis, on finit par taper un peu fort contre un caillou, les jambes se rappellent à vous et on retourne bien calmement dans le flot des coureurs.

Sainte-Catherine (28,1km): 3:10:00 Rang Gen. 1275/3237 Rang Cat. 504/1104

Sainte-Catherine – Soucieu en Jarrest

Nous arrivons au point relais de Sainte Catherine. Je vais prendre une bouteille sur les tables des ravitaillements. Il est temps de faire le plein de la poche à eau. Pat arrive à ce moment. « Dis donc, t’es pas un peu en avance sur tes prévisions Pat ? ». Je l’aide à se laver les mains. De toute évidence, elle s’est prise une bonne gamelle un peu plus tôt. Je me dirige ensuite vers un petit muret pour poser mon sac et remplir plus facilement ma poche à eau. J’ai tout juste débuté le remplissage que je découvre avec surprise une Pat en train de quitter d’un bon pas le ravitaillement. Mer…, elle a bouffé du lion ma parole ! Je m’empresse de terminer le transvasement, je verse une partie de la bouteille dans le sac, je peste … Un bon gros coup de speed. Bon ça y est, tout de même, je dépose la bouteille sur la table la plus proche et je quitte précipitamment les lieux en finissant d’attacher les sangles de mon sac. Pas de Pat, rien, nada. Je ne la reverrai plus avant l’arrivée.
Cette fois, j’ai pris le temps de regarder mon chrono en arrivant au point de contrôle. Je suis à la bourre de 8 minutes sur mes objectifs. En même temps, je suis resté très peu de temps au ravitaillement (grâce à Pat) alors que j’avais prévu initialement une pause de 8minutes en faisant mon plan de route avec Softrun. Ce n’est pas catastrophique pour le moment mais c’est rarement le truc qui s’arrange avec le temps.

Je continue mon petit bonhomme de chemin. Rien de bien extraordinaire si ce n’est la descente du Bois d’Arfeuille dans lequel je me fais plaisir en emboitant le pas à un relayeur. C’est vrai qu’elle n’a rien de bien technique cette descente si on a la compare à des parcours pur trail mais elle offre un passage ludique bien appréciable qui rompt le caractère plus monotone des portions bitumes.

Je cogite en trottinant. Ai-je fais des progrès cette année ? Je ne marche que dans les montées c’est pas mal. Enfin presque, il m’est arrivé de marcher une ou deux fois sur le plat mais je me suis efforcé d’éviter au maximum de le faire et d’en écourter la durée. J’ai cet impératif bien présent à l’esprit. Par contre, quel lenteur ! Chaque regard sur ma montre m’indique que je plafonne à une vitesse inférieure à 9km/h. J’ai la sensation bizarre de suivre ma course de l’extérieur, de ne pas avoir la pleine maitrise de mon corps. « Ben, mon vieux, c’est pas catastrophique, mais c’est pas brillant brillant tout cela … ». Pourtant, je n’ai pas à supporter de grosses douleurs, j’ai juste les jambes lourdes et je ressens une fatigue diffuse mais bien présente. Suffisamment présente en tout cas pour me contraindre à ralentir.

Je viens de passer le ravitaillement de St Genou. Parlons-en de mon genou. Il fait son travail de genou bien sagement malgré cette pente très raide sur bitume. Elle m’a marqué celle-là ! J’étais à l’agonie sur cette même pente lors de ma première participation.

Je trouve le temps un peu long pour arriver à Soucieux. Ce n’est pas que je ressente de la lassitude vis-à-vis du parcours mais il est déjà passé 5h00 et je suis normalement sensé être au dernier relais à cette heure-là, pas perdu dans la nature. Faut dire que je viens de perdre pas mal de temps. J’avais depuis un bon moment des petits cailloux dans la chaussure droite. J’essayais de gérer mais j’ai préféré m’arrêter plutôt que risquer d’avoir des ampoules comme à la CCC. Comment peut-on remplir ses chaussures avec des cailloux quand on a des guêtres ! Et forcément pas de chance, c’est forcément la chaussure sur laquelle j’ai attaché l’accéléromètre polar. Quant à faire j’en ai profité pour faire la même chose avec le pied droit. J’ai bien perdu 10 minutes à batailler pour remettre tout cela en place … Il faut imaginer mes chaussures dans une épaisse gangue de boue pour se rendre compte de l’opération.


Dossard 6704 …

Soucieu en Jarrest (44,7km): 5:22:59 Rang Gen. 1330/3237 Rang Cat. 519/1104

Soucieu en Jarrest – Lyon

Je refais rapidement le plein de la poche à eau histoire de ne pas souffrir de la pépie le reste du chemin. J’ai plus de 20 minutes de retard sur mon plan de route initial. Je visais 8h00, c’est râpé, mais il me reste une chance d’accrocher le bronze. Il nous reste quelques sites marquant à traverser avant d’atteindre le ravitaillement de Beaunant. Ce sont autant de souvenirs que j’ai hâte de voir arriver, passages obligés qui me rapprochent de l’arrivée. La passerelle du Garon tout d’abord auquel on accède en grimpant quelques marches glissantes. Le tout dans une ambiance marais bien glauque, hum, c’est sympa chez vous. Et puis après avoir traversé le centre de Chaponost et longée la place principale rendue déjà bien vivante par des forains matinaux, j’entre enfin dans le parc Boulard. Un parc tout en longueur qui m’avait marqué et auquel j’avais associé l’étiquette « interminable ». Finalement, il me semble arriver assez rapidement à son extrémité. On sort du parc par un raidillon bien gras. Tellement gras que ça bouchonne. Purée, ils sont un peu manche … C’est quand même pas la mort, il suffit de monter un peu en canard pour éviter la partie centrale glissante.

Je suis dans la dernière descente avant d’arriver à Beaunant. J’aperçois l’intersection en contrebas. Je ne suis pas fâché d’arriver au ravitaillement. Je ne marque pas mon territoire comme nos amis à quatre patte mais c’est mon chez moi ici, ma zone, mon domaine. Je marque une courte pause en appuie contre une barrière en cogitant sur la possible présence du bronze dans l’avenir d’Arthur quand je sens un poids sur mon épaule. Je tourne la tête surpris, il y a un mec en train de s’avachir littéralement sur moi. Je ne le reconnais pas tout de suite, son buff lui masque une partie du visage et une capuche recouvre le reste de sa tête en me dissimulant ses traits. Il y a une voix un peu éteinte qui sort de la bouche de l’individu. Cette voix … C’est celle de Taz ! « Purée, je ne m’attendais pas à te voir ici … Ben dit donc mon poulet, c’est pas la grand forme ! » J’étais un peu embêté pour toi je le jure mais je dois avouer que je n’étais pas fâché non plus de me griller sur le poêle un p’tit Tazounet pour la postérité. Je pourrai raconter cela à mes petits-enfants quand je serai vétéran 4 : en 2008, j’ai battu deux fois l’illustre Taz le Diable et c’était pas du gâteau. « Bon, j’ai une médaille sur le feu, j’y vais … ».

J’attaque la montée de Saint Foy, cette fameuse côte de Montray que je connais si bien. Je me fais un devoir de marcher le plus rapidement possible. Je pourrais presque trottiner mais bon, il ne faut pas abuser des bonnes choses. Je tire bien sur les bras pour m’aider en accentuant légèrement leur mouvement de balancier et dès que la pente fléchie, je recommence à trottiner. Je ne m’arrêterai plus jusqu’à l’arrivée. La fin du parcours est assez monotone et semble interminable mais c’est surtout parce que ma pensée à tendance à se projeter à l’arrivée et que je m’impatiente et désespère d’arriver. Je me traîne à descendre ces quais de Rhône mais ce n’est pas grave. Je suis un peu juste mais quand même dans les temps pour ce fichu bronze.

J’ai la surprise de voir Yan42 et son compère revenir à mes côtés. C’est chouette de voir des têtes connues. Leur allure est plus rapide que la mienne mais je me surprends à leur emboiter le pas facilement. Je ne vais quand même pas me laisser enfumer à 2 kilomètres de l’arrivée. Il n’y a pas de secret, c’est la tête qui commande au corps, pas l’inverse, faut juste qu’elle s’en rappelle. Yan me demande si vais me faire un petit sprint à l’arrivée comme au LUT. Eh oui, m’sieur et on va même commencer à augmenter un peu l’allure. Juste un peu, pour voir comment réagissent les guiboles. On passe les grilles du Parc de Gerland, on est en train de remonter l’allée principale, on a franchement augmenté l’allure, pas très loin de mon allure marathon je pense, c’est le dernier virage avant la ligne droite, j’accélère franchement, il faut en garder un peu sous le pied au cas où, pouvoir en remettre une couche si nécessaire, je ne vois pas Yan mais j’ai quatre coureurs en ligne de mire devant moi. C’est génial, ils ont même installé des panneaux pour le décompte des derniers mètres. 100m, 50m, je donne tout ce que j’ai dans les tripes, c’est juste mais je passe les mecs au dernier moment dans la courbe qui mène à l’entrée du Palais des Sports. Ils ne m’en voudront pas j’en suis sûr et je me suis bien fait plaisir.

Il est 8h12.
Je suis Finisher de la SaintéLyon
pour la troisième fois.

L’après :

Il y a foule sur l’aire d’arrivée. J’aperçois mon père sur la droite. Il est passé en coup de vent le temps d’une photo souvenir. Je savoure mon arrivée. C’est qu’on le désire vraiment fort cet instant pendant une bonne partie de la course et puis, après être arrivé, on est presque déçu que ça se termine si vite. J’enlève la puce électronique pour le chronométrage et récupère mon t-shirt de Finisher, de couleur bleu cette année. Je crois apercevoir Line dans la foule un instant. Hé, serait-elle déjà arrivée ? Je ne l’ai pas vu passer sur le parcours …
J’appelle madame qui est surprise de me savoir déjà arrivé puis Biscotte pour rejoindre mes compères. Ils sont installés confortablement dans les loges vip des gradins du palais des sports.
On se félicite mutuellement. Certains ont réussi des chronos bien meilleurs que ceux envisagés au départ, d’autres sont justes dans les clous ou même au-delà de ce qu’ils espéraient mais nous avons la satisfaction d’avoir terminé une course qui reste une épreuve difficile et peut même s’avérer terrible dès lors que l’on taquine ses limites. Et puis il y a les abandons mais quelle qu’en soit la raison, ils reviendront plus fort en 2009.

Commence une longue attente plus ou moins ensommeillée. Miaou a prévu un temps de course d’environ 12h00. Il nous faudra attendre en fait jusqu’à 14h54 … Il faut dire que Miaou a souhaité tirer profit au maximum de sa participation. Et encore, elle avait la possibilité d’arriver jusqu’à 15h30 ! J’avoue que j’avais hâte d’aller me coucher à la fin mais le GCO n’abandonne pas les siens. Il fallait bien qu’un de ses représentants soit présent pour l’accueillir lors de son arrivée. Et puis il y avait un bon Saint Nectaire dans son sac ! Même quelques bénévoles ont eu la chance de pouvoir déguster cet authentique trésor du terroir auvergnat.

Je ne félicite pas les organisateurs pour leur empressement à démonter les équipements du sas d’arrivée alors que l’ultime barrière horaire n’était pas dépassée. C’est un réel manque de respect pour des coureurs qui ont énormément de mérite et qui ont fourni un effort tout aussi important que les premiers arrivants. C’est bien le seul reproche que je puisse leur faire d’ailleurs. L’organisation de la SaintéLyon est parfaite à mes yeux.

Bon je te rassure Miaou, on ne s’est pas trop ennuyé en t’attendant. On a bien papoté, avalé le repas offert à l’arrivée et bénéficié d’une séance exquise de massage par l’équipe de kiné. On a bien pensé piquer un petit roupillon avec Line, sur ce qui semblait être des tables de soins mais YinYin nous a annoncé que tu étais au dernier ravitaillement … Nous avons alors pensé que tu venais de quitter le ravitaillement de la Place Carnot. En fait, tu en étais encore bien loin, au 57ième kilomètre précisément à la sortie du ravitaillement de Beaunant ! Pas la même !


La fête des lumières, le lendemain

On ne peut pas dire que l’on aura beaucoup dormi ce week-end. Après une courte sieste, nous (Line, mes trois filles, ma femme et moi) avons poursuivi notre journée au restaurant histoire de refaire le plein d’énergie. Le pire c’est que nous y sommes allés à pied ! 20 minutes de marche. De quoi se dégourdir les guiboles. Cela n’a pas eu l’air de déranger Line. J’avais prévu une petite visite de Lyon by night à l’occasion de la Fête des Lumières mais nous nous sommes contentés de la vue de Lyon depuis l’esplanade de Fourvière avant de rentrer pour un repos bien mérité !

Allez, je nous félicite tous, participants de cette 55ième édition de la SaintéLyon.
Vive nous. 😉

Récapitulatif :

8h12

1300 D+, 1700m D-, 67km

Saint Christo en Jarez (15,3km): 1:42:24 (1:47:34, 1:59:05)
Rang Gen. 1250/3237 Rang Cat. 496/1104

Sainte Catherine (28,1km): 3:10:00 (3:16:47, 3:35:51)
Rang Gen. 1275/3237 Rang Cat. 504/1104

Soucieu en Jarrest (44,7km): 5:22:59 (5:38:11, 6:22:42)
Rang Gen. 1330/3237 Rang Cat. 519/1104

Lyon (69km): 8:12:42 (8:36:08, 9:08)
Rang Gen. 1334/3237 Rang Cat. 523/1104


Le t-shirt Finisher …

Le site : La SaintéLyon

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