Les Foulées Fleurinoises 2013

Il est de ces courses auxquelles on ne pense pas forcément quand on prépare sa planification annuelle.
Peut-être est-ce dû à leurs caractéristiques plus modestes (distance, dénivelé) bien éloignées des grands rendez-vous montagnards de l’été, ou bien au manque d’exotisme des paysages de nos proches campagnes, ou bien encore à une communication sur l’événement plus limitée, faute de budget ou par volonté délibérée de conserver une épreuve à dimension humaine.

Et voilà qu’en bon larron vous profitez d’une occasion pour participer à l’une d’entre elles. La météo s’annonce bonne, les copains seront présents, bref vous auriez tort de vous priver, un peu d’exercice, c’est toujours bon à prendre !

Et là surprise! Cette petite course nature sans prétention se révèle à vous comme la plus précieuse des pépites. Quel bonheur ces Foulées Fleurinoises !

Passons rapidement sur l’organisation, elle est sans faille, que dire de plus ?
Ici tout est simple, sans galère et cela commence dès votre arrivée par un parking dimensionné à la juste mesure de l’évènement. Un simple détail certes mais agréable. Vous descendez de votre voiture et vous voilà plongé dans une nouvelle dimension, un monde où l’orange est maitre et où la chouette s’active en plein jour. Vous êtes entouré d’une multitude de bénévoles aux couleurs de l’AJC (club organisateur). Ca s’affaire, ça vous sourit, ça vous accueille dans la joie et la bonne humeur. Plus tard, ces mêmes bénévoles ne ménageront pas leurs efforts pour vous encourager tout au long du parcours. Bons sang, mais combien sont-ils ?

Chouette parmi les chouettes, l’organisateur, David Billot, vous accueille à son tour, la main tendue, un large sourire éclaire son visage. Vous êtes un VIP ? Un ami de longue date ? Non, chacun d’entre nous bénéficie de ce même allant, de cette même générosité.

Les Foulées Fleurinoises

Le retrait des dossards est une affaire promptement menée sous la houlette de quelques bénévoles. Compère Oslo, boulimique de km s’il en est (plus de 7000 km annuel), a même renoncé à quelques séances de footing pré-spartathlon pour venir officier derrière le comptoir. Content de t’avoir revu l’ami.

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas participé à une épreuve aussi courte. C’est fou ce que le peloton est différent de mes dernières courses. Je me suis fait plusieurs fois cette réflexion sans arriver à cerner le truc. Facile pourtant, c’était blindé de féminines ! Une sur quatre coureurs. Je n’ose même pas évoquer ici le ratio constaté sur mes derniers ultras …

Le parcours de la course est fort sympathique. Plutôt varié avec une alternance de passages en sous-bois et de passages à découvert qui nous ont offert de beaux points de vue sur les environs. Des chemins plutôt roulants, quelques passages sur bitume et un ou deux points plus techniques qui demandaient un peu plus de vigilance … enfin technique on se comprend. Et bien dosé avec un dénivelé raisonnable. Comprendre : les montées ne sont pas bien grosses, pas bien pentues, mais purée, qu’est-ce qu’on les sent quand on va vite !

Pour ce qui est de ma course elle-même, force est de le constater, le physique n’est pas à la hauteur des espérances du bonhomme. J’ai bien tenté de suivre compère Tidgi mais l’affaire a vite tourné en eau de boudin. Deux kilomètres de course et les jeux étaient faits : mes gambettes avaient toutes les caractéristiques d’un coton-tige, avec beaucoup de coton et sans la tige. Compère Jean-Yves s’est empressé de me faire subir le même sort un peu plus loin avec toute la délicatesse et la retenue qui le caractérisent : on parle un moment avec son compère, on s’enquiert de sa forme et on s’assure qu’il va bien avaler la prochaine Valda. Au premier ravito le bougre avait déjà une bonne longueur sur moi. Bon, je ne peux pas leur en vouloir : se faire maraver par Arthur, c’est leur hantise. Ils savent par expérience qu’ils vont l’entendre souvent et fort longtemps.

Rien de bien extraordinaire dans les minutes qui suivirent, je déroulais tranquillement mes gambettes quand la pente était favorable et je tentais de survivre dès lors qu’elle s’inversait, en m’occupant l’esprit : un crewstach, deux crewstachs … mince, aucune crewstouffs aujourd’hui ?

Les Foulées Fleurinoises

Le fait marquant du jour s’est produit un peu plus tard à quelques encablures du second ravitaillement. Une ombre, légèrement en retrait sur ma droite, je tourne la tête … « Coucou ! » Oh purée ! Le traitre ! L’infâme ! C’est le sieur Blache ! Pris en flagrant délit, en pleine tentative de poutrage sur ma personne. Le félon a tenté d’appliquer sans vergogne une de mes tactiques préférées : une approche discrète de la cible avant de sonner l’hallali sous la forme d’un « Coucou mon poulet ! » du meilleur effet. Le cri qui tue, secret des initiés, son impact est terrible sur le mental du maravé. Heureusement pour moi, cette jeune pousse ne maitrise par encore toutes les arcanes de l’art pédestre. La connaissance n’est rien sans l’expérience, dit-on. L’effet escompté n’est pas au rendez-vous. Sans doute la conséquence d’une formule incomplète (ne pas négliger l’importance du poulet quand il est question de vitesse) ou plus sûrement le fait d’une certaine vigilance de ma part. Vue ma propension à trainer les pattes en montée, je surveillais inconsciemment mes arrières.

La performance ne serait qu’une affaire de motivation ? On pourrait le croire. Les jambes sont toujours aussi flagada mais la tête refuse le moindre compromis. Allez, on se bouge, y a urgence !
Me voilà contraint de faire fissa au second ravito, un comble ! J’accélère un poil l’allure pour déposer l’inopportun. Mince, coup dur : non seulement le Blache est toujours présent mais il parle toujours !
Le bougre, son entrainement pour la Réunion porterait-il ses fruits ?

Bien obligé de se sortir les doigts … Pas très classieux, je le concède. Promis, je n’imagerai pas mes propos. Nicolas a fini par céder face à une telle supériorité arthurienne. Je ne baisse pas la garde pour autant, il reste un petit coup de cul (encore) dans un sentier raviné (j’ai reconnu le finish avec Tidgi lors de l’échauffement). La boîte à coucou ne réapparait pas. Du tout bon pour moi.

Le tintement de la cloche annonce le dernier kilomètre. Je me sens pousser des ailes, l’heure de la mousse approche. Je fais le forcing sur le final pour dilapider mes dernières forces et gagner une petite place au scratch (vraiment désolé mais faut pas me tenter) et c’est le passage sur la ligne d’arrivée dans la salle même du gymnase.

Bigre, ça nettoie bien les bronches cette histoire. Je suis même obligé d’aller m’allonger quelques secondes pour récupérer ! Purée, elle est bien loin l’époque des cross à la Feyssine !

Nicolas est arrivé quelques minutes, pardon, quelques secondes après moi. Mince, seulement ? Sa félonie a vite été pardonnée à grand renfort de Vouvray : il fêtait son anniversaire. Il sait nous parler cet homme-là, preuve s’il en est, qu’il maitrise certains sujets.

Les Foulées Fleurinoises

Assez parlé d’effort, place au réconfort. Quelques tables ont été installées dehors, à proximité de la buvette. On peut refaire les niveaux en encourageant les derniers arrivants et en profitant de la chaleur d’un soleil généreux. Le pied. Revenons à la qualité de l’organisation à travers celle du mâchon. Pâtés en croûte, saucissons, salades diverses. Tout cela fleure bon les produits régionaux et la bière offerte (je devrais dire les) vient compléter un tableau déjà idyllique.

Une chouette matinée, de chouettes bénévoles, une chouette course alors en quittant le petit monde de la l’AJC Fleurieux, un seul mot nous vient à l’esprit :

Merci. 🙂

Récapitulatif :
Temps : 01h12’16 »
Classement : 109/367.
Classement VH1 : 44/108
Distance : 14,35 km
D+ : 290 m

Le site : Les Foulées Fleurinoises

Les Foulées Fleurinoises
Le bonnet et les gants en cadeau. Il y avait aussi des barres de céréales, des pâtes de fruits et des fruits secs … mais j’ai tout mangé !

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