Maravage et fumage sont les deux mamelles du cross …

Après ma balade de 33km dans le Pilat à l’occasion du Pilat Winter Raidlight Trail, me voici de retour sur un cross. Ma deuxième participation dans cette discipline après le Cross des Papillotes. C’est qu’on y prend vite goût à ces petites plaisanteries. Ca fait mal aux cannes, les poumons sont en feu mais purée qu’est-ce que c’est bon de se défouler tous en cœur dans la joie et la bonne humeur. J’ai l’impression de retrouver la cours de récré quand j’étais gamin. Il n’y a rien de plus ludique qu’un cross. C’est quand même surprenant qu’il y ait si peu de non licenciés dans les pelotons.

J’ai tendance à me transformer en diesel depuis que j’ai toqué à la porte de l’ultra. J’essaye de travailler un peu ma vitesse ce début d’année pour limiter les dégâts. Participer à quelques cross, c’est du tout bon.

N’étant pas licencié, je n’étais pas sûr de pouvoir participer à une épreuve ce dimanche. J’ai bien envoyé un mail à l’Office des Sports de Villeurbanne pour en savoir plus mais il est resté lettre morte. Pas la moindre petite réponse de l’osvilleurbanne. Allo, il y a quelqu’un ? L’ASVEL a été nettement plus efficace sur le coup. Je remercie Julien Langlet (Coach Athlé Santé à l’ASVEL) pour toutes ses précisions. L’épreuve n°5 est un cross populaire de 2300m non chronométré et sans classement, c’est bien ce que je craignais. Mais je découvre avec soulagement que l’épreuve n°1 est ouverte aux non licenciés. C’est une épreuve d’une longueur de 5150m ouverte aux catégories de junior à vétéran.

Claire, ma fille aînée, sera également de la partie en catégorie minimes pour une épreuve de 2650m. Elle va pouvoir venir supporter son papou pour une fois. Quand je dis supporter, c’est à sa façon. « Papa, on dirait que tu vas vite en te regardant mais quand on voit les résultats, t’es plutôt lent … ». Merci pour ma pomme. Bon, dans le fond, elle n’a pas tort mais pour ce qui est du tact, elle a une belle marge de progression.

J’ai fait des misères à mon cochon rose la veille pour m’offrir les indispensables chaussures de cross. Depuis le temps que j’avais envie de labourer le terrain avec des pointes … Je les ai. Les mêmes que Tazounet. Des Adidas RLH Cross assorties à mon maillot finisher des templiers. Une chaussure blanche qui ne devrait pas le rester longtemps et une noire comme le grand blond sauf que je suis brun. J’inaugure mes pointes de 15mm flambant neuves parce que je le vaux bien et que Tazounet me les a conseillées.


Un p’tit vin chaud pour se requinquer après l’effort. Ca le fait ! Merci Jean-Yves.

Nous arrivons sur place une petite heure avant avec Claire. Le cross a lieu dans le parc naturel urbain de la Feyssine d’où son nom somme toute logique. Le parc est composé d’une peupleraie dans sa partie ouest et d’une grande prairie à l’est. Une piste cyclable et quelques chemins piétonniers permettent de s’y promener. Le parc semble tout à fait plat de prime abord mais il est en fait parcouru dans sa longueur par deux fossés, des anciens canaux qui servaient de réserve d’eau pour la nappe phréatique. On ne peut pas employer le mot dénivelé mais il y a de bons coups de cul à franchir pour descendre et remonter ces fossés.
Les parcours sont constitués d’une petite boucle de 800m et d’une grande boucle de 2050m auxquelles viennent s’ajouter les 150m du départ et les 100m de l’arrivée.

Pour corser la difficulté, dame nature a recouvert le terrain d’une fine couche de neige et les chemins sont légèrement verglacés. Quelle délicate attention.

Après les traditionnelles interrogations des bénévoles face à mon Pass’Running. Oh, mais qu’est-ce que c’est ? Et c’est délivré par la FFA ? Vous habitez chez vos parents ? J’obtiens mon sésame sous la forme d’un classique dossard.

Nous aurions bien squatté la tente de l’AC Tassin pour poser nos petites affaires mais celle-ci semble avoir été victime de la crise. A défaut, un marabout surmonté d’une pancarte « regroupement marche nordique » fera l’affaire. Il fait beau aujourd’hui mais le soleil a bien du mal à faire remonter les températures. Purée ce que ça caille.

Je délaisse Claire pour partir m’échauffer. J’en profite pour reconnaître le tracer. Il y a de belles lignes droites propice aux performances mais elles ont été régulièrement « cassées » par les organisateurs avec des petits crochets ou en jouant sur les accidents du terrain. Ca va être un régal. A mon retour, je passe un petit bonjour à Manu, un coach de l’AC Tassin et à Catherine Dubois qui doit également participer à l’épreuve.

Il est temps d’essayer de faire quelques longueurs avec les pointes. Hé pas mal. Je suis littéralement scotché au terrain. C’est vraiment le top dans la prairie recouvert de neige mais je m’aperçois vite que c’est nettement moins bien sur le chemin caillouteux qui longe le Rhône au départ. Les pointes ne s’enfoncent pas dans le sol et crissent sur les cailloux à tout va. Tu parles d’un raffut. Je préfère encore courir en Yaktrax sur du bitume.
Jean-Yves et Nathalie sont arrivés entre temps. Monsieur a opté pour des pointes de 9mm. Je suis tenté pendant un moment de piquer celles de Claire (du 12mm) le temps de ma course mais je laisse finalement tombé. Ca ira bien pour les gens que c’est …

La course des hommes :

C’est parti pour la course des hommes, des durs, des vrais, des tatoués … Il y a de tout, des grands, des petits, des tondus, des chevelus, des jeunes et des moins jeunes avec une belle fourchette d’âges de 18 à 68 ans ! Tous sur la même ligne. A vrai dire, je suis plutôt en seconde ligne avec d’autres coureurs prudents. Il s’agit de ne pas se faire piétiner au départ par les plus fougueux d’entre nous. Même avec des pointes de 9, ça doit faire mal.

Nous voilà sous les ordres du starter. « Messieurs, une petite boucle puis deux grandes boucles … ». PAN. C’est parti. On quitte l’aire de départ pour emprunter le chemin qui borde le rhône. Ca va vite. Je regrette de ne pas mettre échauffé un peu plus. C’est dur au début. Il faut trouver son allure, stabiliser un cœur qui n’a pas compris ce qui lui tombait sur le coin de la gueule. Elle me semble bien longue cette « petite boucle ». Je n’ai aucun repère sur ma vitesse, je n’ai pas pris l’accéléromètre de ma polar. J’imagine être entre mon allure semi et mon allure 10km. Ca fait tellement longtemps que je n’ai pas travaillé ces allures.


Un homme, un dur, un vrai … bon je suis pas tatoué.

Un bout de bois s’est coincé entre les pointes sous ma chaussure droite. C’est plutôt moyen comme sensation rapport au différentiel de hauteur entre les deux jambes … J’arrive tout de même à m’en débarrasser rapidement sans m’arrêter.

Fin de la première boucle. Quelques spectateurs nous encouragent chaleureusement à notre passage. Ca met la pêche. Une bonne giclette d’adrénaline. Et c’est parti pour une première grande boucle.

Je lève le nez pour la première fois depuis le départ. Alors voyons, qu’est-ce que ça dit ? Il y a quelques gars derrière moi mais il ne faut pas rêver, le gros du troupeau est devant moi ! Je pense avoir repéré Jean-Yves. Il est loin devant. Ca me semble dans la logique des choses. S’il arrive à tenir tête à Tazounet c’est qu’il est forcément plus rapide que moi. Il est de toutes façons bien trop loin pour que je songe à revenir sur lui.

A défaut de pouvoir fumer Jean-Yves, je jette mon dévolue sur un tassilunois à ma portée qui me semble être une proie plus facile. A force de les prendre comme cible, on va finir par croire que j’ai une dent contre les petits hommes verts … et blancs. Il n’en est rien je vous l’assure, bien au contraire. Simple conséquence de l’affect qui me relie à l’AC Tassin depuis que ma fille est licenciée dans ce club. Qui aime bien, châtie bien. D’ailleurs, je suis un peu déçu, pas de Jean-Pascal ni de Didier au départ de l’épreuve. Voilà, on prend des coureurs comme repère sur un cross et ils vous font faux bon sur le suivant. Si c’est pas malheureux ! 😉

Elle me plait bien cette boucle. On commence par une bonne ligne droite sur le chemin de halage qui borde le Rhône. Ce pourrait être monotone à la longue mais on le quitte très vite pour un sentier qui le longe sur sa gauche. A l’extrémité ouest du parcours, un petit crochet en épingle dans un talus ajoute un caractère ludique à la trace. Les pointes de 15mm font merveilles dans la pente. J’ai totalement confiance dans mes appuis et j’en profite pour accélérer et doubler. Ca tape un peu dans les cuisses en descendant mais je me régale en remontant. Le coach de Tassin a dit que j’avais des gros mollets, faut s’en servir !

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Le parcours traverse ensuite le parc dans sa largeur. On coupe le cheminement piétonnier en bois, puis la piste cyclable en stabilisé et c’est la descente en dévers dans le fossé de l’ancien canal. Ca c’est du talus qui déchire … A fond ou presque dans la descente en dévers et droit dans la pente pour remonter en face. Tout le monde passe en force, pas question de marcher, il y a suffisamment de plat ensuite pour récupérer et refaire descendre d’un cran le ventilo.

Le retour se fait en grande partie sur un chemin en stabilisé recouvert de neige puis on oblique sur la droite pour longer du mur de soutènement en contrebas du boulevard. Le coach de Tassin encourage ses ouailles à leur passage. « Allez, faut y aller. Il y a des places à gagner. »
Et moi alors, pourrait m’encourager un peu quand même …

Encore quelques minutes et nous repassons devant le gros des spectateurs avant d’entamer la dernière boucle. Ce passage sur la prairie m’offre une belle perspective sur le peloton qui s’étend bien loin devant moi. L’est pas rapide Arthur !

Encore un passage déplaisant avec mes pointes de 15mm qui ne s’enfonce pas d’un iota dans le chemin de halage mais finalement je n’ai quand même pas eu trop à me plaindre de ce choix un peu atypique par rapport aux autres coureurs.

J’ai à nouveau un maillot vert et blanc en ligne mire. Jamais deux sans trois. J’ai une bonne surprise en attaquant le petit crochet en épingle à mi parcours. L’homme au bonnet que j’ai pris pour Jean-Yves en début de parcours n’est pas Jean-Yves ni même son frère rapport à la fable. Il est là, juste en face, en train de remonter la pente. Je me verrais bien endosser la peau du loup et me croquer un cuissot de Jean-Yves mais ça va être chaud pour revenir, il est quand même loin.

J’accélère à nouveau nettement pour franchir le fossé malgré la descente en dévers. La montée rapide de l’autre côté me cisaille les jambes. Le cœur s’affole mais je relance quand même rapidement pour venir me placer derrière un concurrent et me donner le temps de récupérer.
Un coureur plus véloce en profite pour nous passer. Vu sa vitesse je me demande bien ce qu’il fait là ! J’en profite pour relancer la machine. C’est le moment ou jamais de mettre un coup de collier.

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Une vidéo de Adidas Running Partner.

L’effort paye. Je fais la jonction avec Jean-Yves à la fin de la portion qui longe au plus près le boulevard. Je suis juste derrière lui maintenant mais je me garde bien de le faire savoir. S’il fait son effort maintenant, je ne pourrai pas le suivre, j’ai laissé trop de forces sur le bord du chemin en revenant sur lui. Il ne faut pas qu’il me voie. Encore un moment, rien qu’un instant pour récupérer.

On quitte la bordure du parc pour se diriger vers le centre. L’arrivée est pour bientôt, encore une bonne centaine de mètres en ligne droite quand nous auront passé l’ancien puits de captage. Ca va. Il n’accélère toujours pas. Ca va le faiiiiiire … Ne pas partir trop tôt. Ce sera dans le virage autour du puits. Le moment idéal. Purée Jean-Yves, ne pars pas maintenant, je vais te coiffer en beauté sur le poteau. Encore une trentaine de mètres, dix … On entame le virage. Lui devant, moi calquant ma foulée sur la sienne. Il passe à la corde et je le déborde subitement par la gauche dès la sortie du virage. J’y mets toute ma hargne, toute ma rage de vaincre … Quelques secondes d’une folle débauche d’énergie à labourer le terrain. Je ne sais même pas s’il me suit. Je suis peut-être tout seul à sprinter. Je m’en fous. J’aime ça … Et je m’écroule sur les barrières de sécurité à l’entrée du couloir du sas d’arrivée, vidé, nauséeux … il me faudra un long moment pour récupérer.

Je n’ai même pas le courage de remercier tout de suite Jean-Yves pour ce beau cadeau qu’il m’a fait. Un sprint d’anthologie semblable à celui que j’avais partagé avec Biscotte pour la nocturne du trail des 3 Châteaux. J’adore ça. C’est vraiment le panard. La cerise sur le gâteau.

Seigneur Jeanmik est là sur sa monture, un chouette 9.1 XC. Il m’avait promis de passer nous faire un petit coucou. Il est arrivé à temps pour apprécier notre arrivée. « Alors Arthur, c’est plus fort que toi. Tu ne peux pas t ’empêcher ? ».
C’était sympa d’être venu nous voir. D’ailleurs tu es parti un poil trop tôt. On aurait pu trinquer. Jean-Yves et Nathalie m’ont offert un délicieux vin chaud. Ca vous requinque un bonhomme. Merci.

Il n’y en a pas eu un pour filmer mon sprint. C’est bien la peine … Une autre vidéo sur le site www.viva-interactif.com.

La course des Minimes :

J’ai quitté un peu rapidement mes hôtes, mais c’était pour la bonne cause. Il s’agissait de ne pas trop trainer. Le départ des Minimes était pour bientôt. Juste le temps de finir le vin chaud pour avoir les mains libres et filmer le départ. Ca part très vite comme d’habitude. Au programme : 3 petites boucles de 800m ce qui nous donne 2650m avec la portion du départ et de l’arrivée.

Je pensais me faire un petit footing de récup le long du parcours et en profiter pour filmer le passage des minimes à divers endroits du parcours mais je revois l’idée à la baisse. Je suis trop nase pour cela. Je me contenterai de les observer à deux points stratégiques basta.


Les minimes sur la ligne de départ.

Quant à la course, on donne dans le classique. Vickie Audubert a dominé comme d’habitude toutes ses concurrentes. M..de, c’est pas possible ! 8’59 pour faire 2650 m !!! Seul 5 minimes masculin arrivent à lui damner le pion ! Je me ferais mangé tout cru, impossible de tenir cette allure.
Il faut noter l’excellente course de Diane Marie-Hardy de Tassin qui termine à la troisième place. Quand à Claire elle se classe 16ème sur 30 féminines. C’est bien meilleur que son papou mais je sais qu’elle peut faire beaucoup mieux. C’est vrai que l’entrainement n’a pas été simple ces dernières semaines pour divers raisons. C’est dommage, les chronos ne sont donnés que pour les 10 premiers minimes dans les résultats officiels sur le site de la FFA …

Voilà. Encore une bonne journée de passée à patauger dans la neige et la boue du parc de la Feyssine. Un régal ce cross. Je vous le conseille vivement. Et puis je suis assez content de ma course. Mon classement ramené sur une base de 100 est bien meilleur que pour le cross des Papillotes. Mon allure est bonne malgré les petits accidents de terrain qui émaillent le parcours et me laissent espérer une amélioration de mon chrono sur 10km (41’29 » en 2008). Je vais tenter cela le 7 mars à l’occasion des Foulées Tassilunoises, un 10km labellisé.

Courir, ce n’est que du bonheur … 😉

Récapitulatif :

Arthurbaldur :
Classement : 80/114
Classement VH : 33/50
Distance : 5150 m
Temps : 20’52 »
Vitesse – Allure : 14,80 km/h – 4’03 »

Claire :
Classement : 16/30
Distance : 2650 m

Les résultats complets : Le Cross de la Feyssine.

Quelques photos :

Cross de la Feyssine 2010
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