Le Cross des Papillotes
Le départ des benjamines.

C’était jour de cross aujourd’hui. Pas n’importe quel cross, mon premier cross. Et oui ça y est, me voilà fraichement promu crosseur ! J’ai découvert cette discipline de l’athlétisme en même temps que ma fille ainée lors de sa première participation au cross de la Bachasse en 2007. Pour ma part, c’était alors en tant que simple spectateur mais j’avais eu de sacrées fourmis dans les jambes en les voyant tous gambader le long du tracé.

Aujourd’hui, c’est enfin mon tour. Je ne compte pas faire des miracles. Depuis que j’en ai terminé avec les 138 km de la LyonSaintéLyon le 5 décembre dernier, je n’ai chaussé mes runnings qu’une seule fois histoire de me rassurer sur mon niveau de récupération. Une petite séance de 45 minutes à allure libre qui m’a vite rappelé que je n’avais pas fait une vraie séance de fractionnés depuis le 11 novembre ! Et je ne vous parle même pas des séances à 90% de VMA que je n’ai plus inscrites à mon carnet d’entrainement depuis la saint-glinglin ! Courir pendant des dizaines d’heures (pour ne pas dire marcher), tenir mon allure marathon avec facilité et m’amuser avec le dénivelé, autant de choses qui sont à ma portée mais aller au delà … Mon dernier 10 km date de mars 2008 à l’occasion des Foulées Tassilunoises et je n’ai jamais participé à une épreuve sur une distance inférieure.
Bref, je m’attends à souffrir quelque peu et à défaut d’être préparé physiquement pour cette plaisanterie, je suis prêt au pire psychologiquement parlant !

Le cross des Papillotes se déroule à Saint-Maurice de Beynost dans le parc de la Sathonette.
Il propose entre autres une épreuve destinée aux catégories masculines de cadet à vétéran d’une distance de 4800 m (4500m initialement). Le parcours est composé d’une boucle de 1200 m à parcourir 4 fois. Deux grimpettes pour atteindre le point haut du parc, une petite bosse entre deux arbres pour ajouter du piquant et beaucoup de virages pour travailler les relances, bref tout ce qu’il faut pour ventiler à fond et faire crier grâce à vos cuisses !

Le Cross des Papillotes Le parcours[gpxelevation=hide]
Une boucle de 1200 m à effectuer 4 fois.

La météo vient apporter la dernière touche au tableau : la neige s’est invitée dans la région !
Petit problème, je n’ai pas de pointes … Je pensais pouvoir m’en passer sur un terrain gelé mais dans la neige ! Une seule alternative possible … prendre les yaktrax ! Inhabituel sur un cross mais terriblement efficace.

Me voilà donc à l’entrée du parc de la Sathonette ce samedi après-midi. J’ai un peu galéré pour me garer, il n’y a pas beaucoup de place de parking à proximité du parc mais j’avais prévu un peu de marge dans mon timing pour voir la course des benjamines.

Sympa, dès l’entrée du parc un père noël distribue des papillotes aux arrivants ce qui donne tout de suite un petit aspect festif à l’épreuve. Les sapins de noël offerts en guise de lot aux gagnants des épreuves viennent conforter cette première impression.

Le Cross des PapillotesJe me dirige vers la tente installée pour les inscriptions. Opération effectuée en quelques minutes. Si c’est pas de l’efficacité ça ! Juste à temps pour regarder la course des benjamines. J’espérais filmer plus longuement l’épreuve mais j’ai eu quelques problèmes de batteries avec cette température franchement négative. Bon tant pis, à défaut d’avoir le départ, j’ai réussi à filmer l’arrivée !

L’heure tourne, il est temps pour moi de m’échauffer. Ce n’est pas le truc à négliger avec la température ambiante. Je vais faire cela sérieusement, une petite demi-heure à trottiner en reconnaissant le parcours. Je crois halluciner en voyant les accélérations de quelques flèches qui enchainent les longueurs comme des 100 m ! Je me sens bien lent en traversant le parc avec mes enjambées de coureur de fond. A chaque passage devant la tente des inscriptions, j’enlève une couche pour ne garder au final que le t-shirt des Templiers.

Nous voilà sur la ligne de départ. Je me suis résigné à me placer sur la dernière ligne en queue de peloton. Je sais bien que le départ est primordial pour être bien positionné mais je n’ai aucune idée du niveau des participants et je n’ai pas trop envie de me faire piétiner par des pointes de 15 mm dès les premiers mètres du parcours. Je suis un des rares coureurs à ne pas porter le maillot d’un club, il y a la famille Asvel, la famille AS Caluire, quelques membres de l’AC Tassin et encore bien d’autres tribus identifiables à leurs couleurs. L’ambiance est bonne, ça papote, ça déconne et ça fanfaronne comme pour chaque départ de course.

Nous voilà sous les ordres du starter … Il lève son pistolet … PAN ! C’est parti comme une volée de moineaux. L’écart se creuse immédiatement avec la tête de course alors que nous entamons à peine la ligne droite du départ.

L’allure est rapide mais tenable. Je me faufile entre quelques coureurs plus lents et c’est le virage avant la première côte. J’ai repéré Jean-Pascal, un coureur de l’AC Tassin deux têtes devant moi. Je passe les deux têtes en question et coiffe Jean-Pascal au poteau après le petit virage à mi-côte. Purée, ça me plait cette histoire, ça va saigner …

J’attaque la descente en accélérant, ça tape dans les jambes et j’ai du mal à augmenter l’amplitude de mes foulées autant que je le voudrais pour prendre plus de vitesse. Voilà, la bosse entre les deux arbres. J’essaye de la passer en préservant le maximum de vitesse. Je ne pense pas que le style soit bien orthodoxe mais bon ça passe et je fais ce que je peux. Un petit virage serré sous un bosquet d’arbre et c’est reparti pour la deuxième côte. C’est pas que ça grimpe beaucoup mais on sent vraiment passer les quelques mètres de dénivelé.

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Il n’y a vraiment pas de temps mort. A peine arrivés en haut, nous basculons pour redescendre à mi-pente le long du bâtiment de la cantine (d’après le croquis du parcours) avant de remonter pour contourner le « bois » et redescendre à nouveau en direction de la partie basse du parc. Le parcours fait alors un long zigzag qui permet de se rendre compte de son positionnement dans la course. Ca va, je suis loin d’être le dernier, l’honneur est sauf.

J’entame le deuxième tour, la tête a une furieuse envie de rajouter « seulement ». C’est pas possible, ca ne peut pas faire que 1200 m ! J’ai ralenti, je sens que j’ai ralenti. D’ailleurs un mec en profite pour me passer avant le virage. Je m’accroche à lui quelques mètres mais il me manque tout un tas de tours de stade pour pouvoir lui coller aux basques. C’est clair, ça va saigner …

Je n’ai pas besoin de me retourner pour connaitre la position de mes deux plus proches poursuivants. Ca encourage à tout va le long du parcours, juste après mon passage il y a d’abord les « allez Didier » très proches de moi puis un peu plus tard mais si peu les « allez Jean-Pascal ».

Le Cross des Papillotes
Arthurbaldur casaque blanche templiers et gants noirs, suivit de près par Didier …

Je suis chaud de chaud. Je remonte mes manches à l’amorce du troisième tour et je dégage les oreilles de mon bonnet SaintéLyon en roulant les bords de celui-ci pour passer en mode « refroidissement maximal ».
Il n’y a plus le moindre écart entre les « allez Didier » et moi. J’entends le bruit de ses pas qui se calquent sur les miens et j’ai l’impression que je pourrais presque sentir son souffle dans mon cou. Nous passons rapidement un concurrent à la dérive au sommet de la deuxième côte. Finalement, même sur les cross, il y a des gens qui marchent !

C’est le dernier tour. Je veux tenir, ne surtout pas montrer que je suis à la ramasse. Un sursaut d’énergie et je relance la machine pour quelques mètres dans la première côte. J’ai l’impression d’être scotché au terrain mais je m’efforce de relancer tout de suite la machine dans la descente. Je passe la bosse tant bien que mal et accélère un peu à la sortie du virage sous le bosquet. Je n’arrive pas à le lâcher. Purée, j’ai fait tout le travail et je vais me faire bouffer comme une merde dans le dernier tour.

Dernière descente, je lâche tout ce qui me reste d’énergie au risque d’exploser. C’est long, trop long … Je ne vais pas pouvoir tenir encore longtemps. J’hésite une fraction de seconde sur le chemin qui mène à la ligne droite finale. Il revient sur moi mais dans un dernier sursaut d’orgueil j’accélère pour le finish et je passe la ligne en tête avant de m’effondrer sur les barrières de sécurité pour récupérer.

Je me retourne et Didier me gratifie d’un grand sourire. Voilà un truc qui fait chaud au cœur. Tout ce que j’aime dans le sport est résumé dans ce simple sourire. Merci l’ami.

Je n’ai pas trainé après la course. Il faisait vraiment froid et j’étais invité chez des amis pour le diner. Je garderai un excellent souvenir de ce premier cross. Je reviendrai bientôt et je reviendrai plus fort.

Récapitulatif :

Classement : 103/121
Classement VH : 37/45
Distance : 4800 m
Temps : 22’37 »
Vitesse – Allure : 12,73 km/h – 4’42 »

Les résultats complets : Le Cross des Papillotes.

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