Arthurbaldur

Le songe d’une nuit d’hiver
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Le Trail des Cabornis, le 11 mars 2012

mars 19, 2012 By: Arthurbaldur Category: Compétitions, Course à pied, Trail

J’ai beau avoir quelques courses à mon actif, je suis toujours aussi surpris par cette capacité que nous avons à nous dépasser pendant une compétition. Pourtant épingler un dossard sur son t-shirt ne vous transforme pas de facto en un clone de Fabien Antolinos. Ca se saurait …

Comme dirait crûment le Tazounet, pour être performant, « Faut se sortir les doigts … ». Je veux bien concéder que ça puisse aider pour courir mais qu’est-ce qui nous pousse donc à un tel effort ? Faire un chrono honorable ? Améliorer son classement ? Oui, ce sont sans doute des motivations qui peuvent pousser à la performance quand vous êtes encore sur la ligne de départ. Parce qu’après avoir crapahuté quelques heures sur le parcours casse-pattes des Cabornis, vos muscles douloureux vous invitent plus sûrement à la contemplation et à la marche !


Un des innombrables coup de cul à proximité de la Roche Percée.

Il est vrai que les paysages des Monts d’Or méritent que l’œil s’y attarde. Vous quittez un sous-bois, traversez un pré et soudain des horizons lointains s’offrent à vous. La vue sur le cœur des Monts d’Or depuis le village de Poleymieux (tiens, une fois n’est pas coutume, nous aurons emprunté son escalier dans le sens de la descente) ou celle sur la plaine de la Saône et ses méandres depuis les hauteurs de Couzon au Mont-d’Or ne sont qu’un aperçu des nombreux panoramas qui nous auront enchantés. Et puis le décor change, vous plongez dans une combe en sous-bois, au sein d’un environnement encore sauvage malgré la proximité d’une ville telle que Lyon.

Villages aux caractères bien trempés accrochés sur un versant ensoleillé du massif, profondeur des sous-bois, anciennes carrières, prairies et sommets dénudés : à la variété des paysages des Monts d’Or vient s’ajouter celle des terrains rencontrés. Les chemins agricoles alternent avec les sentes étroites pour un parcours quasi nature même si nous avons emprunté de courtes portions de routes pour faire la liaison entre différents sites. Certains singles jonchés de pierres instables et moussues requièrent une bonne technique et votre pleine vigilance pour assurer vos pas. Gare aux entorses si vous avez les chevilles fragiles. Les autres offrent un terrain plus souple certainement plus apprécié par nos articulations.


Atelier escalier, l’occasion de souffler un peu …

Quel bonheur de pouvoir dérouler ses gambettes sur le terrain souple d’une piste en forêt qui serpente entre les troncs d’arbre surtout quand la pente modérée vous offre un agréable moment de répit avant la prochaine difficulté. Des difficultés, il y en a tout un lot aux Cabornis. Les organisateurs ne sont pas avares quand il s’agit de vous offrir des pentes qui font mal. Oui ça monte et ça descend tout autant, ce n’est jamais très long mais c’est parfois suffisamment raide pour que les mains soient de sortie. Se servir d’une corde sans les mains, ce serait un poil difficile, non ?

Mais revenons-en à cette motivation. Ce qui m’a poussé ce dimanche à ne rien lâcher, c’est cette confrontation amicale entre coureurs, le plaisir de l’effort partagé pendant un long mano à mano sans aucune concession avec Stéphane M. Que du bonheur.

J’ai effectué un départ plutôt prudent. Le sur-régime en début de course est rarement conseillé mais j’ai surtout été freiné par le souvenir des éditions précédentes. Je n’ai jamais préparé spécifiquement ce rendez-vous de début de saison, préférant travailler ma vitesse à grand renfort de plan cross ou de plan 10 km. Il y a assez peu de points communs entre les 10 km des Foulées Tassilunoises et le trail des Cabornis, sinon de mettre un pied devant l’autre et de recommencer. Je peux vous dire que j’ai connu des fins de course parfois délicates, les muscles tétanisés, à la limite de la crampe, faute d’une préparation suffisante au dénivelé. Vous avez déjà tenté l’ascension de la face ouest du Mont Thou en marchant en canard ? Ca vous laisse des souvenirs impérissables ce genre de plaisanterie.


Traversée à découvert au-dessus de Couzon-au-Mont-d’Or.

J’ai perdu de vue les copains rapidement. La casquette blanche de Mimisoso s’est éloignée peu à peu. Je n’ai pas tenté de le suivre, je suis un garçon lucide. L’homme en question a terminé 69eme à la CCC 2008. Moi c’était à la 902eme place. Je veux bien qu’on parle gestion de course, technique d’entrainement mais à la base il y a comme qui dirait une légère différence de motorisation et ce n’est pas à mon avantage.

J’ai vu également Tidgi se faire la malle en douce. Une forfaiture que ce garnement de Tidgi aurait à payer plus tard. On ne marave pas un Arthur impunément. Quant aux autres, ils se sont dispersés aux quatre vents. Quelques-uns derrière mais probablement le gros de la troupe un poil devant. Ah si, j’ai eu le plaisir de papoter quelques instants avec Benjamin Steen avant que le bougre n’enclenche la seconde. Je ne suis pas le seul à avoir de grandes guiboles !

Pas le temps de s’ennuyer, je vous l’ai longuement expliqué : le terrain est varié et ludique et pour ne rien gâcher, il y a du monde un peu partout pour vous encourager. Un Yanshkov par ci, un Lalan par là.

Et puis il y a du monde pour vous prendre en photo et pas seulement l’ami Pascal de Photogone. Chloé, experte en pochoir du LUT est venue s’imprégner de l’ambiance et prendre quelques clichés.

J’ai bien failli me gaufrer pour le coup en ratant un virage un poil serré, cela m’apprendra à faire le kéké devant son objectif et son sourire communicatif. Pochoir ? Je sens que certains ont décroché pour le coup. Promis, je vous écrirai une petite bafouille à l’occasion sur le sujet.

Premier indice qui laisse penser que je suis en forme : je passe sans m’arrêter au premier ravitaillement (1h41). J’ai suffisamment d’eau et de quoi manger. J’en ai même encore plein les mains. J’ai avalé un gel tout à l’heure, enfin ce qu’il en restait car l’emballage a cédé et je me suis retrouvé avec les mains aussi engluées qu’un oiseau piégé par le mazout dans une marée noire. L’écran de mon tactile a apprécié la plaisanterie.

J’atteins le point de séparation des deux parcours en 2h03, la barrière horaire étant fixée à 2h30. Ca va, j’ai de la marge. Des expériences malheureuses, pas si lointaines, m’ont appris à me méfier de cette épée de Damoclès qui menace les coureurs trop lents. J’étais d’ailleurs passé de justesse en 2008. Il faut croire que j’ai fait quelques progrès depuis. Aucune hésitation quant au choix du parcours : je commence à être chaud, les jambes sont fraiches, il serait indécent de ne pas en profiter.

Profil

Une fois n’est pas coutume, nous empruntons l’escalier de Poleymieux dans le sens de la descente. Je prends mon temps, j’adore cette vue sur le cœur des Monts d’Or depuis les hauteurs du village. Et puis ce n’est pas la peine de trop s’exciter, la montée à la Croix Vitaize qui va suivre est à classer dans le genre : je calme rapide. Biscotte profite de cette grimpette pour me passer un coup de fil et s’enquérir de la forme du bonhomme. Un coup de fil de la Biscotte, c’est un truc du genre rare et précieux car le compère est un poil surbooké en ce moment. Malheureusement, je me vois très vite dans l’obligation d’écourter notre conservation. C’était cela ou l’asphyxie. Argh, pour une fois que je l’avais l’animal.

Le réveil de la bête va se faire dans la grimpette du Mont Thou. J’ai rejoint l’ami Taldius que j’avais en ligne de mire depuis un moment. Mes proches compères le savent bien, se faire rattraper par un Arthur n’est jamais très bon pour la suite des événements et encore moins lui montrer un quelconque signe de faiblesse. Ca réveille sa fibre compétitrice, son curseur mental grimpe au zénith et son côté obscur apparaît au grand jour. Vous voilà avec un garnement sur les bras qui ne pensera dès lors qu’à vous maraver, vous fumer dans la joie et la bonne humeur. On n’est quand même pas des sauvages, j’ai parlé un moment avec Taldius avant d’augmenter progressivement l’allure. Il me le pardonnera, il sait que c’est dans ma nature d’être joueur.


L’escalier de Poleymieux, un classique du trail des Cabornis.

Le second effet impulse me sera offert sur un plateau par l’ami Tidgi. Je suis surpris de le trouver au second ravitaillement (3h36). Lorsque vous rattrapez quelqu’un c’est qu’il va moins vite. Une lapalissade ma foi fort motivante. Le bougre de Tidgi n’est pas dupe et il s’empresse de quitter les lieux sans attendre son petit camarade. Je suis obligé de le laisser filer, je dois impérativement faire le plein de liquide et les provisions offertes à mes yeux et à mon estomac sont trop tentantes. Je ne vais quand même pas zapper deux ravitaillements dans une même course. Je reste tout de même très raisonnable : un bout de cake, quelques morceaux de fromage et un verre de coca pour pousser le tout. Je n’ai pas gouté à la soupe. Sur ce genre de course, courte et rapide, je ne suis pas sûr d’apprécier le ballotement d’un excès de liquide.

Il aura résisté longtemps le compère Tidgi. Il avait pris un peu d’avance mais je me suis rapproché de lui peu à peu. Suffisamment pour lui annoncer que j’allais le gober tout cru sous peu. Bon c’était dit autrement mais l’idée était là. Cause toujours, ce bougre de Tidgi n’a pas daigné me répondre et s’est mis à courir dans la pente ! M’enfin, comment voulez-vous maraver tranquillement s’ils se mettent à courir en montée ! Tazounet faisait au moins l’effort de s’arrêter sur le bord du chemin pour un fumage dans les règles de l’art. Cela n’aura pas suffi pour qu’il échappe à un Arthur vorace. Après « Arthur Poletti », me voilà affublé d’un « Arthur le killer » par l’ami Tidgi.


Franchement, c’est pas un régal de crapahuter sur les sentiers des Monts d’Or ?

Je suis dès lors fort occupé par le compère Stéphane que j’ai déjà croisé à plusieurs reprises sur des courses de la région comme l’Hivernale des Coursières, et qui me suit à la trace depuis le ravitaillement. Oui, je sais, cela fait beaucoup de compères, mais c’est pour cela que j’aime courir. Il est résistant l’ami Stéphane et pourtant il a dans les gambettes les 33km du Défi Vellave auquel il a participé le weekend précédent.

Coquin que je suis, j’avoue avoir accéléré le pas à plusieurs reprises, profitant des opportunités du terrain ou du champ libre qui s’offrait à moi après avoir doublé un autre coureur. Bref, j’étais rudement joueur sur le coup. Mais rien à faire, Stéphane restait scotché à mes pas. Un sacré mental le compère pourtant il m’a avoué un peu plus tard que je l’avais quelque peu malmené et qu’il avait souffert.

Nous avons fait la suite du parcours quasi intégralement en courant. Enfin presque, parce que j’ai tout de même craqué une ou deux fois en passant en mode marche, ce qui n’était pas pour déplaire à mon compagnon. Mine de rien, c’est exigeant de jouer à la locomotive. Et puis il y a eu le dernier mur vers le 36eme kilomètre qui ne pouvait guère être franchi autrement qu’en marchant. J’en connais un qui pousse un peu le vice à mettre des murs comme ça si proche de l’arrivée !

Dans la descente finale, j’ai senti que le lascar était tenté de prendre les commandes. C’est que ça vous mettrait presque la pression ! Me voilà obligé de donner de ma personne, d’accentuer la cadence, d’allonger le pas, pour rester en tête. Hum, ça va faire mal aux cannes demain ces conneries. Mais pour le moment on s’en fout, on est bien, on se fait plaisir.

En arrivant dans Chasselay, me voilà quasi instantanément en panne sèche. Plus rien dans les guiboles, j’ai trop donné, il y a des limites. Ma vitesse en prend un coût. C’est quand même con de faiblir comme ça à une centaine de mètres de l’arrivée. Stéphane l’a bien senti, le bougre reprend des couleurs et passe tranquillement en tête. M’enfin, il ne va pas quand même pas me planter juste avant l’arrivée. Non, monsieur a une conscience, ouf.

Une dernière ligne droite et c’est ensemble, main dans la main que nous franchissons la ligne d’arrivée. Tiens, il devait me rester encore quelques forces, suffisamment pour crier ma joie d’arriver en tout cas. 5 heures et 44 petites secondes. Il m’aura bien boosté l’ami Stéphane. Un grand merci à lui pour ces moments partagés.


Sont quand même vachement moulants les cuissards Quechua ?!

Un beau parcours, une météo agréable, tout plein de copains et un repas convivial à l’arrivée. Que du bon quoi. Un grand merci aux organisateurs du trail des Cabornis pour cette belle journée. Un grand merci à Running Conseil pour les dossards offerts. D’après les retours que j’ai eus, les heureux gagnants ont apprécié leur cadeau. Merci à toi Arnaud.

Quant à l’aspect purement sportif, je suis plutôt content. L’entrainement semble porter ses fruits. Faire un peu moins de compétitions ce début d’année m’a permis de mieux m’entrainer. D’autant que je n’ai pas le moindre petit bobo pour ternir le tableau comme en 2011. La longue période de repos après la LyonSaintéLyon a été bénéfique. La route pour le trail Verbier St-Bernard est encore longue mais on peut dire que cela commence bien.

Bref, que du bonheur.

Arthurbaldur. :)


La ceinture porte-bidon en cadeau.

Récapitulatif :
Temps : 05h00’44 »
Classement : 93/186.
Classement VH1 : 36/71
Distance : 40 km
D+ : 2045 m

Le site : Le Trail des Cabornis
Les résultats : Cabornis 2012 … Résultats et compte rendu

Quelques photos :

Trail des Cabornis 2012

18 Responses to “Le Trail des Cabornis, le 11 mars 2012”


  1. Pat dit :

    Ouais c’est clair, hyper moule b… euh, hyper moulant les cuissards Quechua !

  2. tidgi dit :

    Encore bravo l’ami. Je ne peux que m’incliner.
    Je l’espère pas trop longtemps… ;-)
    Tout bien parti pour le Verbier çà.

    Et… à charge de revanche :-)

  3. Tercan dit :

    Joli joli, course bien menée !!!
    Place maintenant aux Allobroges !!! et au Verbier !!!
    miam miam :)

  4. Arthurbaldur dit :

    @Pat
    Je suis passé au t-shirt manche courte, mais j’ai quand même hésité à sortir le short dimanche. Il faisait un peu frais le matin et le cuissard est quand même vachement plus « chaud » … ;-)
    Et puis Arnaud me trouvait palot, alors en short … bonjour le cachet d’aspirine ! :lol:

  5. Arthurbaldur dit :

    @Tidgi
    On comptera les points le 1er au soir … :lol:

  6. Arthurbaldur dit :

    @Tercan
    Pas encore, il y a une autre petite balade avant les Allobroges (Lyon Urban Trail) … Quand même plus de 6000 marches au programme. :-P

  7. Arclusaz dit :

    Avec les photos, c’est bien aussi !!!
    dommage sur la dernière, on voit le doigt du photographe : ne jamais confier ce genre de mission à un amateur !!!

    bien content de t’avoir vu en cette belle matinée.
    Bravo pour la course et le CR.

  8. Pat dit :

    A se demander si tu ne passes pas plus de temps que moi à choisir ta tenue pour courir !!!

  9. Libellule dit :

    Comme d’habitude, un superbe récit.
    Tu as su trouver les bons mots pour décrire la beauté des paysages traversés avec leurs embûches, ainsi que l’excellente ambiance qui y régnait.
    C’est certain que c’est une course à reporter sur l’agenda 2013.

  10. Taz le Diable dit :

    Pfiouuu, je suis fatigué rien qu’à te lire ;)
    Content de voir que ta balade s’est bien passée, je languis la prochaine fois qu’on va pouvoir papoter ensemble, avant le départ et après l’arrivée !!!! :P

  11. Oslo dit :

    Eh bien je vois que tu t’es trainé la b… euh non je déconne :))
    Vous avez eu beau temps en plus, ce qui n’est pas pour gâcher l’affaire. Superbe course, à 2 pas de la maison, j’y reviendrai certainement un jour quand je remettrais les pieds sur les sentiers.
    Te voilà maintenant lancé à la conquête des « longues classiques alpines » de l’été ! Forza ! :)

  12. Arthurbaldur dit :

    @Arcluse
    L’amateur a bien travaillé. On lui pardonnera avec la plus grande indulgence son petit loupé. ;-)

  13. Arthurbaldur dit :

    @Pat
    A ma décharge, mon placard abrite plus de fringues de sport que de costards … Je n’ai que l’embarras du choix pour aller courir. :)

  14. Arthurbaldur dit :

    @Libellule
    Merci Libellule. Au plaisir de te revoir sur les sentiers des Monts d’Or ou ailleurs … :)

  15. Arthurbaldur dit :

    @Tazounet
    Un peu de fatigue, c’est du tout bon pour les neurones. Il y en a même qu’en profite ensuite pour faire la sieste …
    Avant, après … mais on papotera aussi un moment quand je te retrouverai au bord du chemin après St-Privat d’Allier … :lol: :mrgreen:
    J’ai hâte qu’on se partage une p’tite mousse. Quelle idée de s’expatrier aussi … :)

  16. Arthurbaldur dit :

    @Oslo
    Reste encore un peu de temps avant les grandes classiques … On va déjà commencer par tâter de l’escalier. Tu t’es décidé à venir le 1er ? Ca ne devrait pas trop te poser de problèmes de récup vu ton volume kilométrique et un peu de renforcement musculaire naturel est toujours bon à prendre. ;-)

  17. Elcoach01 dit :

    Super CR Arthur !
    Quelle course ce trail des Cabornis ! Qu’est-ce que c’était dur ! Et pourtant je n’ai fait que le 25 km ! Les pentes sont terribles, rien à voir avec la SaintéLyon.
    Il me semblait t’avoir reconnu pendant la course, c’est moi sur la 3e photo avec le dossard 231.
    Serait-il possible de m’envoyer cette photo par e-mail histoire de garder un souvenir de cette magnifique course ?

    Sur ce, bon courage pour la suite de tes aventures et à bientôt sur les sentiers.

  18. Arthurbaldur dit :

    Merci m’sieur.
    C’est clair que c’est un poil plus rugueux pour ce qui est du dénivelé et qu’il faut un minimum de préparation si on ne veut pas faire connaissance avec les crampes. Pas de problème pour la photo, je te la fais parvenir … :)


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