La Montagn'Hard

J’avais prévu de participer au trail du Mercantour en guise de préparation à l’UTMB mais je me suis laissé convaincre (facilement) par Biscotte d’opter plutôt pour cette balade. Participer à la première édition d’une telle course était vraiment alléchant. Rendez-vous compte ! Un truc monstrueux, qui vous procure d’agréables frissons le long de l’échine, de plaisirs anticipés. 115 km et 10 000 m de dénivelé positif sur les chemins d’entraînement d’Olivier Tribondeau, l’organisateur de la course. Il doit avoir de sacrés mollets cet homme-là !

Il est vrai que l’on peut se demander le pourquoi de cette surenchère dans les caractéristiques de ces courses au long cours. Toujours plus haut, toujours plus loin. Il y a probablement autant de réponses qu’il y a de coureurs. Pour ma part, j’essaie peut-être de ressentir à nouveau cette envie mêlée d’inquiétude que j’avais ressentie lors de ma première inscription à la Saintélyon.

En tout cas, ce défi me plaît bien alors advienne que voudra, je signe pour cet Ultra Tour du Mont Joly avec l’ami Biscotte.

 

La Montagnhard 2009. La veille.

Je suis passé prendre Biscotte sur son lieu de travail. Nous somme partis en début d’après-midi pour Saint-Nicolas de Véroce. Demain, ce sera le départ de la course, le premier objectif de cette année 2009.

J’ai la chance d’avoir trouvé un hébergement dans Saint-Nicolas malgré une recherche tardive. J’ai déniché une chambre à l’Hôtel Mont Joly à une centaine de mètres de la ligne de départ. Un grand lit double pour ma pomme, histoire de pouvoir étendre ma grande carcasse dans le plus grand confort et des lits jumeaux pour Biscotte qui aura judicieusement choisi le lit du bas pour éviter de gravir les quelques barreaux de l’échelle. On ne sait jamais, le dénivelé de trop avant la course ! La gérante de l’hôtel est bien sympa et les tarifs sont raisonnables surtout que j’aurai profité de la chambre un peu plus longtemps que prévu …

Autre avantage des lieux : la terrasse. Confortablement installés à l’abri du soleil sous des parasols avec une vue imprenable sur le Mont Blanc à déguster une pression bien fraîche. Un régal.

La Montagn’Hard

Nous y avons également pris le repas du soir après avoir retiré notre dossard et nous être soumis au contrôle du matériel obligatoire. Glups, j’avais laissé ma poche à eau dans la voiture et j’ai eu le droit à une vilaine croix rouge sur ma checklist. Bouhh, promis, je le referai pas. Pas de chance également, il aura fallu que l’on passe en même temps que l’abruti de service déjà en train de rouspéter sur le balisage avant même d’avoir commencé la course ! Purée, il y a des gens vraiment doués pour ce qui est de la connerie ! Bon, ça ne m’a pas empêché de dormir comme un loir. Biscotte n’a même pas ronflé. 😆

J’ai également eu le plaisir de rencontrer Karbone qui venait faire à la Montagn’Hard son footing de récup post Mercantour. Tu t’es pas crashé à Roswell Karbone ?

 

La Montagnhard 2009. Jour J, quand faut y aller ...

Dur le réveil, je serais bien resté au lit un peu plus longtemps. Biscotte aussi d’ailleurs. Je l’ai privé de 15 minutes de sommeil … C’est que j’aime bien prendre mon temps le matin. Petite douche rapide et on descend profiter du petit déjeuner. La gérante de l’hôtel ne s’est pas couchée faute de temps. Un petit déjeuner servi à 3h00 du matin, il faut reconnaitre qu’elle s’est dévouée pour sa clientèle, essentiellement des coureurs il est vrai.

Il est temps de se préparer. Avec l’expérience accumulée, la chose est rondement menée. Je n’ai pas oublié la Nok cette fois. Bon, je ne risquais pas après mes déboires sur la CCC l’année dernière !

La Montagnhard 2009. Le profil
Le profil.

Nous sommes 250 environs sur la ligne de départ à écouter les consignes d’Olivier. Il fait plutôt doux malgré l’heure matinale. La météo est clémente, on voit même avec bonheur quelques étoiles dans le ciel. Nous faisons une minute de silence à la mémoire des coureurs décédés lors du trail du Mercantour. Difficile d’imaginer que l’on puisse être au départ d’un trail et ne jamais en revenir et pourtant … Encore quelques recommandations et c’est le moment tant attendu du départ.

 

La Montagnhard 2009. St Nicolas - Les Toilles

Go. C’est parti et pour une fois plutôt tranquillement. Il faut dire que nous attaquons droit dans la pente après un échauffement d’une vingtaine de mètres ! Nous trottinons lentement avant de passer rapidement en mode marche. Un mode que nous pratiquerons beaucoup dans les heures à venir.

Tiens, mais c’est l’ami Tercan. Nous avons échangé quelques mots par blogs interposés quelques jours avant la course. Il est juste devant nous et papote avec son coéquipier du moment. Il est tellement occupé à partager une bavette copieuse avec son petit camarade que je m’en voudrais de l’interrompre. Je l’interpellerai pour le saluer un peu plus tard après le lever du jour. Nous aurons maintes fois l’occasion de le croiser. Tercan semble avoir de bien meilleures dispositions pour les montées que pour les descentes. Bon, ça ne l’a pas empêché de terminer brillamment cette balade tribondesque.

Il y a un point de contrôle surprise. Il fait encore nuit. Je présente ma puce au bénévole pour qu’il la badge. Bien pratique ce système. Ca se présente sous la forme d’un petit porte clé que j’ai fixé à la fermeture éclair de la poche latérale droite de mon sac.

La Montagn'Hard 2009
Montée au Prarion. Bon, c’est quand qu’on descend ?

Les bâtons ne sont pas autorisés sur cette première partie du parcours. En fait, je ne pense pas qu’il aurait été bien dangereux de s’en servir hormis peut-être dans le tout premier kilomètre mais bon le règlement c’est le règlement. C’est la première fois que je fixe les bâtons sur mon sac. Forcément, ce n’est pas une réussite, comme toute tentative effectuée sans essai préalable ! Les bâtons glissent dans les attaches élastiques du sac dès lors que le terrain nous permet de courir. Je suis obligé régulièrement de remonter mes bâtons et même de les maintenir. Il va sans dire que je me suis empressé de demander à Biscotte de les détacher. Je préfère nettement les porter à bout de bras pliés et pointes vers l’avant. Ils ne me gênent alors pas du tout et ils sont certainement moins dangereux dans cette configuration que lorsqu’ils se balancent en hauteur sur mon sac.

Bon, voilà qui est mieux, je vais pouvoir un peu allonger la foulée dans cette première descente qui nous mène vers Bionnay sans être gêné par mes anicles 700 raid team machin chose … Certains vont peut-être se demander ce que sont des « anicles » ? Il faut avoir trainer ses guêtres dans le Haut-Doubs pour utiliser ce terme issu du patois local. Il désigne un objet inutile, qui pose un problème ou que l’on n’apprécie guère. Bref, c’était le cas de mes bâtons lorsqu’ils étaient sur mon dos. Fin de la petit leçon de patois doubiste.

Nous avons passé Bionnay et attaquons une grimpette genre bon gros raidillon des familles. Les anicles ont été dépliés. Ils se sont transformés en auxiliaires précieux prêts à seconder efficacement mes guiboles et à soulager mon dos sollicité par le port du sac.

La Montagn'Hard 2009
Un sacré coup de cul pour arriver au sommet du Prarion. Ils ont même mis des câbles pour les frileux comme moi.

J’ai la grande forme, je me sens à l’aise dans cette montée. Je progresse avec un bon rythme, peut-être un peu trop d’ailleurs car j’ai creusé un petit écart avec l’ami Biscotte probablement plus prudent. Il me rattrape à l’occasion d’une pause que je fais pour ranger ma frontale et nous continuons ensemble jusqu’à la descente qui va nous mener au premier ravitaillement.

J’ai accéléré un peu sur la fin de la descente histoire de passer en premier au contrôle. Je suis toujours aussi joueur, on ne me changera pas … D’ailleurs, j’attends l’ami Biscotte à une centaine de mètres du ravitaillement les jambes fléchies, le corps penché légèrement en avant : « on se le fait au sprint ? » Mais non, Biscotte est un mentor raisonnable et son rythme est imperturbable. Je dois donner l’impression du chien fou à côté. Bon je laisse tomber le sprint mais je passe néanmoins en premier au contrôle avant de me diriger vers les tables.

Je m’en donne à cœur joie, picorant à droite et à gauche pendant que Biscotte se tartine les pieds de Nok. Il se plaint d’avoir quelques échauffements. Qu’à ne cela ne tienne, il n’y a pas le feu au lac juste à ses plantes de pieds.

 

La Montagnhard 2009. Les Toilles - Bionnassay

853 m de grimpette au programme, un passage au col de la Forclaz avant de filer vers le sommet du Prarion. Enfin, filer, c’est vite dit.

Ah ! cette montée au Prarion … J’avais encore la forme ma bonne dame. 🙄

Nous sommes quatre à grimper d’un bon pas. Biscotte bien sûr, Gilbert serre-file au Grand Raid 73 et … euh un illustre inconnu en ce qui me concerne. Votre humble serviteur a pris la direction des opérations pendant la majeure partie de l’ascension imprimant un bon rythme à notre petit groupe. A vrai dire, j’essayais surtout d’être assez rapide pour ne pas me faire marcher dessus par Gilbert …

La Montagn'Hard 2009
Franchement, c’est qui le plus frais des deux ? Regardez bien Biscotte, il est tout rouge, il a chaud, il grimace, il souffre, un rictus traverse son visage … et Arthur, frais comme une rose, grand sourire. Bon, je t’avais dit de mettre ta casquette !

J’ai même accéléré pour quitter au plus vite les quelques passages délicats dans lesquels des câbles ont été installés pour sécuriser la progression des personnes qui empruntent le sentier. Certains ne les auront probablement même pas remarqués mais moi, j’ai la pétoche dès lors qu’il y a un peu de vide. Je fais avec et je trouve finalement cela assez ludique ou tout du moins divertissant.

Je regarde régulièrement derrière moi pour constater notre progression en altitude par rapport au sommet de Tête Noir. Nous sommes sensés avoir une belle vue sur les Aiguilles de Chamonix. En fait, nous avons une vue magnifique sur tout un tas de pics, sommets et autres aiguilles. J’avoue ma totale ignorance quand aux noms de toutes ces charmantes montagnes mais ça ne m’empêche pas de les apprécier à leur juste mesure. C’est magnifique. Ca l’est d’autant plus qu’il fait encore très beau à ce moment de la course.

La Montagn'Hard 2009

Nous arrivons au sommet du Prarion. Et hop nous nous empressons de nous prendre en photo pour immortaliser ce premier sommet. Et de un ! A la Montagn’Hard, tout ce qui monte bien haut finit par descendre … Comme c’est curieux, ailleurs aussi ? Et bien descendons alors, en direction de Bionnassay que nous atteindrons après avoir franchi à nouveau les rails du Tramway du Mont Blanc.

Nous arrivons au ravitaillement. Je fais moins le mariole après 9h20 de balade. Je m’abstiens donc de proposer un sprint à Biscotte et lui propose de passer en premier au point de contrôle. Ben alors Arthur, t’es malade ?

 

La Montagnhard 2009. Bionnassay - Chalets de Miage

Nous quittons Bionnassay mais Biscotte s’aperçoit rapidement qu’il a oublié ses bâtons. Je l’attends sur place n’ayant pas spécialement envie de redescendre jusqu’au ravitaillement. Ca me donne l’occasion de le filmer et de le charrier un peu lorsqu’il revient : « Alors, tu traînes ma Biscotte. Heureusement que je t’attends ! »

La Montagn'Hard 2009
Je laisse passer Biscotte histoire qu’il teste la solidité de l’ouvrage.

Dans cette orgie de sentiers, de monotraces, de pistes et autres réjouissances tout aussi magnifiques les unes que les autres, quelques passages remarquables ponctuent régulièrement notre progression. Le passage de la passerelle suspendue au-dessus du torrent de Bionassay dévalant son lit depuis le glacier en est un. C’est beau, cela mérite bien un petit effort.

Nous arrivons au sommet du col de Tricot. Notre premier passage à plus de 2000 m (2120 m exactement). La grimpette a bien sollicité nos organismes. Le mien c’est sûr en tout cas. Il a fallu que je m’abrite derrière Biscotte et que je calque mes pas sur sa foulée pendant la montée. C’est un signe, le vent tourne. Nous nous arrêtons un moment sur l’arrête pour récupérer quelques forces avant la descente. On aperçoit au loin, tout en bas, le ravitaillement des chalets de Miage. Entre nous deux, une descente de folie. On peut suivre le tracé sinueux du sentier caillouteux tout au long de la descente et observer la progression des coureurs qui descendent celui-ci plus ou moins rapidement.

La Montagn'Hard 2009
La grimpette au Col de Tricot. La Biscotte commence à prendre la direction des opérations dans les montées.

Ce sera ma descente … A mon tour d’arriver en tête au point de contrôle. Je me laisse aller dans la pente, je joue avec le terrain, les cailloux, les marches, essayant de rester souple, de ne pas trop solliciter mes cuisses. Je sais que je vais trop vite, je vais y laisser des plumes mais je me prends au jeu de cette descente « plaisir ». Je me retourne de temps en temps. Biscotte est un peu plus haut. La pente s’adoucit, je ne ralentis pas bien au contraire profitant d’un terrain un peu plus souple pour laisser dérouler et détendre mes muscles. J’arriverai au ravitaillement des Chalets de Miage avec une minute d’avance sur Biscotte. Belle descente l’ami Arthur mais tu as dû y laisser quelques plumes parce que le reste du parcours a été plus difficile.

J’arrive au ravitaillement. Quelques tables sont disposées à l’extérieur devant un chalet. Il fait bon, je me suis régalé dans cette descente du col. J’ai la pêche. Que du bonheur et un peu de fatigue quand même !

 

La Montagnhard 2009. Chalets de Miage - Les Contamines

Nous croisons quelques randonneurs ainsi que des promeneurs qui nous encouragent et s’écartent à notre passage. Il y a des petits épisodes marrant. Un homme nous donne du « vous êtes des champions ! » alors que nous grimpons en direction du refuge du Truc. Quelques moments plus tard sa femme nous encourage avec les mêmes mots … L’occasion de plaisanter et de lui demander lequel des deux a brifé l’autre ?

La météo s’est quelque peu dégradée. Les premières gouttes de pluie se manifestent sur la portion plate qui précède notre passage à proximité des Chalets du Truc. Il y a un point d’eau. Biscotte en profite pour changer l’eau de sa poche à eau. Il ne s’est pas méfié au ravitaillement et à fait le plein, par erreur, avec une boisson énergétique qu’il n’a pas l’air de beaucoup apprécier. C’est une bonne pluie fine qui nous accompagne maintenant. Heureusement, elle ne dure pas.

La Montagn'Hard 2009
Depuis le sommet du Col de Tricot. Les Chalets de Miage en bas. J’ai fais fumer les shoes dans cette descente. Le truc le plus déraisonnable qui puisse être fait à ce moment de la course. Un régal.

Nous attaquons à nouveau une descente en direction des Contamines. Elles me plaisent bien les descentes pour le moment et celle-ci particulièrement. La côte du Plane. C’est une descente en sous-bois avec une pente suffisamment modérée pour me permettre de bien laisser dérouler les jambes. Je lâche à nouveau les chevaux, je me laisse aller et je vous assure que cela fait du bien d’allonger la foulée. Je suis en train de m’étirer, voilà l’impression que cela me donne. J’ai de nouveau lâché l’ami Biscotte. J’arrive sur la petite route de la Frasse, une des rares portions sur bitume. Je ralentis pour récupérer. Ca tourne à gauche et ça grimpe …

Le groupe de coureurs que j’ai doublé un peu plus tôt me rattrape dans la montée. Une des rares portions sur bitume. Biscotte est dans le groupe. Nous nous dirigeons vers la combe d’Armancette, un truc encore bien sympathique d’après un des coureurs du groupe.
Effectivement, c’est beau. On grimpe, on grimpe et on se demande bien où tout cela va nous mener, d’autant que nous venons de quitter les Contamines et que le prochain ravitaillement est justement dans les Contamines ! Elle va nous occuper un bon moment cette petite boucle !

La Montagn'Hard 2009
Les Chalets de Miage. Le Col de Tricot en face.

Nous avons rejoint maintenant la route principale des Contamines. Nous nous efforçons de trottiner. Biscotte ne veut pas passer en mode marche. Il a peur qu’on ait du mal à relancer la machine après. Je ne peux pas lui donner tort. Le temps a viré à l’orage. Ca tabasse pas mal sur les sommets.

Nous arrivons au ravitaillement juste au moment où il commence à pleuvoir. Gentiment au début puis ça se transforme rapidement en une averse d’enfer. On se sert le long des tentes du ravitaillement en évitant, avec plus ou moins de bonheur, l’eau qui ruisselle subitement du toit à divers endroits. Après avoir fait le plein de nourriture nous allons nous occuper de nos petits petons. Il faut les bichonner si on veut qu’ils tiennent le choc. Nous sommes à l’abri sur une petite estrade protégée des intempéries. Il y a de la musique, plutôt « dance », pour nous mettre la pêche. On déconne un peu avec Biscotte. Mais bon, ce n’est pas le tout, on n’est pas d’ici ma bonne dame, faut qu’on y aille. C’est reparti, sous la pluie, mais on s’en fout, on a nos coupe-vents, même pas peur !

 

La Montagnhard 2009. Les Contamines - L'Etape

Un gros morceau nous attend. Il va falloir se taper 1400m de grimpette pour rejoindre le sommet du Mont Joly. Une montée chronométrée de surcroît. A vrai dire j’ai bien peur que ça ne change pas grand chose pour moi. Elle m’aura fait souffrir cette grimpette. J’ai du mal à suivre le rythme imposé par Biscotte. Je traîne la patte derrière lui à une cinquantaine de mètres. Un écart qui a tendance à augmenter progressivement dans le temps. Ben alors, qu’est-ce que tu as fait de tes jambes Arthur ?
Une vraie gazelle cette Biscotte mais une gazelle intentionnée, il ne manquait pas de me faire un petit « coucou » de loin au détour d’un lacet.

J’arrive enfin sur la crête à proximité d’un chalet où est installé un poste de secours. Il y a quelques personnes qui se reposent dans l’herbe. Il y a un point d’eau. Biscotte a rempli sa tasse et je lui emprunte avant qu’il n’ait pu commencer à boire. « Hé, elle est où la tienne ? » « Ben, dans mon sac ! ». J’aurais été tenté de prendre mon temps, je fatigue mais monsieur est pressé. Argh, je quitte les lieux alors que la propriétaire sort du chalet une longue planche sur laquelle sont disposés tout un lot de fromages maison qui me semblent tous plus appétissants les uns que les autres. Je laisse derrière moi avec regret cette manne inespérée pour suivre mon compagnon.

J’imaginais qu’il ne restait pas grand chose pour atteindre le sommet. J’étais loin du compte. Il faut déjà arriver au sommet du Mont Géroux, une petite croupe du Mont Joly avant d’arriver au sommet à proprement parlé. Un sacré mur se dresse devant nous. Un méandre de chemins serpente entre les rochers en direction du point culminant. Ce n’est pas évident de trouver la meilleure trace dans ce dédale. Il faut régulièrement stopper notre lente progression pour chercher au-dessus de nos têtes la rue balise qui va nous indiquer la direction idéale à suivre.
Un allemand fait régulièrement le yoyo avec nous. Il nous double rapidement après que l’on se soit écarté pour le laisser passer puis il s’arrête un peu plus loin en rouspétant sur la lenteur de ses compagnons de route à la traîne loin derrière lui.

La Montagn'Hard 2009
C’est bien beau cette crête, mais on est loin d’être au sommet du Mont Joly.

Biscotte a repris à nouveau un peu de marge. Je poursuis mon chemin lentement, concentré sur le choix du meilleur chemin à prendre, celui qui me fera lever le moins haut possible les jambes. Purée, il y a de sacrées marches ! La fatigue m’oblige à avancer à l’économie.

Quelques mètres encore et j’arrive au sommet. Un bénévole note mon heure d’arrivée. S’en est fini du challenge du meilleur grimpeur. On passe le sommet dans les 100 premiers. Pas mal.

Ils sont plusieurs bénévoles à patienter au sommet stoïquement. Ils en ont du courage et de l’abnégation pour attendre immobile le passage des concurrents sur cette pointe rocheuse balayée par le vent. Ils ont essuyé une belle averse de grêle un peu plus tôt. Suffisamment pour blanchir temporairement le terrain. Il ne devait pas faire bon être dans les parages.

Je sors quelques gels du sac pour les placer à portée de main dans la poche latérale de mon sac. Je me suis assis un moment sur la table d’orientation pour soulager mes jambes mais il vaut mieux ne pas trop traîner par ici malgré l’accueil chaleureux. D’ailleurs une des personnes des secours en montagne nous encourage à repartir. « Allez messieurs, vous allez vous refroidir. » Effectivement, mon t-shirt est trempé de sueur après cette longue montée et je sens le froid en profiter pour investir tranquillement la place. Il est grand temps de quitter les lieux. « Regardez, le prochain ravitaillement est dans ce bâtiment blanc tout en bas. »

On longe la crête un moment avant de descendre sur la gauche dans un sentier en travers des alpages. La descente aurait pu être très agréable, l’occasion de détendre les muscles des jambes dans une portion roulante mais la pluie a rendu le terrain très glissant. Le sentier s’est transformé en une bande de glaise détrempée qui serpente dans la pente.

La Montagn'Hard 2009
La, c’est un sacré bordel, un vrai dédale de chemin et t’as le droit au stepper pour basketteur chaque fois que tu choisis pas le bon !

Difficile d’allonger la foulée dans ces conditions. Le moindre faux pas, une hésitation dans la pose du pied, une mauvaise analyse du terrain et c’est la chute.
Oups. Ma jambe gauche me fait subitement faux bon. La cheville lâche, le pied se vrille vers l’intérieur, une pique de douleur me fait lâcher un juron. « P…, fait chier ! » Biscotte a entendu ma plainte et m’invite à prendre quelques granules d’Arnica. Un vrai père pour moi. 5 granules, l’effet est immédiat, c’est comme pour les enfants. Le temps de compter les granules et la douleur a disparu. C’est magique. J’aurais bien préféré quelques dragibus donné par Mamanpat mais bon c’est le résultat qui compte.

C’est reparti, tantôt dans cette sente boueuse, tantôt dans l’herbe qui la longe, aucune de ces deux solutions ne valant mieux que l’autre. Je laisse filer mon sauveur devant et choisis d’opter pour une allure un peu plus lente certes mais certainement plus sécurisante. Ca ne m’empêchera pas de me vautrer en beauté quelques minutes plus tard, sans douleur cette fois si ce n’est du côté de l’amour propre qui n’apprécie guère ce contact fortuit avec le sol boueux. A priori, ni vu, ni connu cette fois. Je me relève rapidement, j’ai ma fierté, et je poursuis ma descente l’air de rien.

Finalement, je ne suis pas si lent que ça, j’ai même dépassé deux coureurs ! On peut dire qu’ils ont le fond de culotte crotté ! Surtout le deuxième d’ailleurs. Cuisses, sacs à dos, c’est tout un côté du bonhomme qui s’est laissé aller à la joie de cette thalasso en pleine nature. Pour ma dernière chute, mon corps a eu la bonne idée d’opter pour un tapis d’herbe certes mouillé mais dénué de boue. Pas de trace, pas de chute, c’est donc en « maître des pentes » que je les double, le pas leste et la tête haute en priant les quelques saints du coin de bien vouloir me maintenir à la verticale pour le restant de cette descente.

Je reviens peu à peu sur Biscotte, j’ai forci un peu l’allure. Cela tombe bien, la pente s’est adoucie et le sentier est un peu moins glissant. Nous arrivons au point de contrôle qui marque la fin de la descente chronométrée du Mont Joly. Voyou comme je suis, je profite des derniers mètres pour passer mon compagnon et arriver au contrôle avant lui. Je suis incorrigible !

Holà, ce qui nous semblait être une longue descente en ligne droite vers le ravitaillement s’avère bien différent maintenant. Il va falloir faire un petit détour pour arriver au ravitaillement ! Descendre encore, traverser un torrent au niveau d’un barrage avant d’emprunter un sentier tout ce qu’il y a de pentu. On l’aura bien mérité ce ravitaillement de l’Etape !

 

La Montagnhard 2009. L'Etape - La Balme

Nous avons pris notre temps à ce ravitaillement. La nourriture et l’eau sont disposées dehors mais une salle attenante permet de s’abriter. Il ne fait pas très chaud. Je me suis assis sur une chaise à l’intérieure, prostré. Je suis vidé. J’attends que ça passe. Biscotte est allé me chercher un bol de pâtes. La chaleur me redonne un regain d’énergie. J’en profite pour me changer. Les enfants d’un bénévole se font un devoir d’apporter leur sac de change à chaque coureur. C’est à ce ravitaillement que nous avons récupéré les sacs coureurs déposés au départ ce matin.

Je change de chaussettes après avoir crémé avec générosité mes pieds. Les autres sont trempées. Mes guêtres et mes chaussures sont à l’image de ce qu’elles étaient lors de la dernière SaintéLyon. Le tout est enrobé d’une épaisse couche de boue. On distingue difficilement la limite entre le tissu des guêtres et celui des chaussures. J’en profite également pour passer en mode nuit. J’échange avec bonheur mon t-shirt mouillé contre la douceur d’une fine polaire. J’enfile mes gants de soie. J’aurais dû le faire plus tôt pour soulager le frottement des bâtons sur les ampoules que j’ai au niveau de chaque pouce. Je mets la frontale sur la tête. Le lit de camp sur lequel je suis assis me tend les bras mais Biscotte veille au grain : « t’es prêt ? » dit-il en me tirant de ma rêverie. « Presque, il faut que je fasse le plein de la poche à eau … ». Je suis un vrai Tazounet aujourd’hui. C’est pas moi qui l’ai dit … c’est Biscotte !

C’est dur de se remettre en route. J’ai les muscles des cuisses plutôt durs. Je dois être bien entamé car je vais me gaufrer deux fois de suite dans une descente en sous-bois. Je me suis fais peur à tomber comme une merde la seconde fois. J’ai même dû inquiéter un peu l’ami Biscotte. J’ai eu de la chance en chutant sur un matelas épais d’aiguilles de pin. C’est quand même pas bon signe ce manque de vigilance !

Bon, ces conneries, ça donne chaud … La douce chaleur de la Polaire s’est transformée en mini-sauna portatif. Je supporte stoïquement ce désagrément supplémentaire jusqu’à la route de Notre-Dame de la Gorge où je me résigne à renfiler mon t-shirt trempé sous les gentils quolibets de mon mentor traileur. Pffft … Monsieur est pressé d’atteindre le bifurcation entre le 115km et le 95km à la Chenelattaz.

La Montagn'Hard 2009
Félicitations à ces deux grands trailers que sont Biscotte et Karbone. Oh, purée ! Ce passage de pommade. Ca glisse tout seul. Mieux que la Nok entre les orteils. En plus ils sont plus petits que moi !

C’est chose faite avec une bonne heure d’avance sur la limite imposée par la barrière horaire. C’est sans la moindre hésitation que nous nous engageons sur le grand parcours.

La nuit est tombée. Nous sommes accompagnés par un incorrigible bavard. Ce coureur est probablement quelqu’un de sympathique, je ne lui jette pas la pierre, mais dans les conditions actuelles son babillage incessant n’est pas des plus agréables, voire même des plus casses couilles. En plus, il faut éclairer le chemin de monsieur car il a la flemme de sortir sa frontale de son sac. Quand il a dit l’air de rien : « tiens il faudrait que je trouve un groupe pour courir cette nuit » j’avoue que je me suis bien gardé de l’ouvrir … il y a eu comme un blanc. Question de survie, on ne va pas corser la difficulté de la course pour le plaisir ! Bon je plaisante, ce n’est pas méchant !

Je ralentis et laisse filer Biscotte et le babilleur. Ce n’est pas la grande forme. J’ai les muscles des cuisses douloureux et je me sens vidé, sans force. Je trouve le moyen de prendre ma cinquième gamelle sur une des rares portions parfaitement plate au-dessus du ravitaillement de la Balme. Je suppose que la fatigue y est pour beaucoup. Mon pied droit glisse sur un caillou mais j’arrive à me rattraper pour éviter la chute dans un espèce de grand écart grotesque. La douleur est immédiate et court sur l’extérieur de la jambe, du genou jusqu’à la hanche. Purée, connerie, ça fait mal.

J’attends que la douleur s’estompe, je marche un peu mais non, j’ai toujours mal. Et puis j’ai froid. Je commence à grelotter. Je prends le temps de me changer. J’enlève mon t-shirt mouillé et j’enfile à nouveau ma polaire. J’ai tellement froid que je rajoute également mon coupe-vent. Il faut repartir. Les muscles des jambes se sont refroidis. Je me traîne, ce n’est même plus de l’ordre de la marche à ce niveau ! Il y a un guignol qui joue à faire clignoter sa frontale un peu plus loin sur le chemin. Qu’est-ce qu’il veut ce guss ? Qu’on se fasse un p’tit tchat en morse ? Oh, ben alors mais c’est ma Biscotte ! Je le croyais loin, d’autant qu’un coureur m’ayant doublé il y a quelques temps pouvait aisément être confondu avec moi dans la nuit. Je lui fais rapidement un petit blabla sur la situation … Allez file ma Biscotte, je le sens pas bien, perds pas ton temps.

[youtube iBM511d-mic La Montagn’Hard]

J’ai trouvé le temps long pour rejoindre le ravitaillement ! Elle était interminable cette descente pourtant elle ne faisait guère que 230 m de dénivelé négatif. J’ai mis quand même 30 minutes de plus que l’ami Biscotte. Pas étonnant, quand on rampe ! J’arrive enfin au ravitaillement. Le toubib s’approche de moi : « c’est vous, qui avez chuté ? » « Ouais, c’est moi et je rends mes bâtons, mes groles et mon dossard parce que là j’en ai vraiment ma claque de jouer au gastéropode. » On me dorlote, on me prend en charge. Ca n’a pas l’air trop méchant côté genoux. Probablement un étirement un peu brusque sur un organisme fatigué. Je savoure avec délice la soupe chaude que m’a apportée une bénévole. Le doute m’envahit. Est-ce que je n’ai pas plié bagage un peu vite ? J’essaie de me raisonner. J’arrivais tout juste à marcher dans la descente. Allez pas de regret. Ca ne sert à rien. J’en aurai quand même bien profité. 68.9 km, 6579 m de Dénivelé positif pour 19h23 de course. Une bonne balade.

Après une longue attente au ravitaillement, c’est fou ce que le temps passe lentement quand on se caille sur une chaise, j’ai été rapatrié en 4×4 jusqu’à la route de Notre-Dame de la Gorge puis à Saint Nicolas de Veroce avec la navette coureur. Je suis arrivé juste à temps pour voir débouler tranquillement le deuxième de la course ! Un autre monde. J’ai rendu ma puce et j’ai félicité Olivier pour cette magnifique course. Vous me croirez si je vous dis que je ne me suis pas éternisé, il était 1h11, j’avais hâte de succomber à l’attrait de la literie de l’Hôtel Mont Joly.

 

La Montagnhard 2009. Farniente dominicale

Il faut bien se consoler comme on peut et trouver quelques compensations lorsque l’on a échoué. Je commence mon deuil de la course par une courte mais bonne nuit réparatrice. Je suis réveillé au matin par le bruit des bâtons qui cognent sur l’asphalte. Difficile de rester au lit dans ces conditions, je veux aller voir les arrivants. Dur le lever ! Bonjour les courbatures !
Je prends le temps d’un bon petit déjeuner sur le terrasse de l’Hôtel. Le paradis s’est invité sur terre. Le soleil réchauffe mes muscles meurtris. Je me régale de la vue du Mont Blanc face à moi.

Commence une longue attente ponctuée par les arrivées échelonnées des coureurs. J’ai passé un coup de fil à Biscotte. Il va bien. Le mieux qu’on puisse aller après tant d’heures de course. Il pense arriver à l’altiport dans un quart d’heure. J’ai le temps, j’en profite pour déguster une Leffe à la terrasse de l’hôtel. D’autres coureurs sont présents. Au moins un d’entre eux a également abandonné. Ils sont là à refaire la course, se remémorant pour l’un cette montée particulièrement éprouvante, pour l’autre cette descente dans laquelle il s’est fait plaisir. Tous soulignent la beauté de cette course et sa difficulté. Ils disent retrouver l’esprit qui habitait l’UTMB lors des toutes premières éditions. Je ne risque pas de l’ouvrir, je n’étais pas là pour faire les comparaisons.

Les arrivées se succèdent. Il fait plutôt chaud maintenant. Le soleil cogne. Je suis en train de cramer en attendant la Biscotte. J’alterne, côté face, côté pile, cuit à point ! Biscotte me rappelle. Il s’est gaufré sur le temps restant à parcourir ! Il est avec Karbone qu’il a rejoint le long du chemin. Il est midi, j’ai largement le temps d’aller manger.
Au menu : crudités, tartiflette et salade de fruits. De quoi reprendre des forces. C’est que ça demande de la vigilance d’attendre ses petits camarades à l’arrivée. Je m’en voudrais de les louper. Encore un long moment à patienter et voilà mes totos qui déboulent main dans la main. Il est 13h28. Rideau.

Bravo, toutes mes félicitations à vous deux ainsi qu’à tous les autres finishers. Des félicitations avec une grosse majuscule.

Merci à vous tous pour vos messages et vos coups de fil. C’était agréable ces petites pensées amicales de votre part pendant notre périple. Promis, j’essaierai de mériter davantage vos encouragements fin août …

 

La Montagnhard 2009. Analyse post course.

A défaut d’avoir réussi à terminer cette course, le bilan n’est quand même pas totalement négatif.

Deux points sont même particulièrement satisfaisants :

1) Mes petits petons ont été parfaitement préparés. Je n’ai pas eu le moindre petit bobo. Pas d’ampoule, pas de talure ni même d’échauffement. L’association Tano et Nok a fait des merveilles. Pendant la course j’ai profité de chaque ravitaillement à partir des chalets de Miage pour me tartiner avec de la crème anti-échauffement. Il n’y a pas à dire, c’est d’une redoutable efficacité.

2) Deuxième point satisfaisant : l’alimentation. Je me suis moins alimenté que pour la CCC et je m’aperçois que mon système digestif a mieux apprécié. J’avais de l’appétit aux ravitaillements et je n’ai pas du tout ressenti de saturation au sucré. J’avais peut-être tendance à trop forcer sur les gels auparavant ? Ce n’est pas évident. La différence de sensations est peut-être due à une température moins élevée à la Montagn’Hard.

Pas de gros points négatifs, j’ai noté quand même deux choses :

1) Il faut soigner la préparation du sac coureur que l’on récupère à l’Etape. Je n’y avais pas spécialement réfléchi dans la mesure où ce service n’était pas offert initialement. Je n’avais pas prévu de t-shirt de rechange notamment et pourtant dieu sait que j’aurais apprécié d’en enfiler un sec ! Je me demande également si ne vais pas opter pour un t-shirt manches longues en remplacement de l’association t-shirt manches courtes / manchettes.

2) Malgré mes mitaines de cycliste, je me suis choppé deux belles ampoules à chaque pouce au niveau de l’avant dernière phalange. Ce n’était pas réellement une surprise ayant déjà connu semblable mésaventure. J’avais mis du sparadrap autour du pouce pour me protéger mais cette protection n’a pas tenu la distance …

Les causes probables de mon abandon mais c’est loin d’être facile à analyser et je ne suis pas sûr d’être dans le vrai malgré ces quelques semaines de recul :

1) Un début de course trop rapide. C’est bien beau de creuser l’écart plusieurs fois avec Biscotte mais ce n’est certainement pas ce qu’il y a de plus économique au point de vue énergétique.

2) Je me suis trop lâché dans les premières descentes, notamment dans la descente du col de Tricot. Bon, en même temps, si on ne peut pas se faire plaisir !

3) J’ai laissé beaucoup de forces dans la montée au Mont Joly en essayant de m’accrocher à Biscotte. Beaucoup de forces physiques et beaucoup de forces mentales … Les deux premières chutes ont suivi dans la descente boueuse du Joly.

4) Je suis tombé encore deux fois comme une merde dans les sous-bois après l’Etape. Des chutes sans conséquence mais qui ne laissaient pas de doute sur mon manque de physique à ce moment-là.

5) J’ai pris ma dernière gamelle sur le plat au-dessus du ravitaillement de la Balme. J’ai glissé et me suis mal rattrapé sur la jambe. Grosse douleur, marche, refroidissement ont eu raison d’un mental déjà bien affaibli. Cette dernière chute est arrivée à un moment où la tête n’était pas au mieux.

Bon allez, on tourne la page, aucune raison de ressasser cette décision d’abandonner, d’abord parce ce que ce n’est pas le genre de la maison mais également parce que j’ai lu l’excellent dossier d’Ultrafondus : « Stop ou encore ? L’abandon un mal pour un bien. » et en particulier cette phrase :

« Abandonner, c’est faire un choix. C’est faire le bon choix. »

 

Récapitulatif :

Abandon à la Balme (fatigue/chute/mental)
Temps : 19h23’43 »
Distance : 68,9 km
D+ 6 579 m

La Montagn'Hard 2009. Le cadeau.
Le coupe vent en cadeau.

Quelques photos :

La Montagn’Hard
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