La Lyon-SaintéLyon 2009

Episode 2 : C’est quand même plus court en navette …

Je reprends mon récit interrompu à la fin de l’épisode 1. Nous en avons terminé, Biscotte et moi, avec la phase aller de la LyonSaintéLyon. Nous avons franchis, il y a quelques instants seulement, l’arche de départ (enfin d’arrivée), nous sommes à mi course à Saint-Etienne après avoir parcouru 70km et 1700m de D+. Le moral est excellent et la forme semble bonne …

Episode 1 : Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour économiser le prix des navettes …

Saint-Etienne – la mi course :

Nous avions convenu de retrouver la Taz force immédiatement sur le parking mais je suis totalement euphorique, dopé aux endorphines jusqu’aux oreilles, j’ai envie de partager avec tous mes semblables cette émotion qui m’étreint. Je passe même un petit coup de fil à Michel pour lui dire que nous sommes arrivés, oubliant l’espace d’un instant qu’il devait être fort occupé actuellement. Quelques coureurs nous dévisagent ou se retournent à notre passage en nous voyant passer dans nos tenues toutes crôtées mais il faut bien avouer que nous passons globalement inaperçus. Malgré ses quelques protestations, j’entraine Biscotte à ma suite dans le Hall d’Exposition à la recherche de quelques têtes connues. Impossible de repérer qui que ce soit. L’euphorie redescend vite de quelques échelons pour retomber à un niveau plus classique. Je me range à l’avis de Biscotte. Allons donc nous remplir l’estomac et nous changer, nous reviendrons ensuite d’autant que nous n’avons même pas à retirer nos dossards, la Taz Force s’en est chargé. C’est vraiment cool d’avoir une assistance aux petits oignons avec nous.


Arthurbaldur, Biscotte et Line. L’a des p’tits yeux fatigués Arthur !

Nous retrouvons la Taz Mobile un peu à l’écart au fin fond du parking. Miaou et Olivier ont rejoint la Taz Force avant notre arrivée. Lamiricoré et DenisB passeront également nous dire bonjour un peu plus tard et auront la gentillesse de nous récupérer nos étiquettes pour la dépose des sacs. Si c’est pas une équipe de choc ça !

Ces quelques moments de convivialité passés dans le camping-car entre personnes de bonne compagnie et les quelques pâtes de maitre Tazounet finissent par me requinquer. Je me suis changé de la tête au pied et c’est un homme presque neuf qui refait surface petit à petit dans le cocon de la Taz mobile.

L’heure tourne, il est grand temps de se diriger vers le hall d’exposition, les sacs coureurs doivent être déposés avant 23h en principe. Et puis j’ai envie de me fondre un moment dans cette foule, coureur parmi les coureurs. J’aime cette ambiance particulière, ce mélange des genres, quiétude pour les uns, effervescence pour les autres, certains sont concentrés sur leur course, peut-être un peu anxieux, à moins qu’ils ne se reposent tout simplement, tandis que d’autres conversent sur l’air du temps, la boue, le chaud, le froid et le dernier exploit d’Arthur. Comment ça, non ? 😯
Et puis l’atmosphère devient de plus en plus électrique au fur et à mesure que le temps s’écoule. A l’approche du départ, il règne même alors une certaine fébrilité. Mais une fébrilité de coureur de fond toute en retenue comme pour mieux préserver cette énergie qui sera si précieuse dans les quelques heures à venir.

Je descends les quelques marches du camping-car et me retrouve dans la fraîcheur et l’humidité de la nuit stéphanoise. Il bruine encore un peu mais ce n’est pas bien méchant. J’ai une petite poussée d’adrénaline en traversant le parking du hall d’exposition. Je ne ressens pas la fatigue, les jambes vont bien. Pas de douleurs musculaires, ni articulaires, je me vois presque déjà égaler mon chrono de l’année dernière ou tout du moins celui de ma première participation en 2006. A euphorie quant tu nous tiens !

Je me faufile dans le car correspondant à mon numéro de dossard. C’est un empilement indescriptible de sacs entassés sur les sièges de part et d’autre de l’allée centrale jusqu’à former une muraille qui masque la totalité des vitres du car. Cet édifice plus ou moins branlant menace même de s’écrouler par endroit. Je ferai d’ailleurs l’effort de courber mon auguste personne pour ramasser deux sacs mis à mal par de multiples pieds après leur chute malencontreuse au milieu du passage. A la décharge des pieds fautifs, la luminosité ne permettait pas de distinguer pleinement les pièges disposés ça et là encore qu’il suffisait d’allumer sa loupiote pour s’apercevoir du désastre.
Pour plus de sécurité, je décide comme par le passé de placer mon sac à l’arrière du car. Au moins, il évite le plus gros du passage entre la porte avant et celle centrale du car.

Bon. Une bonne chose de faite ! DenisB et Lamiricoré ont déjà déposé leur sac. Reste à attendre le reste de la troupe. Biscotte et Line doivent être coincés quelque part dans leur car respectif. Il semble que ce soit également le cas pour Jeanmik. Je ne l’aurai pas vu longtemps l’ami Jeanmik. Un petit bonjour et il s’est empressé de rejoindre le sas de départ. Il a raison, un départ en queue de peloton est un facteur plutôt limitant pour qui veut titiller le chrono.

Voilà, toute la petite troupe est là. Nous allons enfin pouvoir rentrer dans le hall ! C’est que j’ai du monde à voir et puis il faut que nous allions dire un petit coucou au micro, il paraît qu’Eric Garcia, le speaker de la SaintéLyon, nous a appelé tout à l’heure alors que nous dégustions nos pâtes.

Biscotte semble être en forme.Line et Miaou. Miaou doit regretter un peu son dossard. Aller, il y en aura plein d’autres.

Histoire de ne pas frustrer définitivement le bon millier de fans encore présents (beaucoup de coureurs ont d’ores et déjà rejoint le sas de départ), nous nous empressons d’aller déverser quelques banalités très à propos dans le micro. Je laisse Biscotte épuiser son stock de salive avant de prendre la parole à mon tour. Je comptais en profiter pour remercier publiquement les organisateurs pour cette belle épreuve mais le speaker est accroché à son micro comme un jeune enfant à sa mère et après un chassé croisé rapide de questions-réponses, je renonce à lui arracher son outil de travail. Je ne suis pas de taille à lutter. Et puis, cela m’arrange, je suis d’un naturel réservé.

Pour la peine je me rattrape maintenant : Merci. Merci à toute l’équipe organisatrice pour cette belle épreuve préparée chaque année avec brio. Je ne m’en lasse pas.

Un petit groupe de kikous est là juste à côté. Je ne reconnais personne … Ah si, Martine Volay est dans le groupe. « Hello Martine. » Badgone est déjà parti se positionner dans le sas de départ. Martine, elle, peut profiter un peu plus de la chaleur du hall. C’est l’avantage d’être rapide et d’avoir accès au sas « vip ». J’en profite pour dire un p’tit bonjour aux autres kikous.

C’est convivial une SaintéLyon, il y a toujours de multiples occasions de serrer des mains, de distribuer et de recevoir quelques bises puis de papoter. J’aurai encore réussi à tomber sur Iade38 par le plus grand des hasards. Etonnant, n’est-ce pas l’ami ? Et puis j’aurai également découvert « chéri », le chéri de Mamanpat, accompagné de madame bien entendu et des Brut de Fleurs. Il semble que ce soit la première et la dernière pour monsieur. Pas étonnant Pat ! Franchement, tu le maraves, tu le fumes grave et tu voudrais que la SaintéLyon lui laisse un souvenir impérissable ? Bon, j’espère qu’il changera d’avis en 2010 et qu’il tentera de prendre sa revanche. Quant à toi, Pat, je ne désespère pas de te faire gouter à l’aller-retour, c’est fou ce que l’on peut vite y prendre goût !


DenisB, Lamiricoré, Biscotte et Arthurbaldur.

Revenons à nos moutons. Nous nous sommes mêlés aux coureurs qui quittent désormais
le hall pour rejoindre le sas de départ. Je n’ai jamais été positionné aussi loin dans le peloton et malgré cela, nous sommes loin d’être les derniers. L’attente dans le sas sera de courte durée.

Saint-Etienne – Saint-Christo en Jarez

Le départ est imminent. Les premières notes du classique « Light my way » résonnent, les fumigènes éclairent le chemin … mais ce n’est pas encore vraiment le nôtre ! Tout cela se passe bien loin de nous. Nous ne voyons même pas l’arche de départ. Le départ semble être donné mais je n’en suis pas sûr. Il y a un tel brouhaha avec cette masse de coureurs et tous ces spectateurs massés de part et d’autre. Si ! ça y est, nous enchainons nos premiers pas. Nous sommes près de 5500, c’est dément. Ca grouille de monde. Je filme un peu avec mon portable mais c’est trop long, ma batterie rend l’âme. Elle a déjà été pas mal sollicitée aujourd’hui. Je ne pourrai pas immortaliser notre passage sous l’arche de départ.

Le premier kilomètre demande toujours de la concentration pour ne pas perdre ses compagnons de route. Les gens prennent leurs marques, enfin leurs allures et celles-ci sont bien disparates ne serait-ce qu’entre les coureurs et les randonneurs. Je slalome entre les randonneurs tout en évitant les quelques pièges tendus par la chaussée, plots et autres obstacles du même genre. Je suis moi même doublé par de nombreux coureurs.
J’ai l’œil sur mes compagnons. Je n’ai pas envie de faire le trajet tout seul.

Je craignais d’avoir les jambes un peu raide après notre arrêt prolongé à Saint-Etienne mais ce n’est pas de ce côté que les problèmes surgissent. Je me sens très rapidement sur la réserve côté énergie, vidé, éteint. Je peux courir mais je n’ai pas les forces suffisantes pour maintenir la même allure que Line et Biscotte.

Nous approchons de l’église de Sorbiers, perchée sur les hauteurs du village. Le bâtiment mis en lumière se détache nettement dans la nuit. J’ai cette image gravée dans ma mémoire. Une image parmi tant d’autres qui me motivent chaque année à revenir courir ici. Il me semblait que nous passions au pied de l’église avant. J’ai peut-être rêvé …
Dès les premières pentes de Sorbier, je crie grâce et réclame un passage immédiat en mode marche en prétextant que nous devons économiser nos forces. A vrai dire, je suis surtout cuit à point. Cela promet !


Petit bain de foule. Fallait en profiter, après nous avons vu nettement moins de monde !

Les choses ne s’arrangent pas vraiment pour moi dans les premiers sentiers. J’ai de drôles de sensations dans les phases marcher, l’impression d’avoir la tête qui tourne, des vertiges sans que ce soit très prononcé. Pas suffisamment en tout cas pour que je songe à m’arrêter. Curieux, le phénomène semble s’estomper en courant. Dire que je n’ai même pas avalé une p’tit mousse ! Ca ne m’inspire tout de même rien de bien bon. Je n’ai peut-être pas assez mangé ? Je n’ai finalement pas avalé grand chose depuis ce matin.

Nous contournons le stade de Saint-Christo. J’ai brusquement un p’tit coup de blues en pensant aux longues heures d’effort qui me séparent de Lyon. Un Sacré bout de chemin, bien trop frais en mémoire pour avoir été oublié. Je le visualise mentalement, j’en perçois chaque tour et détour, chaque parcelle et j’en mesure malheureusement pour moi toute la longueur et la difficulté.

Saint-Christo en Jarez
Temps de course : 2:25:57, Temps de Pause : 18 minutes
Classement général : 4049/4114, Classement VH1 : 1306/1311

Nous arrivons au ravitaillement. Il y a du monde. Quelqu’un se faufile en sens inverse. C’est Georges. C’est qui Georges ? Ben Georges, c’est Georges voilà tout. Le monde est petit !
Je savais bien qu’il était là, quelque part sur le parcours, il n’y a pas si longtemps on sirotait un petit apéritif ensemble en parlant de notre future course, mais de là à le croiser comme cela par hasard. Il est au plus mal, rien ne passe, ni solide, ni liquide. Même l’eau se refuse à lui. Il abandonne. Je tente de l’entrainer à ma suite. « Viens avec moi, je vais doucement … aller, viens …  ». Rien n’y fait sa décision est prise. Dommage Georges, dommage.

Je rentre dans la tente du ravitaillement. Il y a des bancs alignés sur le côté gauche. Je trouve une petite place et m’effondre dessus. Il faut que je me tartine les pieds avec la Nok. J’ai des échauffements sous le pied droit qui ne me plaisent pas. Ouf, pas d’ampoules, ce n’est encore qu’un échauffement. Il faut que je fasse le plein de flotte, je suis trop lent pour zapper un ravitaillement et je dois manger. Il faut vraiment que je mange. Bon sang, ils sont où ? Pas de Biscotte, pas de Line … Ah si, Line est Là. Elle m’aide à remplir ma poche à eau puis je retourne m’assoir sur le banc pour grignoter quelques gâteaux et reprendre des forces.

Saint-Christo en Jarez – Sainte-Catherine

Impossible de trouver le moindre morceau de Biscotte dans le coin. Avec l’intermède Georges, je ne suis pas tout de suite rentré dans la tente du ravitaillement, ne nous voyant pas, Biscotte a dû penser que nous avions quitté Saint-Christo et s’est empressé de lever le camp. Je ne lui jette pas la pierre, j’avais fais pareil cet été, au ravitaillement des Contamines, persuadé d’être à la traine et d’avoir loupé le départ de mes compagnons, j’étais parti en forçant l’allure en direction de la Balme, l’étape suivante, avant de m’apercevoir que j’avais laissé ma pauvre Biscotte au ravitaillement. A vrai dire, je n’avais tort qu’à moitié, Line et Boucolas étaient bien partis avant moi.

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Je suis bien obligé d’avouer que la disparition de Biscotte m’apporte immédiatement un peu de confort quand à notre rythme de progression. Biscotte était en meilleure forme que moi et je ne vous parle même pas de la forme de Line après ce footing léger d’une quinzaine de bornes. Etre le maillon faible de notre trio était loin d’être confortable car notre allure se calait immanquablement sur l’allure du binôme le plus en forme. Je l’aurais payé cher physiquement et mentalement en continuant ainsi.
Biscotte m’a avoué pendant l’aller qu’il profitait que Line ne soit pas encore avec nous pour se laisser aller à quelques bruits intestinaux incongrus mais, il faut bien le reconnaître, efficaces voir indispensables pour le bon fonctionnement d’une digestion malmenée par l’effort. Je le soupçonne de nous avoir abandonné pour s’adonner tout à loisir à ce besoin primale qui ne pourrait qu’être contraint par la proximité d’une présence féminine … mais vous n’êtes pas obligé de me croire. :mrgreen:

Avec Line en binôme, je retrouve la configuration qui m’avait permis de boucler la CCC en 2008. Je vais à mon allure, certes lente, mais je peux durer ainsi longtemps, très longtemps en attendant un retour de forme hypothétique et Line se cale dans mes pas.

Nous rejoignons la D23. Une longue portion sur bitume nous y attend. J’appréhendais cette ligne droite interminable pour rejoindre la Croix Bicouri mais elle passe finalement assez rapidement (en fait, cette portion ne fait guère qu’un kilomètre mais j’en avais quelques mauvais souvenirs).

Moreau
Temps de course : 3:53:55, Temps de Pause : 14 minutes
Classement général : 4053/4080, Classement VH1 : 1310/1313

J’arrive à Moreau dans un meilleur état qu’à Saint-Christo mais une petite pause m’est quand même indispensable. Je m’assieds sur un muret étroit, le dos contre le grillage. C’est froid et peu confortable mais ça me permet de reposer un peu les jambes. Line est au petit soin pour moi. La quintessence de ce qui se fait de mieux comme équipier. Un binôme aux petits oignons, comme l’a été Biscotte à l’aller, les poils aux mollets en moins.

Nous voilà repartis. Biscotte a appelé sur le portable de Line. Il pensait effectivement que nous étions devant. Il va ralentir un peu pour que nous fassions la jonction au prochain ravitaillement. Quant à moi, j’ai débranché quelques synapses et je suis passé en mode automatique. J’avance, je progresse tantôt marchant, tantôt courant mais ma conscience est en sommeil. Je dois être un piètre compagnon de route pour Line. Pas très causant Arthur en tout cas.

Nous avons des nouvelles de Biscotte. Elles ne sont pas bonnes. L’ami s’est inspiré des frasques d’un homme politique dont je tairai le nom et s’est offert un malaise vagal probablement dû à la fatigue physique. Il se repose dans les vestiaires du stade de Sainte-Catherine. Je ne m’attendais vraiment pas à cela. Il semblait pourtant en forme. Probablement un contre coup de son accident récent.

Sainte-Catherine
Temps de course : 5:03:42, Temps de Pause : 27 minutes
Classement général : 3742/3780, Classement VH1 : 1201/1206

Nous arrivons sur le stade de Sainte-Catherine. Une fois passé le point de contrôle, nous enjambons les rues balises pour nous diriger vers les vestiaires aménagés pour l’occasion en poste de secours. Un des secouristes nous amène à lui. Il est assis sur un banc dans un petit vestiaire attenant aux douches. A l’autre extrémité de la pièce un coureur est allongé et semble mal en point (une fracture d’après ce que j’ai compris). La pièce est surchauffée. Je fonds. L’ami Biscotte semble avoir récupéré un peu de son récent malaise. Je me garde bien d’insister comme à Courmayeur pour qu’il poursuive son chemin. Il faut savoir arrêter, ne pas insister au- delà du raisonnable.
Je ne veux pas trainer ici. Il nous faut abandonner Biscotte à son banc. S’assoir à côté de lui est bien trop tentant.

Chaponost. Taz junior pourrait presque me griller au sprint.Il se contente juste de me pousser un peu … Arrête junior, pas d’assistance personnelle sur le parcours !

Me voilà le seul coureur de la LyonSaintéLyon en lice. Mon premier podium est à portée de main. Ca le fait bien quand même. Arrivé premier d’une course de 138 bornes ! Bon, je serai également le dernier mais qu’importe j’ai pour habitude de regarder les choses par leur bon côté. En comptant le ravitaillement nous aurons passé près d’une demi-heure à Sainte-Catherine. Pas très efficace, je sais, mais je suis plus ou moins à la dérive depuis le départ.

Sainte-Catherine – Soucieu en Jarrest

Mes souvenirs de cette partie de la course se sont quelques peu estompés. Les jours passent, je ne suis guère plus rapide pour écrire un cr que pour courir et j’ai bien peur d’avoir fait une bonne partie de la course dans un état second ! Je me rappelle tout de même mettre un peu réveillé dans la descente du bois d’Arfeuille et avoir doublé quelques coureurs … enfin pas des coureurs, plutôt des randonneurs. C’est fou comme certains étaient mal à l’aise en descendant. Un manque d’habitude flagrant à moins que ce soit un manque de jambes tout simplement.


Chaponost. Il est grand temps de dire au revoir à Tazounet.

Autre souvenir bien vivace par contre : nous arrivons à Saint-Genoux, vous savez le village que Biscotte nous a fait longuement visité à l’aller. Il y a de la lumière. Nous pensons arriver au ravitaillement et ce n’est qu’un point se secours. De ravitaillement nada. Il faut continuer. Ca m’a mit un coup dans les chaussettes cette histoire et je pense que c’est pareil pour Line.

Saint-Genoux
Temps de course : 7:05:08, Temps de Pause : 23 minutes
Classement général : 3805/3826, Classement VH1 : 1240/1243

En fait, le ravitaillement de Saint-Genoux a été déplacé d’un kilomètre. Quelle bonne surprise de le découvrir alors que nous ne l’attendions plus. Il est installé dans la grange d’une ferme. Au fond de celle-ci, des bénévoles se sont regroupés derrière quelques tables sur lesquelles est disposé le ravitaillement. Sur la gauche, des randonneurs (repérables aisément aux chaussures) et des coureurs, attendent prostrés dans leurs couvertures de survie le minibus qui doit les emmener à Soucieu. Un bénévole leur annoncera un peu plus tard qu’ils vont devoir y aller à pied, que le rapatriement à Saint-Genoux est réservé aux urgences sanitaires et qu’il n’a pas été mis en place comme élément de confort pour coureurs fatigués. Bref messieurs dames, vous prendrez le bus uniquement s’il reste de la place …

Je me suis assis pour procéder à nouveau à un soin préventif de mes pieds. Cette fois, j’ai une petite ampoule entre les orteils mais sans grande conséquence, je ne l’ai même pas sentie jusqu’à présent. Par contre, j’ai les plantes de pied plus que talées à moins que ce ne soit tout simplement un début d’ampoule sous-cutanée ?
Je laisse Line assurer mon ravitaillement? J’abuse un peu de la situation mais c’est tellement plus confortable de se laisser materner. Assis à même le sol sur une marche dans une grange perdue au fin fond des Monts du Lyonnais, je dois faire piètre figure. Tu parles d’un seigneur ! J’ai enfilé mon coupe vent mais je suis frigorifié malgré la température relativement clémente pour un mois de décembre. Il faut dire que c’est le petit matin, généralement le moment le plus froid de la nuit.

Une vingtaine de minutes plus tard nous voilà repartis en direction de Soucieu. Les premières lueurs du jour ne tardent pas à se lever.
Les phases marcher sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus longues mais qu’importe, mon seul objectif est d’arriver au bout de ce périple et si possible sans arriver dernier pour ne pas froisser mon égo. D’ailleurs le différentiel de vitesse entre nos phases de course et nos phases de marche n’est pas si énorme. Si nous marchons d’un bon pas, les parties courues, elles, ne dépassent guère la vitesse d’une footing de récupération !
Malgré les apparences, vous verrez dans ma conclusion que la marche est loin d’être la cause première du dépassement de mon estimation temps.

Il fait tout à fait jour lorsque que nous entamons la descente sur bitume qui doit nous amener au prochain ravitaillement. Le regard porte loin. Des petits groupes de coureurs sont éparpillés ça et là tout au long du parcours et progressent lentement vers Soucieu. Certains avancent encore d’un bon pas, d’autres me semblent nettement plus à la dérive. Parfois, un groupe se met à trottiner pendant une centaine de mètres mais globalement la scène qui s’offre à mes yeux me fait fortement penser à celles que l’on peut découvrir par une belle journée en se promenant en famille à la campagne. Quoique, les visages marqués de certains coureurs m’ont plutôt évoqué la retraite de Russie et la déroute de l’armée Napoléonienne.

Ma lenteur me désespère un peu mais malgré cela, le moral est bon et je contemple avec plaisir le paysage qui s’offre à mes yeux.

Soucieu en Jarrest
Temps de course : 8:54:42, Temps de Pause : 13 minutes
Classement général : 3853/3879, Classement VH1 : 1256/1259

Nous arrivons à Soucieu un peu avant 9h00. Quand je pense que j’étais déjà en train de comater dans les tribunes du palais des sports l’année dernière ! Plus aucune trace du passage de relais. Normal, ils sont loin les relais. Les tentes du ravitaillement sont bien là par contre.
Il me plait bien ce ravitaillement. Je suis assis sur un banc à l’abri. Je n’ai plus froid depuis que le jour s’est levé. La petite marmite de soupe qui mijote devant moi me fait de l’œil en me tendant les bras. C’est un délice. Devant, ca papote de tout et de rien, tout y passe course, saucisson et même navette … D’ailleurs, c’est l’heure du ramassage pour un retour express à Gerland. « Il y a encore du monde pour la navette ?  Plus personne ? ». Monter dans ton car l’ami, même pas en rêve. Je ne viens pas de me taper 115 bornes pour abandonner maintenant.
Hé mais au fait, j’ai passé les 100 bornes ! Cool. Moi qui n’avait jamais dépassé les 98km de la CCC.

Soucieu en Jarrest – Palais des Sports de Gerland

Mon horloge biologique a sonné le réveil des troupes. J’émerge progressivement de l’océan de coton dans lequel je faisais trempette. Pour s’opposer à ce regain de forme physique et ajouter un peu de piquant, les douleurs ressenties au niveau de mes plantes de pieds meurtries par les chocs répétés sur le bitume, s’intensifient. Pas très agréable mais encore plus ou moins gérable.


Parc de Gerland. La dernière ligne droite en courant mais c’est bien parce qu’on arrive.

Tazounet nous a appelé, il est sur le chemin du retour après avoir passé la nuit dans la Taz Mobile avec ses deux enfants et a décidé de nous attendre en chemin un peu avant Chaponost.
En plus d’être une excellente équipière, Line est également une expert en communication. Mon portable a rendu l’âme comme je vous l’ai dit précédemment mais Line a pris le relais et gère à merveille les appels. Pour vous dire, je suis même informé régulièrement du déroulement de l’Origole auquel participe une de ses nombreuses connaissances !

La Taz mobile apparaît subitement au sommet d’un petite côte. « Coucou les copains. »
C’est cool d’avoir des ultras potos. Taz senior prend quelques photos de notre arrivée à ses côtés tandis que Mini taz venue à ma rencontre (Tazounet junior si vous préférez) s’accroche à mes jambes pour me faire un poutou. Me voilà tout à fait réveillé.

Suffisamment réveillé pour faire dans de bonnes conditions le trajet jusqu’au prochain ravitaillement. Je suis content, madame envisage de me cueillir à notre passage à Beaunant pour nous accompagner jusqu’à l’arrivée. Elle est pas belle la vie ?

Nous arrivons à Beaunant en fin de matinée. Il est déjà presque 11H00 !
Il reste encore environ 11 kilomètres à parcourir mais rien ne pourra plus m’arrêter désormais. Je suis dans mon fief. Le moral grimpe en flèche. Le ravitaillement est installé dans l’atelier d’un garage Opel à proximité de la fameuse montée de Montray.
Mon père et ma sœur arrivent alors que je suis en plein ravitaillement. Ma femme arrive également quelques minutes après en footing. Ca fait chaud au cœur de les voir ici.

Nous repartons pour les derniers kilomètres. Notre petit groupe s’est agrandi. Ma femme est de la partie comme prévu ainsi que ma sœur qui a décidé de nous accompagner jusqu’à l’arrivée. L’allure s’en trouve immédiatement augmentée. Nous avalons la côte de Montray d’un bon pas avant de relancer la machine dès que la pente le permet. C’est parti pour un footing jusqu’au centre de Sainte-Foy.
J’ai subitement des ailes dans le chemin de Fontanières et j’imprime un rythme à notre petit groupe que je n’aurais jamais pensé pouvoir tenir. Et sans s’arrêter pour marcher de surcroit !

La montée de la rue des Tourelles met tout de même un terme brutal à ce sursaut d’énergie.
Je me retrouve très rapidement à la traine d’une bonne centaine de mètres ! Les kilomètres, je les ai dans les pattes, il n’y a pas à tortiller. Mais je reprends le commandement des opérations dans la descente du Gourguillon et la montées des Epies. Ca c’est de la descente, pouvoir s’enfiler cela sans que le corps se rebiffe après cette débauche kilométrique, ça vous réjouit le cœur.

Eglise Saint-Georges
Temps de course : 11:56:10, Temps de Pause : 9 minutes
Classement général : 3611/3633, Classement VH1 : 1190/1192

Voilà le dernier ravitaillement. 9 minutes de pause seulement. Un ravitaillement express, une fois n’est pas coutume. Aller, on ne traine pas, je suis déjà en retard sur le timing !
On traverse la passerelle Saint-Georges et on arrive bientôt sur une place de Carnot noire de monde ! Impossible de traverser la foule compacte qui se presse entres les petits chalets du marché de Noël. J’opte pour un contournement de la place par la gauche. Pas de chance, il fallait prendre par la droite.
Arrivée dans la diagonale opposée, nous sommes questionnés par des bénévoles. « Ben, vous sortez d’où vous autres ? » « Ben de Saint-Etienne, tient ! ».

La traversée du Rhône sonne le glas de mes dernières forces. La remontée des quais du Rhône est un long calvaire sans fin. C’est long, long, désespérément long … A la douleur de mes plantes de pieds vient s’associer une douleur plus intense au tendon d’achille du pied droit. Je suis obligé de m’arrêter à plusieurs reprise pour que la douleur s’amenuise avant de repartir en trottinant. Je me retrouve de nouveau à la traine et je n’aime pas ça.


Purée, ça y est … je l’ai fait ! Quel pied. Merci Line.

La délivrance arrive enfin. Nous entrons dans le parc de Gerland. Il faut suivre un moment l’allée principale avant de tourner sur notre gauche. Le Palais des Sports est là devant nous. J’oublie comme par miracle toutes mes douleurs. On remonte l’allée côte à côte avec Line. Plus qu’une centaine de mètres. Des panneaux égrènent la distance restant à parcourir. 75m. Je savoure intensément l’instant présent. 50m. On traverse l’allée Pierre de Courbertin. 25m. L’entrée du Palais des Sports nous tend les bras. Encore quelques mètres et nous pénétrons dans l’immense salle du palais. L’arche d’arrivée est là, illuminée, brillant de mille feux sous la lumière des projecteurs. La porte du paradis. Nous la franchissons bras dessus bras dessous sous les applaudissements des spectateurs.
Purée, ça y est … je l’ai fait ! Quel pied.

Merci Line, vraiment merci et encore merci à Biscotte et Tazounet. C’est un beau cadeau de Noël que vous m’avez offert là.

Arrivée Palais des Sports
Temps de course : 12:44:32, Temps de Pause cumulé : 3h31 !
Classement général : 3613/3660, Classement VH1 : 1189/1195

Il y a tout plein de monde à l’arrivée, madame et ma sœur bien sûr puisqu’elles m’ont fait le plaisir de m’accompagner sur le final, mes parents qui ont malheureusement loupé de peu notre finish (on a été plus rapide que prévu dans le chemin de Fontanières), Biscotte qui a eu le temps de récupérer un peu depuis son rapatriement sur Lyon et qui est là avec toute sa petite famille, Miaou et Olivier venus tout spécialement sur Lyon pour assurer notre réapprovisionnement en Saint-Nectaire.

Le sommeil du juste. A si seulement Biscotte ne ronflait pas.Il s’est décidé à choisir un autre oreiller. C’est pas confortable un Arthur. Vraiment trop sec.

Ca fait tellement plaisir, que tout ce petit monde est invité à finir l’après-midi chez nous.
Une seule condition, que l’on m’octroie le canapé pour comater. De toute évidence, Biscotte ne fut pas d’accord sur cet usage exclusif. Quant à Line, elle a succombé rapidement à une longue sieste réparatrice. C’est fatiguant de materner Arthur !

Des amis, un ultra, que demande le peuple ?

Petit cadeau bonus supplémentaire : Michel m’a remis un t-shirt Finisher supplémentaire pour cet aller-retour réussi mais également un t-shirt Finisher pour l’ami Biscotte qui a quand même parcouru la bagatelle d’une petite centaine de bornes ce weekend !

Conclusions :

Je suis définitivement conquis par la LyonSaintéLyon. Tant et si bien que je transforme dès à présent mon abonnement décennal à la SaintéLyon pour lui préférer ce long aller-retour.
La richesse et la diversités des paysages traversés de jour se marient et complètent à merveille la féérie nocturne de la course officielle.
J’espère de tout cœur qu’une course officielle naitra un jour de cet aller-retour. J’en serai alors un fan enthousiaste et le plus fervent ambassadeur.

Comme preuve de ma dévotion, je me lance le défi de battre mon chrono de 2006 (année de ma première participation) sur le trajet de retour à l’occasion du 60eme anniversaire de la course officielle en 2013. Soit un chrono de 9H08.

Je suis très satisfait de la phase aller que je pense avoir bien géré. L’allure, les temps de pause tout était bon. Nous avons dépassé d’une vingtaine de minutes nos prévisions de route mais cet écart reste faible compte tenu du temps de course. Ce ne sont que des prévisions même si les outils proposés par Rémi sont excellents.

Ma forme était acceptable à mi course. Pas de douleurs particulières, ni musculaires, ni articulaires. Bon, nous sommes d’accord, j’étais forcément un peu fatigué mais je me sentais tout à fait apte à doubler la dose avec le retour.

Ma performance sur le retour est de bien moins bonne facture. Preuve en est le décalage d’environ 54 minutes constaté à l’arrivée par rapport aux prévisions.
Cette piètre performance (bon tout est relatif) est due en grande partie aux temps de pause plus que conséquents lors du retour. Près de 3H31 de temps de pause cumulé. C’est énorme.
J’ai beaucoup marché au retour et j’ai peiné lorsqu’il fallait relancer la machine pour courir mais l’incidence sur le temps final est certainement beaucoup moins importante que celle engendrée par ces temps de pause excessifs.

De toute évidence, je ne me suis pas assez alimenté, notamment à mi parcours, la fatigue ne favorisant pas mon appétit. Pourtant, je le sais bien, l’alimentation, c’est le nerf de la guerre.

Cerise sur le gâteau : j’ai enfin dépassé la barre des 100 bornes et fait sauté par la même occasion le petit blocage psychologique occasionné par mes abandons successifs à la Montagn’Hard et à l’UTMB. Je suis remonté à bloc, fin près pour cette nouvelle année qui débute.

@rthurbaldur. 🙂

Saint-Christo en Jarez
Temps de course : 2:25:57, Temps de Pause : 18 minutes
Classement général : 4049/4114, Classement VH1 : 1306/1311

Moreau
Temps de course : 3:53:55, Temps de Pause : 14 minutes
Classement général : 4053/4080, Classement VH1 : 1310/1313

Sainte-Catherine
Temps de course : 5:03:42, Temps de Pause : 27 minutes
Classement général : 3742/3780, Classement VH1 : 1201/1206

Saint-Genoux
Temps de course : 7:05:08, Temps de Pause : 23 minutes
Classement général : 3805/3826, Classement VH1 : 1240/1243

Soucieu en Jarrest
Temps de course : 8:54:42, Temps de Pause : 13 minutes
Classement général : 3853/3879, Classement VH1 : 1256/1259

Beaunant
Temps de course : 10:53:50, Temps de Pause : 12 minutes
Classement général : 3661/3687, Classement VH1 : 1200/1201

Eglise Saint-Georges
Temps de course : 11:56:10, Temps de Pause : 9 minutes
Classement général : 3611/3633, Classement VH1 : 1190/1192

Arrivée Palais des Sports
Temps de course : 12:44:32, Temps de Pause cumulé : 1h56 !
Classement général : 3613/3660, Classement VH1 : 1189/1195


La casquette et le t-shirt Finisher en cadeau. Chouette, j’en ai eu deux !

Le site de la course : La SaintéLyon.

Quelques photos :

La LyonSaintéLyon 2009
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