Là où Arthur passe, Biscotte trépasse …

Me voilà de nouveau invité avec grand plaisir par Michel à participer au Lyon Urban Trail. C’est la troisième édition de cette course atypique. Un mélange détonnant d’ingrédients qui ne peuvent qu’attirer le chaland. Le Lyon Urban Trail, c’est de la bombe, c’est ludique, touristique et technique, ça monte et ça descend en permanence au sein des quartiers les plus pittoresques de Lyon. Une occasion sportive unique pour découvrir ou redécouvrir les plus beaux panoramas de la ville.

Et puis le Lyon Urban Trail, c’est mon chez moi. Le tracé de la course emprunte la plupart de mes parcours d’entrainement dans les pentes de Fourvière et sur les hauteurs de St-Foy-lès-Lyon. Je ne me lasse pas de parcourir à la nuit tombée la « colline qui prie » et d’admirer la ville de Lyon illuminée à la faveur des multiples points de vues qui s’offrent aux coureurs ou aux promeneurs. C’est féérique au possible.

Deux semaines après le 10 km des Foulées Tassilunoises et le grand format du Trail des Cabornis, le Lyon Urban Trail vient clôturer un mois de Mars fort chargé en compétitions mais bien maigrichon en kilométrage à l’entrainement. Je me suis rarement aussi peu entrainé qu’au cours de ce mois qui s’achève. Je n’ai pas eu la grande forme entre ces deux compétitions et je me suis contenté de courir environ deux heures en footing, reparties sur trois séances. C’est que les Cabornis ont laissé quelques traces sur un organisme qui a perdu l’habitude du dénivelé et des longues distances depuis la LyonSaintéLyon. Enfin tout est relatif, j’ai quelques bons restes qui devraient me permettre de faire le doublé Cabornis/Lyon Urban Trail sans trop de problèmes.


Hôtel de Ville, place des Terreaux.

Surtout ne pas bousculer mes neurones endormies :

Pour ne pas changer mes bonnes vieilles habitudes, je vais retirer mon dossard la veille histoire de ne pas bousculer inutilement mes neurones endormis le jour de la course. Me voilà parti en direction de la place des Terreaux qui accueille la course depuis l’année dernière. Je suis accompagné de ma sœur qui épinglera son premier dossard sur les 20 kilomètres du format intermédiaire de la course. Quoi de mieux qu’un petit Lyon Urban Trail pour s’essayer à la compétition dans le joie et la bonne humeur.

Nous devions rejoindre l’ami Biscotte mais les aléas de la circulation ont quelque peu compromis notre rendez-vous. Pas de chance, le tunnel de la Croix-Rousse était fermé et les quais de Saône avaient des airs de périphérique parisien aux heures de pointe. J’ai esquivé avec succès le gros des bouchons en passant par les hauteurs de la Croix-Rousse mais je suis tombé sur un os dans la rue Burdeau en tentant de me garer. Je suivais patiemment un camion qui avait toutes les peines du monde à se faufiler dans la rue étroite quand celui-ci s’est tout bonnement arrêté pour dépanner un véhicule probablement en panne. Jusqu’ici, rien de bien extraordinaire sauf que le camion en question n’était absolument pas conçu pour le chargement d’un véhicule. Pas de plateau basculant, ni de rampe d’accès. Ils ont chargé la voiture sur le plateau en force avec un simple treuil … Purée les brutes ! Si la voiture n’était pas une épave, ils ont contribué à ce qu’elle en prenne le chemin …

Dans ces conditions, impossible d’arriver en tant et en heure pour serrer la pince de l’ami Biscotte qui ne disposait que d’un court créneau. Le retrait des dossards avait lieu dans l’atrium de l’Hôtel de Ville. La classe, ils sont bien vus chez Extra-Sport ! A quand les vestiaires et autres consignes dans les salons de l’Hôtel de Ville et les soins d’ostéopathie dans la salle du conseil municipal ?


On va se faufiler un peu histoire de se rapprocher de la ligne de départ.

Je suis accueilli par Jean-François Loison, un collaborateur d’Extra-Sport qui veille au bon déroulement du retrait des dossards et avec qui j’ai eu l’occasion de papoter à plusieurs reprises. C’est des gars biens les Jean-François, moi je vous le dis … D’ailleurs, vous le connaissez probablement, c’est le monsieur qui parle bien ici : Lyon Urban Trail (Génération Trail).
Les formalités de retrait sont vites terminées. Me voici en possession d’un t-shirt technique Asics qui viendra compléter ma collection. Le vert est à l’honneur cette année mais dans une nuance plus foncée que celui de la SaintéLyon. Après le rouge pimpant et le brun très urban style, on va dire que c’est le retour à la nature, un petit clin d’œil au nombreux parcs traversés.

Au vu des inscriptions, je constate que la course a pris un sacré envol cette année. Il y a foule notamment sur le 20 bornes ! Mes compères sont par contre un peu moins nombreux au rendez-vous. La pénurie de Foie gras et de Saint Nectaire se fait cruellement sentir. Grumlie a renoncé à faire une seconde fois le trajet depuis le sud-ouest de la France (il a de plus en plus de mal à s’éloigner du pays des Citadelles, il faudrait rebaptiser Fourvière en Montségur), Miaou a confondu le mois de mars et le mois d’avril (les mèches blondes ont encore frappé), Yannick a disparu du monde de la course à pied sans laisser de trace (il doit y avoir des histoires de musique là-dessous), Tazounet a rayé de son vocabulaire les mots « long » et « dénivelé » (répète après moi : dé-ni-ve-lé, ah ça commence à revenir), Libellule a préféré refaire le petit format des Cabornis (je l’imagine passant ses weekend en boucle dans les Monts d’Or) et Jean-Mik a malheureusement été contraint à ne plus épingler de dossard depuis le début de l’année (le bougre, il en profite pour nous narguer en vélo pendant les compétitions). A moins que ce ne soit mes pâtes qui les aient rebutés l’année dernière ?

Ce sera par contre le retour d’Oslo cette année et la première participation au Lyon Urban Trail pour Biscotte. J’espère qu’il n’aura pas trop été échaudé par sa mésaventure du jour …

C’est pas humain de passer à l’heure d’été le jour d’une course :

Couché à 23h, levé à 5h30 histoire de digérer mon petit déjeuner à temps, ce n’est déjà pas très optimal comme temps de sommeil mais voilà qu’en plus une de ces précieuses heures passées en tête en tête avec ma couette s’est volatilisée au cours de la nuit. Malgré tout je suis vite opérationnel ce dimanche matin. Quand l’envie est là, tout va.

Comme l’an passé, les organisateurs ont négocié un forfait avec le gestionnaire du parking Opéra.
J’arrive suffisamment en avance pour avoir une place. Ce n’était pas gagné, il y a déjà pas mal de monde ! J’y vais vraiment mollo dans la rampe d’accès, je me rappelle que les pare-chocs de la plupart des voitures frottaient allégrement le sol en quittant les plans inclinés pour accéder à chaque niveau.

L’arche de départ et d’arrivée a été installée au centre de la place des Terreaux à proximité de la fontaine Bartholdi tandis que le village (vestiaires, sponsors) s’est installé en pourtour de la place de part et d’autre du sas de départ.

Un vestiaire/consigne a été mis en place cette année. Une idée qui est la bienvenue. Elle me permettra de quitter plus tardivement ma p’tite laine. Ce n’est pas qu’il fasse bien froid mais j’apprécie de faire la transition couette / t-shirt en douceur. Et puis cela nous évitera de faire l’aller-retour au parking pour aller chercher les traditionnelles Leffe d’après course.

Je retrouve l’ami Yanshkov sur les marches de l’Hôtel de Ville. Il est en pleine distribution de tracts subversifs incitants les coureurs à venir dépenser sans compter leur trop plein d’énergie au Trail des Passes Montagnes. L’homme tente d’ailleurs de me corrompre et de me rallier à sa cause malgré un planning du mois de mai déjà bien rempli.

Les nattes de Mamanpat sont là, solidement attachées sur une Mamanpat revêtue de la tenue flower power des « Brut de Fleurs » qui sied fort bien à son teint. Madame est en grande forme, prête à en découdre et à faire parler la poudre dans les escaliers de la Sarra. Elle en sautille littéralement d’excitation, probablement le secret d’un échauffement réussi.


Fin de la première partie de la Montée de la Sarra. Biscotte, tu es en train de chopper les tics de Mamanpat !

L’ami Biscotte arrive à son tour. Je suis content qu’il vienne gambader sur mes terres à l’occasion d’une compétition. Oslo est également là. Combien de kilomètres l’ami Oslo a-t-il bien pu s’enfiler dans le joie et la bonne humeur cette semaine ?
Il y a également Tidgi, un kikoureur qui fait le doublé Cabornis/Lut et sera également au départ des Coursières (les grands esprits se rencontrent) et Samuel Gully, une connaissance de Facebook … Il m’impressionne l’ami Samuel, il est passé en mode stepper sur les marches à côté de moi. Un vrai stakhanoviste de l’escalier. Et puis il y aura des petits coucous rapides à Badgone et Martine.

Avec Biscotte, nous allons nous changer à proximité de la tente qui fait office de vestiaire avant de confier nos petites affaires aux bénévoles. Biscotte m’apprend qu’il n’est pas dans son assiette. Il a été malade toute la semaine. Sa femme pense même qu’il ne finira pas la course. Il n’a quand même pas l’air d’être à l’article de la mort. Il marche, fait des sourires et est capable de répondre quand on lui parle …

L’heure du départ approche, je me faufile à travers les coureurs avec Oslo, entrainant à notre suite Mamanpat et Biscotte. « Aller, on a dit qu’on jouait la gagne … ». On nous recommande de faire attention dans les escaliers rendus glissants par la pluie de la veille et de se méfier des bousculades au moment du départ. Sur ce genre de format relativement court, on est des fous furieux au départ, mais ça ne dure guère longtemps. Tout juste le temps d’atteindre la première pente.

Montée Nicolas de Lange.Petite pause dans les Jardins du Rosaire pour attendre Mamanpat et Biscotte.

Les quatre font la paire :

Go go, c’est le lâché des fauves. La horde sauvage se rue en avant pour un tour rapide de la place de Terreaux avant de s’élancer en direction de la première difficulté du jour et pas des moindres : la montée de la rue Terme.

La rue Terme, c’est du lourd ! Une montée dré dans le pentu pour accéder au plus vite au plateau de la Croix Rousse. C’est bien simple, c’était l’itinéraire d’un ancien funiculaire, l’un des premiers au monde. A sa fermeture, la rue fut transformée en tunnel routier. On passe en mode marche pour éviter de se mettre dans le rouge dès le départ. Oh oh, j’ai l’impression que nous sommes partis un peu vite pour Mamanpat qui a décroché un peu dans le tunnel. Comme nous sommes galants, nous ralentissons un peu la cadence en arrivant sur le plateau de la Croix-Rousse.

Histoire d’étirer le peloton avant les premiers rétrécissements nous redescendons immédiatement à mi-pente en direction de la place des Terreaux avant de remonter pratiquement au point de départ en longeant l’Amphithéâtre des 3 Gaulles et en empruntant la voie piétonnière de la montée de la Grand Côte. La partie supérieure a été aménagée : des jardins et une esplanade offrent un agréable panorama sur la ville.

Je suis en forme. Plus en tout cas que pour les Cabornis. Il faut croire que cette petite remise en jambe dans les Monts d’Or m’a fait du bien. J’ai comme qui dirait l’envie d’accélérer, de jouer avec le terrain et de me laisser aller à une dépense énergétique inconsidérée mais les quelques souvenirs de la première édition m’invitent à être prudent. La route est longue.


On vient de quitter le premier ravitaillement. Mamanpat en a profité pour filer ! (Une photo de Jean-Mik)

Oslo a de toute évidence décidé de rester sagement à nos côté aujourd’hui mais il me donne par moment l’impression de ronger son frein. En tout cas, je ne risque pas de faire un truc du genre « longue échappée en solitaire » aujourd’hui … J’en connais un qui ne me lâcherait pas les semelles.

Une petite descente dans les jardins qui suivent la montée de Vauzelles et nous nous dirigeons vers la place Rouville, une place en balcons qui surplombe les quais de Saône et offre une vue magnifique sur Fourvière. Un ravitaillement a été installé sur la place mais il est destiné à l’épreuve de 12km. Ce serait de toute façon un peu tôt pour nous, cela doit faire une demi-heure à tout casser que nous courons.
Nous entamons maintenant la traversée du jardin des Chartreux perché à flanc de falaise. En face, sur la colline de Fourvière on peut voir le couloir de descente de l’ancienne piste de ski de la Sarra que nous allons emprunter un peu plus tard. Il me semble que des coureurs dévalent déjà la pente. Oui, c’est bien cela, les premiers sont déjà en train d’en finir avec la descente de la Sarra ! On voit maintenant distinctement la monotrace terreuse tracée par le passage des coureurs dans la pente herbeuse.

Il est temps de quitter la colline de la Croix-Rousse pour passer aux choses sérieuses. Nous rejoignons rapidement les quais par une série d’escaliers pour nous diriger vers la passerelle de l’Homme de la Roche. C’est une passerelle métallique provisoire qui a été installée en 1989 après la destruction de l’ancien pont jugé trop vétuste. La reconstruction du pont n’a pas été considérée comme urgente et la passerelle provisoire a perduré. La traversée de celle-ci est beaucoup plus calme que l’année dernière. Avec le martèlement régulier des pas des coureurs, elle était entrée en résonance et s’était mise à danser la gigue d’une façon assez impressionnante. Nous ne sommes pas assez nombreux sur le 40km pour que ce soit le cas mais ma sœur m’a confirmé que le scénario s’est reproduit avec les coureurs du 20. Je vois que des barrières ont été mises en place à mi parcours pour « casser » la vitesse des coureurs et tenter de limiter cet effet.

Les troupes gardent le sourire.La rue des Tourelles dernière grimpette de l’édition 2009 de la SaintéLyon.

On remonte un peu les quais. Nous voilà au pied des escaliers de la Sarra. « Vous arrivez chez moi, tout le monde s’essuie les pieds, svp ! ». Sur le Lyon Urban Trail les montées et les descentes ne sont jamais bien longues, guère plus de 140m de dénivelé pour la plus longue, mais le parcours est néanmoins très physique de par leurs successions et cet exercice particulier que sont les montées d’escaliers.

Tiens, je pensais que les motards en trial étaient là pour ouvrir la course mais de toute évidence celui-ci doit être chargé de faire des allers et retours sur le parcours pour veiller au bon déroulement de la course. En ce moment il est surtout planté sur un palier étroit dans la partie la plus abrupte de la montée de la Sarra. A mon avis, il va attendre là un bon moment. Il ne risque pas de repartir à l’assaut des escaliers avec tous ces coureurs qui l’entourent.

Voici la fameuse descente de la Sarra. C’était anciennement la première piste de ski artificielle installée en milieu urbain. Télésiège biplace, vestiaires, sanitaires, elle était même dotée d’un éclairage pour une pratique en nocturne. Elle a été ensuite rendue à la nature et est devenue le rendez-vous ponctuel des vététistes à l’occasion de l’Avalanche Cup notamment. On peut également y faire de l’accrobranche dans le parc Fourvière aventure ou se laisser aller dans la pente en courant tout simplement ! Le terrain est un peu boueux, les appuis fuyants, je ne suis pas des plus à l’aise sur ce genre de terrain. Maitre Biscotte sur une pente herbeuse perché, ne se sent plus de joie, il ouvre un large bec et dévale à tombeau ouvert les 300m qui s’offrent à lui. On le sent revivre dès lors qu’il a un peu de vert sous les semelles. En tout cas, j’ai bien du mal à le suivre …


Second ravitaillement dans le Jardin de la Visitation.

Le chemin de Montauban nous emmène au pied de la montée Nicolas de Lange en serpentant à mi-pente de la colline de Fourvière. L’escalier qui nous emmène au pied de la « Tour Eiffel » locale est un de mes terrains de jeu favoris. Mamanpat et Biscotte babillent à tout va. Ils feraient mieux d’économiser leur souffle ces deux-là. On prend un peu le large avec Oslo dans la grimpette et on traverse une première fois l’Esplanade de Fourvière qui jouxte la Basilique. C’est sans conteste le plus beau panorama de Lyon. C’est un peu râpé aujourd’hui pour la vue sur les Alpes mais on ne va pas se plaindre, il ne pleut déjà pas !

On enchaine par la descente en lacet dans les Jardins du Rosaire. Un très léger sentiment de culpabilité nous envahit à mi-pente et nous incite à attendre nos petits camarades ! Pour passer le temps en les attendant, Oslo prend en photo une statue du Christ et moi une photo d’Oslo. Les deux pipelettes ne tardent pas à arriver et passent devant nous sans un regard pour nous faire sentir leur désapprobation. Ca leur va bien de jouer les vierges effarouchées ! Remarquez, le lieu s’y prête bien.

Direction la montée du Gourguillon, une belle rue pavée qui permet de rejoindre les hauteurs. De toute évidence, j’ai mal étudié le parcours, je m’apprêtais à transpirer en faisant l’intégralité de la grimpette mais nous quittons rapidement les pavés pour rejoindre les quais et traverser la Saône par la passerelle Saint-Georges.


Le théâtre antique bien connu des festivaliers des Nuits de Fourvière.

Le premier ravitaillement est situé sur les quais. Je m’arrête avec Biscotte et Oslo. Mamanpat en profite pour nous semer. « Je continue, vous me rattraperez … » Ouais, c’est cela, à d’autres ! Mais bon, l’envie de picorer est la plus forte et nous la laissons filer. Elle aura eu tout le temps de prendre de la marge car nous allons rencontrer l’ami Jeanmik peu après le ravitaillement. Ca fait plaisir de le revoir même si ce fut un peu court.. Ce n’était pas gagné pour lui de nous retrouver dans ce défilement de coureurs !

On reverra une dernière fois l’ami Jean-Mik dans la Montée Saint-Laurent après avoir traversé à nouveau la Saône. Je me suis pris un petit coup de chaud en le rattrapant dans la montée et en le poussant sur quelques mètres ! J’ai mis un moment pour récupérer de ce petit délire !
Au fait, il n’est pas peureux cet homme-là ! Oser emprunter la montée de Choulans en vélo !!!

Il nous aura fallu toute la montée Saint-Laurent et le chemin de Fontanières pour rattraper Mamanpat et faire la jonction avec elle au moment même où nous attaquions les escaliers du Chemin des Villas. Et encore on aura mis une bonne accélération histoire de la doubler genre « Coucou mon poulet » mais en se contentant d’un « coucou Pat ».
Elle nous a fait une petite frayeur la miss en peu plus tard en se vrillant la cheville. C’est ça de faire du tricot avec ses gambettes dans les marches d’escalier. Bon ça va, pas de bobo, c’est du solide une Pat.


Vue sur Lyon depuis les Jardins du Rosaire.

Après avoir longé le parc du Brûlet nous replongeons à nouveau pour rejoindre la chemin de Fontanières puis c’est la petite grimpette dans les jardins en contrebas de l’église de Sainte-Foy. Nous avons distancé à nouveau nos acolytes avec Oslo et je marque une pause dans le jardin pour les attendre en filmant leur progression. Hé ben, il n’a pas la grande forme Biscotte aujourd’hui. Ce n’est pas dans ses habitudes d’être à la traine comme ça. Il m’a dit qu’il tenait le coup tout à l’heure dans la mesure où l’on gardait ce rythme … J’ai bien peur que ça ne dure pas. On a vraiment adopté une allure pépère jusqu’à présent et l’envie de faire un peu travailler le palpitant commence à sérieusement me démanger. D’ailleurs, je sens bien qu’Oslo est dans les mêmes dispositions et qu’il ne demande qu’à lâcher les watts !

Arthur et Oslo sont dans un bateau :

C’est sans un mot que nous avons accéléré avec Oslo. Je sais que ça ne va pas suivre derrière. J’en connais un qui va me pourrir à l’arrivée. Après les crampes voilà que je profite des soucis gastriques de Biscotte pour lui mettre la pâtée ! Mais bon, j’écrase tant bien que mal un sentiment de culpabilité, je verse une petite larme de circonstance pour la bienséance et je me concentre bien vite sur le cas de l’ami Oslo. Mamanpat et Biscotte pourront se tenir compagnie le reste du trajet.
Je refuse d’ailleurs d’assumer l’entière responsabilité de cette infamie. Oslo s’est bien gardé de manifester une quelconque envie de vous attendre. Et puis je n’ai fait que le suivre …

Si j’avais quelques velléités à arriver sur la place des Terreaux avant Oslo malgré ses exploits aux Cabornis, la réalité du terrain me ramène vite à plus d’humilité. Mes jambes répondent bien sur le plat et dans les descentes modérées mais je manque cruellement de puissance dans la moindre montée. Ce bougre d’Oslo a décidément de sacrées cannes et ne manque pas de me le faire savoir dès la traversée du Parc du Brûlet. J’ai bien cru qu’il allait filer le bougre … Mais non, il attend patiemment son petit camarade.

Après avoir traversé la Résidence Universitaire André Alix, je m’attendais à apercevoir Mamanpat et Biscotte à l’occasion de ce petit aller retour effectué sur la rue du Commandant Charcot pour traverser à la hauteur des passages piétons mais pas de compères à l’horizon, nous avons pris plus d’avance que je ne pensais.

Nous descendons maintenant à toute allure la Montée des Génovéfains pour rejoindre Choulans. Mes jambes la connaissent bien pour l’avoir pratiqué en rentrant chez moi après les quelques bonnes séances de fractionné effectuées sur le quai Jean-Jacques Rousseau pour ma préparation 10km. J’étais tout calme en rentrant chez moi, je vous le garantis !

Avec toute cette circulation, le passage dans Choulans n’est clairement pas ce qui se fait de mieux pour courir mais il ne dure pas très longtemps et la Montée de la rue des Tourelles qui suit n’est pas désagréable d’autant que j’ai quand même plus la forme que lors du finish de la LyonSaintéLyon !

L’ami Oslo semble sage pour le moment. Cela m’ouvre quelques perspectives intéressantes pour un final en beauté sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Ce serait un monde si je n’arrivais pas à tirer quelque chose du travail de vitesse effectué en début d’année. En attendant, on papote tranquillement dans la rude Montée du Télégraphe tout en doublant quelques coureurs du 20km. Il y a un peu plus de monde depuis que nous avons rejoint le parcours du petit format.

Le second ravitaillement est situé dans le Jardin de la Visitation, un petit jardin dessiné selon un tracé très régulier bien dans l’esprit du jardin à la française. Il est relié aux sites des amphithéâtres par un chemin boisé que nous nous empressons d’emprunter après avoir grignoté un morceau.

Il y a foule dans l’enceinte du théâtre antique. Des promeneurs se baladent en famille. Une grande partie doit probablement faire la randonnée organisée dans le cadre du Lyon Urban Trail. De toute évidence, ils ne sont pas très à l’aise dans la descente boueuse qui permet de rejoindre l’Odéon antique. Qu’à cela ne tienne, un petit gymkhana entre les promeneurs et une descente d’escaliers velue plus tard et nous traversons l’esplanade du Théâtre Antique qui accueille chaque année le festival des Nuits de Fourvière.


Rue d’Ypres.

Nous repassons pour la seconde fois sur l’esplanade de Fourvière avant de filer en direction de la Passerelle des Quatre Vents dans le Parc des Hauteurs. Un chemin a été aménagé sur l’ancienne voie de chemin de fer qui emmenait entre autres les macchabées vers leur dernière demeure au cimetière de Loyasse. Séquence émotion, c’est dans ce parc qui ceinture le plateau de Fourvière que j’ai débuté mes premiers footings en 2004.

Ce bougre d’Oslo, qui avait été très sage jusque-là, se réveille dans la montée du Bas de Loyasse. J’aime à penser qu’il a accéléré, favorisé par le fort pourcentage de la pente, et que l’écart qui s’est creusé inexorablement entre nous deux n’est pas tout simplement le fait d’une baisse de régime de ma part. Il devait bien y avoir un peu des deux. Mais encore une fois, l’ami Oslo, m’attend patiemment une fois passée la difficulté. Nous croisons à nouveau beaucoup de randonneurs. Les gens semblent très satisfaits de leur balade. Certains semblent même regretter de ne pas avoir choisi plus long.

Je reprends du poil de la bête et je relance la machine en descendant la Montée de l’Observance. Biscotte sait comme j’aime laisser dérouler mes grandes guiboles dans ce genre de descentes modérées. Ca ne me déplairait pas qu’Oslo l’apprenne à son tour. Tout va pour le mieux et mes velléités enterrées il y a peu dans le cimetière de Loyasse remontent à la surface. Et si j’accélérais un peu ?

Je pense pouvoir le faire sur le plat dans cette longue portion effectuée sur les bas ports en direction du pont Mazaryk mais là encore Oslo domine la situation. Je me contente donc d’observer les mouettes, l’air de rien, pour donner le change, en enviant les coureurs qui descendent déjà les quais sur la rive opposée. Notre tour viendra. Et il vient effectivement. J’ai beau observer attentivement la rive, je ne vois aucune natte à l’horizon ni même le moindre morceau de Biscotte en face. C’est que je ne les ai pas oubliés mes compères. On a beau maraver gaiement son prochain, et là c’est du maravage de toute première main, on peut quand même le faire avec un peu de compassion et un soupçon de sensibilité !

Il est vraiment long cet aller retour sur les quais. On y avait échappé en 2008 avec les inondations et je suis soulagé de les quitter même si les marches de la Montée Hoche ne sont guère plus enviables pour mes jambes. C’est que le seigneur Arthur commence à montrer quelques traces de fatigue ! Je ne me tape pas (encore) 90 km par semaine (sinon plus) comme l’ami Oslo et je commence à en avoir vraiment plein les gambettes. La tête va bien par contre. J’ai la super patate, manque juste le super physique ! Et pourtant, s’il y a un truc que je n’aime pas, c’est bien subir l’allure d’un compère.

Après un petit singletrack à flanc de colline entre les lacets de la Montée des Esses (chemin de Serin), nous traversons le Parc de la Cerisaie. Oslo en profite bien entendu pour prendre le large ! Un lacet nous sépare déjà dans le raidillon qui nous emmène sur la partie haute du parc. L’année dernière les rôles étaient inversés avec l’ami Tazounet et ce n’était pas pour me déplaire.
L’ami Oslo en rajoute une couche pour marquer le coup en me donnant rendez-vous à l’arrivée pour l’apéro … Pfftt, aucun respect ces petits jeunes ! Je passe devant la petite parcelle de vigne cultivée avec amour par la République des Canuts, un dernier lacet et puis rien, plus le moindre petit Oslo en ligne de mire … L’affreux a déjà disparu. Si vite ! Il est pas humain cet animal. Vous allez me dire que c’est normal pour un animal.
Je traverse la partie haute du parc en passant à proximité de la villa Gillet qui abrite une institution dédiée à la diffusion de la pensée et des arts contemporains.
A nouveau, monsieur m’attend à la sortie du parc. S’il continue comme cela, il va finir par se faire bouffer tout cru sur la ligne d’arrivée … C’est dangereux un Arthur à proximité d’une ligne d’arrivée !

Nous quittons l’impasse Chazière pour rejoindre la rue d’Ypres par une bonne descente en lacet. C’est dans cette descente que nous avions croisé Miaou en 2008. Elle est longue cette rue d’Ypres mais elle nous emmène au troisième et dernier ravitaillement alors on ne lui en veut pas trop.
Oslo partage avec moi sa réserve d’oléagineux, sans doute pour se racheter de ses multiples infamies passées et à venir. Aller, je le pardonne, cet avant goût d’apéro était fort agréable. Tiens, je me serais bien mangé quelques Tucs …

Les abandons/retrouvailles avec Oslo se succèdent encore et encore … rue du Bois de la Caille, rue du Capitaine Ferber, Montée de la Rochette … Hum, je l’ai senti passer la Rochette ! Tiens revoilà notre copain le motard ! On l’aura croisé régulièrement sur tout le parcours. Il sent pas bon mais il a l’air sympa, ça compense. Je me tourne vers lui un court instant, souriez vous être filmé. C’est suffisant pour qu’Oslo me prenne quelques mètres ! Faut vraiment le surveiller comme le lait sur le feu. J’ai l’impression de jouer à 1 2 3 soleil et c’est toujours moi qui compte.


C’est qui les meilleurs ?

Arthur tombe à l’eau :

Et puis plus d’Oslo … « Vous avez pas vu un gars du sud avec un accent à couper au couteau ? ». L’a intérêt à avoir décapsulé la mousse quand j’arrive. Un petit virage en épingle et j’attaque la Montée de l’Eglise. Je suis scotché au bitume, mes mollets crient grâce mais l’humeur du bonhomme est toujours au beau fixe. D’ailleurs, il vaut mieux être dans de bonnes dispositions pour attaquer la longue ligne droite de la rue Pierre Brunier puis celle de la voie verte bien connue des coureurs du 10km de Caluire.

Mon allure a baissé. Me voilà passé en mode jogging dominical. Biscotte me dit souvent que je ne sais pas courir tout seul, je vais finir par le croire. L’intérêt purement compétitif inspiré inconsciemment par Oslo a disparu, reste ce bien-être procuré par l’effort, bien dans sa tête, bien dans son corps et le plaisir de la découverte d’une fin de parcours tortueuse à souhait.
Une fin de parcours tortueuse et bien dans l’esprit montagnes russes. Après avoir atteint les quais du Rhône dans la partie la plus nord-est du parcours, le compteur de D+ s’affole à nouveau avec la Montée de la Boucle pour redescendre à nouveau et emprunter la montée de la rue Josephin Soulary.

Je pensais que nous allions passer directement par la place du Gros Caillou mais une ultime boucle nous fait redescendre sur les quais du Rhône ! On pousse le vice jusqu’à nous faire emprunter le passage piéton en sous-sol qui passe sous l’entrée du tunnel de la Croix-Rousse. Purée, je commence à en avoir ma claque. Les crampes sont sagement restées à la maison mais j’ai l’impression d’avoir un couteau planté dans le bas de chaque mollet. Qu’est-ce qu’il y a, ils ne sont pas contents les Achilles ? Encore quelques marches d’escaliers et je débouche sur la place. « Vous y êtes, il n’y a plus que de la descente maintenant. »

Ca sent l’arrivée à plein nez, je m’imagine déjà en train de déguster tranquillement le mâchon lyonnais, la charcuterie dans une main, la mousse dans l’autre, affalé dans un transat à papoter avec mes compères de l’air du temps tandis que les mains de quelques ostéopathes triés sur le volet s’occupent de mes mollets meurtris.

Je suis tiré subitement de ma rêverie. Oh oh, cette tête me dit quelque chose … Hé mais c’est l’ami Biscotte ! « Oh non, mais qu’est-ce que tu fous ici ? » Il a abandonné le bougre. Il n’était pas dans son assiette c’est certain mais je n’imaginais pas que c’était au point de plier bagage à mi-parcours. Je n’aime pas voir un pote sur le bord du chemin. Je ne sais malheureusement que trop comme il est désagréable de voir arriver ses compères quand on a soi-même abandonné. Et puis je culpabilise de l’avoir abandonné en route. Peut-être aurait-il continué avec nous ? Il m’accompagne sur un bout de chemin avant de m’inciter à accélérer pour le final.

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Je m’empresse de suivre ses bons conseils histoire de finir comme il se doit la balade. J’ai l’impression que mes mollets vont éclater. Tant pis, j’accélère, mais juste un peu, pour la forme, de toute façon je n’ai pas de Tazounet à rattraper cette année. Je déboule sur la place Louis Pradel, il y a quelques marches à dévaler, attention de ne pas se gaufrer, une route à traverser, je pénètre dans l’enceinte de l’Hôtel de Ville et je traverse la cour d’honneur puis l’atrium pour émerger en haut de cet ultime escalier qui me sépare de l’arrivée. La place des Terreaux s’offre à moi, je descends tranquillement les quelques marches et je franchis l’arrivée en 4h27. Mon transat … Où est mon transat ?

Passons au réconfort :

C’est bien beau de se taper la bagatelle de 6000 marches, je peux vous dire que ça creuse même si elles sont réparties sur 40 bornes. Et puis j’ai une de ces pépies ! Mes neurones ont totalement zappé le ravitaillement en eau. Résultat : j’ai fait la fin du parcours à sec. C’est malin !

J’ai juste le temps de réajuster les niveaux en solide et en liquide avant d’assister à l’arrivée de Mamanpat sous les acclamations de la foule en délire. J’en rajoute à peine …

Biscotte n’aura pas partagé avec nous la traditionnelle mousse, il valait mieux vu l’état de son système digestif mais il s’est montré une fois de plus un compère indispensable en ouvrant nos Leffes avec les moyens du bord. Oslo n’avait pas emmené de décapsuleur … Il nous a fait le même coup que Tazounet en 2007 pour le semi marathon de Lyon. J’ai la mémoire longue pour ce genre d’incident …

Biscotte n’a pas trop tardé. J’espère que ce n’était pas par dépit et qu’il reviendra se frotter aux escaliers du Lyon Urban Trail l’année prochaine dans de meilleures conditions. Oslo est parti peu après. Sans doute pour revisionner dans son canapé les meilleurs moments du dernier match de rugby. Quant à moi, après avoir assisté à la remise des récompenses sur le podium (j’en profite pour te féliciter Martine) et avoir serré la pince de quelques illustres kikoureurs, je suis allé me délecter d’une blonde au Café Leffe. Une blonde offerte par une brune, un comble ! Merci Mamanpat d’avoir régalé.

Le Lyon Urban Trail, c’est un régal pour les yeux et les cuisses. Un énorme merci à toi Michel pour ton invitation. Vivement l’année prochaine … 😀

@rthurbaldur.

PS : Bravo ma soeur … 😉

Récapitulatif :
Temps : 4h27’55 »
Distance : 39 km
D+ : 1550 m

Classement général : 240/423
Classement VH1 : 86/135


Le t-shirt en cadeau

Le site : Le Lyon Urban Trail

Le CR de Mamanpat : Lyon Urban Trail : la grande traversée ! .
Le CR d’Oslo : LUT épisode III – le retour à Lugdunum.

Quelques photos :

Lyon Urban Trail 2010
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