
Heureusement, il y a le bronze !
Enfin ! J’ai fini par l’obtenir cette fameuse SaintéLyon de bronze … J’ai bien cru qu’elle allait encore me filer entre les pattes la miss désirée. Je peux vous garantir que le cerveau du bonhomme a été mobilisé plus qu’il ne faut pour tenter de résoudre ce qui s’apparente aux classiques problèmes de math de nos chers bambins … Combien de temps faut-il au coureur pour rejoindre l’arrivée à une distance de 20km sachant qu’il est en mode larve ? J’ai le droit à une petite pause pipi ? Est-ce que je n’ai pas relancé un peu tard au sommet de cette bosse ? Dites monsieur le cerveau, j’ai le droit de marcher un petit peu ? Rien qu’un instant ! Non ? Bon, ben on continue alors … Le calcul mental, c’est terrible pour les neurones quand on patauge dans la boue.
Et le chrono, qu’est-ce qu’il dit le chrono ?
Je l’ai amélioré de 24 minutes cette année. C’est un peu moins que les 32 minutes de gain de l’année dernière mais tout de même suffisamment significatif pour satisfaire mon égo de compétiteur. J’espère bien d’ailleurs ne pas en rester là. Une progression par « petite touche » chaque année, il n’y a rien de mieux pour la satisfaction du coureur. Un vrai petit Sergeï Bubka du trail running … Ah, quand je pense à ces petits jeunes qui font des performances démentes dès leur première participation … Forcément, c’est tout de suite plus difficile pour la seconde, on hésite, j’y vais, j’y vais pas, on fait la fine bouche pour se justifier, trop de bitume, trop de monde, trop nuit … Non, non la véritable qualité du vétéran, c’est une progression paisible, la force tranquille quoi (argh … déjà utilisé). Allez, pour l’édition 2009, je compte bien raccourcir encore la balade d’une vingtaine de minutes. Il ne faut pas être trop gourmand, l’argent ce sera pour plus tard ; 2010 par exemple. D’ailleurs je travaille dès à présent le renforcement de mes chevilles … Elles gonflent, elles gonflent … Bon j’arrête là le délire : certains pourraient me prendre au sérieux. Et puis il faut malheureusement relativiser ce gain, la course a été raccourcie de deux bons kilomètres (voir trois) par rapport à l’édition 2007 … Bref autant dire que je n’ai pas dû améliorer bien grand chose. 
J’estime que le gain est de l’ordre de 15 minutes maximum en me basant sur le temps intermédiaire de Soucieu en Jarrez.
Classement ? Vous avez dit classement ?
Il est loin d’être brillant.1334ième au classement général pour 900 annoncé, je suis loin d’avoir atteint l’objectif espéré … Qu’est-ce qu’ils ont tous eu à vouloir me doubler comme ça ! Même mes compères du jour (la majorité en tout cas) se sont fait un malin plaisir à corser l’objectif en finissant allègrement devant moi. Bon à ma décharge, il y a quand même eu 485 finishers de plus que l’année dernière avec un nombre record de 3237 coureurs ayant franchi l’arche d’arrivée et j’ai quand même eu le plaisir de finir dans la première moitié du peloton. Pas si mal, mais j’aurai aimé pouvoir pourrir au sprint l’ami Oslo. Que voulez-vous, on y prend goût. Il m’a privé de mon petit plaisir ce garnement. Yan42 a été plus compréhensible sur ce coup là. T’es un vrai frère Yan …
Et la course dans tout ça ?
Je l’apprécie toujours autant. J’aime le tracé lumineux des frontales dans la nuit. J’aime quitter progressivement la ville et découvrir peu à peu l’église de Sorbier sur les premières hauteurs du parcours. J’aime cet instant où l’on abandonne pour la première fois le bitume et son éclairage urbain, ce moment magique lorsque toutes les frontales s’allument enfin. J’aime défier la boue omniprésente, les flaques qui apparaissent subitement sous mes pas, les ornières et autres difficultés du terrain. J’aime cette transition entre le silence de la nuit et l’effervescence des relais, ce passage du noir à la lumière qui parvient à mettre en valeur un simple et banal terrain de foot. J’aime apercevoir les lumières de ma ville au loin, la rejoindre au petit matin. J’aime être immergé dans le flot des coureurs, un moment solitaire dans ma bulle, puis partageant un regard, quelques mots, perdant un compère, en retrouvant un autre mais toujours avec ce sentiment de communion dans l’effort. J’aime voir passer les relais, cette course dans la course, je me décale sur la droite, je regarde le dossard au numéro rouge s’éloigner rapidement, je suis au spectacle.
Ce n’est pas un vrai trail, ni une course sur route, le terrain n’est pas technique, le dénivelé bien faible, les paysages n’ont rien de fabuleux et de toute façon on ne les voit pas mais je l’aime et je sais l’apprécier car j’accepte ce qui fait sa spécificité. C’est ma course de village. Celle à laquelle on participe d’année en année. C’est la doyenne de l’ultra, c’est la SaintéLyon.
Mais le meilleur dans tout cela, c’est l’humain !
La SaintéLyon c’est aussi/surtout cela. L’occasion de rencontrer ses semblables. La course s’y prête à merveille. Il y a d’abord cette longue attente d’avant course dans le Hall d’Exposition de Saint-Etienne, lentement rythmée par les différentes phases qui nous mènent progressivement au départ. Retrait des dossards, dernier repas, séance d’habillage, dépose des sacs coureurs, séance photo autant d’occasion de papoter dans la bonne humeur. Et puis, beaucoup plus tard, c’est l’arrivée, chacun d’entre nous en termine avec son périple et on se regroupe peu à peu. C’est le moment d’échanger nos impressions, de refaire sa course. Nous sommes plus ou moins satisfaits de notre résultat mais nous sommes allés au bout du défis, on a relié Saint-Etienne et Lyon dans la nuit en plein mois de décembre, parcouru près de 67km, on est finisher.
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