La LyonSaintéLyon, le 4 décembre 2010 : l’aller


Franchement, c’est pas le pied ?
Mon équilibre est précaire, j’ai peur de chuter, d’avoir mal. Je m’accroupis. Les pieds joints, je me laisse glisser tant bien que mal dans la pente verglacée à la suite d’un compagnon d’infortune. Je suis fatigué, peu à l’aise dans cet exercice casse-gueule. Ooooooooh, je vais trop vite … Une branche providentielle freine ma course. La collision qui semblait inévitable n’aura pas lieu. Je me relève rapidement, mes jambes flageolent. Au milieu du chemin, deux coureurs progressent sur les fesses jouant la carte de la prudence. Leur amour-propre n’est pas leur priorité du moment. D’autres jouent les Weissmuller et passent d’arbre en arbre en s’agrippant aux branches. Deux faisceaux lumineux me dépassent rapidement et déboulent dans la pente en se jouant du terrain. Gauche, gauche … Des relais. Comment font-ils ? Le tableau est surréaliste !
J’ai une révélation, un éclair de lucidité : je suis barge ! Tandis que le genre humain est profondément endormi, blotti dans la douce chaleur d’une couette, je suis là, dans la rigueur d’une nuit hivernale au plus profond du bois d’Arfeuille à glisser sur ce chemin pentu transformé en piste de bobsleigh. Et le pire c’est que j’aime ça ! Je suis un grand malade et contagieux de surcroît pour avoir entrainé à ma suite sept camarades de jeux dans ce long périple qu’est la LyonSaintéLyon.
| La genèse |
Mais revenons quelques mois en arrière, à la genèse du projet. En 2006, lors de ma première SaintéLyon, j’ai découvert l’existence de la LyonSaintéLyon. J’étais en train de papoter tranquillement, assis sur les gradins dans le hall d’exposition quand on me révéla l’existence de ce off. Dès 2003, sous l’impulsion de Yoyo, des coureurs gentiment fondus du ciboulot avaient effectué l’aller Lyon-Sainté à pied pour se rendre au départ de la course officielle. Des fondus ou plutôt des ultrafondus puisque tous étaient membres du forum éponyme. Le mythe était né. Ce jour-là, j’ai tourné la tête à plusieurs reprises en direction des portes du hall en attendant le départ de la course mais rien, pas d’UFO cette année. Il n’y a pas eu de LyonSaintéLyon en 2006. Et pourtant, c’est bien une part de rêve qui m’a été offerte ce jour-là.
En 2009, Biscotte m’a suggéré de faire l’aller-retour avec lui. Je n’y avais jamais songé ! La LyonSaintéLyon, c’était une légende, un truc pour faire rêver les grands gamins que nous sommes, une histoire qu’on se raconte le soir à la veillée autour du feu, tout sauf un truc tangible. Biscotte a entrouvert la porte, je m’y suis engouffré avec empressement. Ce 4 décembre 2009 fut le passage du rêve à la réalité … je peux vous dire que je l’ai senti passé ! ![]()
Cela dit, j’ai vraiment apprécié la balade d’autant que j’ai eu la fierté d’être le seul finisher cette année. Premier de la LyonSaintéLyon et quasi dernier de la SaintéLyon !
En 2010, j’ai décidé d’inviter d’autres personnes à partager la balade en ma compagnie. Les objectifs étaient multiples : l’envie de partager cette expérience avec d’autres coureurs connus ou inconnus d’une part car une passion n’a de sens que si elle est partagée. Et d’autre part offrir à mon tour à d’autres Arthurs en puissance leur part de rêve. Après avoir découvert la doyenne, chacun découvre qu’il peut s’offrir une double ration du mythe s’il le désire, quoi de plus motivant ?
Et puis on ne sait jamais, on murmure que l’aller-retour pourrait devenir officiel à l’occasion du 60 eme anniversaire de la course. Si c’est le cas, je serai prêt !
Rassembler un groupe de 8 personnes n’a pas été une mince affaire. Les coureurs assez barges pour courir 136 km en plein hiver pour le simple plaisir de l’effort et la beauté du geste ne sont pas légion. Bon, c’est vrai que la LyonSaintéLyon est légèrement plus confidentielle que la doyenne malgré mes efforts pour communiquer à son sujet. Le jour où l’on verra des 4 x 3 pour la LyonSaintéLyon dans les rues de Lyon, j’aurai du soucis à me faire, il ne faut surtout pas que je dépasse les 500 coureurs ! ![]()
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Je suis né en 1965 … vétéran déjà, marié, 3 filles. Mari et papa comblé ! Voilà ça c’est pour l’état civil. 