Arthurbaldur

Le songe d’une nuit d’hiver
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La LyonSaintéLyon, le 4 décembre 2010 : le retour

mars 01, 2011 By: Arthurbaldur Category: Compétitions, Course à pied, Raid Nocturne

« Walt Disney et les légendes arthuriennes se sont télescopés dans les Monts du Lyonnais ce premier weekend de décembre. Nous retrouvons Blanche Neige et ses 7 chevaliers aux abords du Hall d’Expositions de Saint-Etienne à l’issue d’un off de 68 km qui les a conduits de Lyon à Saint-Etienne pour se rendre au départ de la doyenne de l’ultra. La balade s’est déroulée sous les meilleurs auspices. Un ciel bleu immaculé pour réjouir leurs pupilles et un soleil généreux pour réchauffer leur corps. Le verglas n’était pas encore de la partie ou si peu et c’est une neige tassée qui a soutenu leurs pas pendant une grande partie du tracé au cœur des paysages enneigés des Monts du Lyonnais. »

Pour ceux qui ont loupé le début : La LyonSaintéLyon, le 4 décembre 2010 :
l’aller

Petit intermède people

Il n’y a pas foule dehors du moins de ce côté du hall. Ah si, une personne descend d’une voiture. Cette silhouette, cette doudoune bleue … mais oui c’est Michel Sorine en personne ! Bon, il n’était pas là spécialement pour nous on s’en doute (ça occupe son homme d’organiser une SaintéLyon) mais ça fait rudement plaisir de le voir. On papote un moment histoire de lui raconter comment s’est passé l’aller, les conditions météo, le terrain et puis il immortalise notre petit groupe en nous prenant en photo sous l’arche de départ.

On va essayer de ne pas perdre trop de temps. Je sais par expérience que c’est une denrée rare et précieuse qu’il ne faut pas gaspiller. Après une rapide concertation, nous optons pour le retrait des dossards. Une fois la partie administrative effectuée, nous aurons l’esprit serein pour le réconfort.

On rentre dans le hall. Il y a foule, ça brasse dans tous les sens, ça piaille, ça gesticule à tout va … L’animateur nous met le grappin dessus. Il a du mérite cet homme-là, il faut de la salive pour faire ce métier et des trucs à raconter sinon tu as vite fait de partir en boucle et les répétitions ça lasse son monde à la longue. Notre truc, c’est du pain béni pour lui, de quoi occuper son micro une bonne dizaine de minutes. Les gens applaudissent. Je ne sais pas si on mérite vraiment tout cela mais il faut bien avouer que c’est valorisant et puis c’est toujours plaisant d’être encouragé. D’ailleurs ça a le mérite de créer « des vocations » … Tidgi a découvert la LyonSaintéLyon comme ça en 2009.


19h00. Ce n’est pas encore la grosse bousculade …

Après avoir bafouillé quelques mots, ce sont les flashs qui prennent le relais. Un mitraillage en règle. Par qui ? Pour qui ? Je n’ai trouvé aucune trace sur la toile des photos prises à ce moment là. Bon tant pis. Pour finir en beauté, Jean-François Loison d’Extra-Sports m’invite à participer à une petite sauterie avec FR3. Rendez-vous m’est donné à 22h en salle de presse. J’ai mis Biscotte dans le coup, on ne sera pas trop de deux pour raconter des conneries. Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire quand même pour faire connaître la LyonSaintéLyon ! Je vous le dis, moi, faut donner de sa personne.

Après ce petit intermède people nous constatons bien vite que le retrait des dossards va s’avérer délicat et particulièrement couteux en temps. Dire qu’il y a une sacrée queue est un doux euphémisme, adieu repos tant espéré ! Je me vois déjà passer ma soirée dans la file d’attente à piétiner. C’est bien la première fois que je vois ça sur une SaintéLyon. Pour libérer mon père de ses obligations, nous allons chercher nos sacs coureurs qui attendent dans le coffre de sa voiture. La file d’attente est toujours aussi longue à notre retour mais Michel Sorine aura la gentillesse de retirer nos dossards lui-même. On peut dire qu’il nous aura enlevé une sacrée épine du pied ! Un grand merci à lui pour sa disponibilité. En attendant, nous aurons pu récupérer quelques forces assis tranquillement dans l’espace d’un stand resté inoccupé.

Le Flore : un havre de paix

Après avoir récupéré nos précieux sésames, nous nous rendons au Flore pour manger. L’appel à boire et à bouffer se fait particulièrement ressentir. C’est une sacrée bonne idée que s’être inscrit à l’AAB Kikourou. Le Flore est un havre de paix comparé à l’agitation bien compréhensible qui règne dans le hall d’exposition. Un petit salon ouvert sur le hall d’accueil a été mis à la disposition des coureurs pour qu’ils puissent se reposer à même le sol recouvert de moquette. Enfin se reposer, c’est un grand mot, ils ne sont pas censés être déjà fatigués. D’ailleurs, si certains semblent des adeptes de la sieste, la plupart des coureurs papotent tranquillement dans une ambiance feutrée.

Nous sommes accueillis par Mamanpat et le Blob, gardiens des clés du sanctuaire Kikourou. Un autocollant nous sert de passe droit pour pénétrer dans la salle du restaurant réservé entièrement pour l’occasion. M’en aura fait voir cet autocollant … J’ai oublié de l’enlever de mon beau t-shirt finisher des Templiers avant de le passer à la machine à laver. Le papier s’est fait la malle mais la colle s’est incrustée irrémédiablement dans le tissu !


Au Flore : Arthurbaldur, Biscotte et Tidgi.

Nous sommes à nouveau applaudis chaleureusement par les quelques kikoureurs encore présents lorsque nous pénétrons dans la salle. Merde, c’est gênant et intimidant à la longue ces conneries. On peut dire qu’on aura eu notre dose d’encouragements pour l’année ! Fulgurex nous a déniché une table tranquille en bordure de salle. Au programme : pâtes, tarte aux pommes et café. J’ai faim mais je suis toujours patraque niveau transit et les aliments ont du mal à passer. Je me contenterai de quelques pâtes avalées en me forçant. Tant pis pour la tarte.

Bon sang, l’heure tourne à vitesse grand V, il est déjà presque 22h, c’est fou ce que le temps passe vite quand on est au chaud à glander. Tout le contraire de cette impression de dilatation du temps ressentie en arrivant sur Saint-Etienne. Chronos a un esprit de contradiction très développé. Il n’en fait qu’à sa tête, on voudrait qu’il traine et le voilà rapide, on voudrait que tout se termine au plus vite et cela devient long, long, très long …

Nous affrontons le froid à nouveau avec Biscotte pour rejoindre la salle de presse. Pas le moindre représentant de FR3, ni même de Jean-François Loison, pourtant nous sommes de gentils trailers disciplinés et nous avons attendu sagement, patiemment. Et bien, pour le feuilleton télé des aventures de « Biscotte et Arthur se baladent dans les Monts du Lyonnais », faudra repasser une prochaine fois. Ce n’est peut-être pas plus mal, nous avions des sales gueules avec la fatigue. Ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour promouvoir l’ultrafond chez la ménagère de moins de 50 ans. Bon, à défaut de faire grimper l’audimat nous aurons eu le plaisir de papoter avec Benjamin Steen, auteur d’un article fort sympathique sur la LyonSaintéLyon dans Le Progrès (Double ration de mythe) et qui allait prendre cette année le départ de la doyenne pour le première fois. Tout s’est bien passé pour lui du reste. Félicitations Benjamin.

Et si on se préparait ?

De retour au Flore, il faut penser à se préparer. Et oui déjà. On a profité de ce petit intermède médiatique pour récupérer les compères Miaou et YinYin qui seront mieux installés ici que dans le hall d’exposition. Je me change de la tête au pied et j’en profite pour me faire un massage des mollets avec Relax une crème « défatigante » de chez Akiléïne qui efface la sensation de fatigue musculaire. Bon ce n’est pas miraculeux et ça ne me transformera pas en cabri au retour mais l’effet sur le muscle n’est pas désagréable.


Une bonne idée ces stickers LyonSaintéLyon …

Je vous épargne les détails de ma visite prolongée des toilettes du Flore (fort bien entretenues il faut le souligner). Je n’avais pas mal au bide pour rien ! Il me reste à installer la chasuble et à coller mes stickers LyonSaintéLyon sur le sac et le dossard. Me voilà paré. Je peux enfin m’allonger et faire un petit dodo. Mais alors tout petit le dodo … quand je vous disais qu’on a jamais trop de temps devant soi. Je n’ai pas dormi la moindre petite seconde mais j’étais allongé, c’était divin. Le ciel pouvait bien tomber sur qui il voulait.

Quelques minutes trop courtes plus tard et il était déjà grand temps de rejoindre la ligne de départ. Petit coup de speed au dernier moment, j’ai oublié de remplir ma poche à eau. Bien sûr plus de bouteilles d’eau pleines dans les parages, j’ai du faire le plein avec l’eau hyper glacée du bar. Voilà qui n’arrangera certainement pas mes petits problèmes digestifs mais bon pas le choix. Elle m’a semblé un peu agacée la serveuse, un peu de fatigue sans doute et elle devait commencer à saturer face à ce troupeau de trailers à moins que ce ne soit en fait la frustration de ne pas pouvoir participer à la fête avec nous en étant réquisitionnée pour le service …

J’ai froid. J’ai froid parce que je suis fatigué. C’est un signe qui ne trompe pas. Je ne m’imagine pas passer une douzaine d’heures à me cailler comme ce fut le cas tout à l’heure à l’aller après que la nuit soit tombée. Je n’ai pas grand chose à ma disposition. J’ai enfilé un t-shirt et une micro-polaire propre. L’état des vêtements que j’ai utilisés à l’aller ne m’inspire guère alors je décide de conserver la doublure polaire de ma veste de ville. Ce n’est pas très respirant comme matière, c’est le moins que l’on puisse dire mais cela devrait me permettre d’économiser le peu d’énergie qu’il me reste pour courir.

Faut faire travailler le haut du corps qu’ils disaient …

La dépose de nos sacs coureurs dans les cars a été quelque peu folklorique ! Du fait de l’heure avancée, je m’attendais à ce qu’il n’y ait plus grand monde. Et bien c’est loin d’être le cas. Quelle cohue. Une masse compacte de coureurs se presse devant la porte du car. Les minutes passent et notre attroupement, loin de se résorber, semble au contraire se renforcer avec l’arrivée de nouveaux coureurs. Cela dit, il y a du bon en toute chose, cette attente m’aura permis de faire la connaissance des compères Thomas et Jean-Christophe avec qui j’ai papoté un moment, et de saluer Yanshkov.

Les choses se sont brusquement décantées lorsque deux coureurs ont décidé de prendre les choses en mains (ou plus exactement les sacs en main) en se chargeant d’entasser tant bien que mal nos petites affaires dans le car. Il faut dire que ça devenait du grand n’importe quoi puisque même le siège du conducteur était en passe d’être submergé. Je participerai moi-même pendant un moment à l’opération ce qui me vaudra en retour quelques remerciements et plus tard quelques douleurs musculaires dans les bras.

Cette petite plaisanterie m’aura occupé un bon moment. L’heure du départ est proche. Je retrouve l’ami Biscotte, dans le hall à proximité de la salle de presse. Il faut avouer que c’est bien pratique un portable. Nos autres compagnons de route sont dispersés dans le peloton. C’est loupé pour la photo de groupe avant le départ. Bon ce n’est pas bien grave, de toute façon, nous n’avons pas prévu de faire le retour ensemble. Rendez-vous à l’arrivée.


23h59. C’est parti.

D’année en année, j’ai l’impression d’être de plus en plus loin dans le peloton. Cool, ça va en faire des coureurs à doubler ! Nous n’attendrons pas longtemps. Loin devant, les premières notes de la musique de U2 donnent le signal du départ. Le peloton s’ébroue et commence à s’étirer lentement au fur et à mesure que les coureurs franchissent la ligne de départ. A notre niveau rien ne se passe pendant un bon moment et puis nous commençons à marcher. Il y a beaucoup de spectateurs malgré l’heure tardive, le commentateur exhorte la foule à nous encourager. Ca applaudit, ça crie, ça encourage. Nous sommes au spectacle et nous sommes le spectacle. La ligne de départ est franchie et je me mets à courir. Ca y est, c’est parti.

Le retour

Et bien ça ne va pas être du gâteau. Je suis sans force, j’ai l’impression de me mouver dans l’eau. J’imagine que l’on doit avoir des sensations très proches en pratiquant l’aqua running mais en ayant remplacé l’eau par du gel pour corser la difficulté. Courir mobilise toute mon énergie et je laisserai Biscotte faire le plus gros de la conversation avec Auguste, un lecteur de mon blog que nous croiserons sur les boulevards de St-Etienne.

Les sentiers ont bien changé après le passage de cette multitude de coureurs. La neige est nettement plus tassée maintenant. Cela semble un avantage pour courir mais c’est en fait moins évident qu’il n’y parait. La neige n’est pas damée de façon uniforme, il y a beaucoup de trous formés par les appuis plus ou moins prononcés des chaussures et les chevilles sont pas mal sollicitées.

C’est le retour de meilleures sensations. D’ailleurs, je commence à avoir chaud. Suffisamment pour entrouvrir un peu ma veste. Nous progressons assez vite pour doubler régulièrement quelques coureurs. C’est suffisant pour me motiver, il ne faut pas grand chose pour titiller la fibre compétitrice d’un Arthur. Et puis il y a des têtes connues dans les coureurs dépassés. Xavier par exemple qui accompagne sa femme pour sa première SaintéLyon. Il me semble que nous les avons croisés au niveau du Fayet.

C’est fou comme une même distance, un même chemin peuvent sembler plus ou moins court selon sa disposition d’esprit. Vivre le présent, se concentrer sur l’instant, ne pas se projeter en avant, en tout cas pas trop loin et surtout pas au-delà du prochain ravitaillement, voilà très certainement un point fondamental pour garder un mental au top. Bon c’est plus facile à dire qu’à faire sur le terrain. Mais pour le moment la magie opère bien et le ravitaillement de Saint-Christo arrive assez rapidement.

Saint-Christo en Jarez
Temps de course : 2:27:19, Temps de Pause : 10 minutes
Classement général : 4407/4530, Classement VH1 : 1397/1416

Il s’agit de ne pas perdre de temps. Avec une Biscotte, il n’est pas question de s’éterniser au ravitaillement sauf s’il est bien cuit et ça ne semble pas être le cas pour le moment. Bon forcément, à ne pas trainer on gagne du temps et cela nous rapproche d’autant plus vite de l’arrivée ce qui est somme toute une bonne chose, je suis bien obligé de le reconnaître.

Je n’ai pas envie d’être abandonné sur le bord du chemin par une biscotte sans pitié comme ce fut le cas lors du trail Verbier St-Bernard. Notez l’habileté de l’auteur : une simple phrase me permet de dénoncer le comportement indigne de mon compère (bon soit, il m’est arrivé de commettre pareil acte de félonie par le passé mais ce n’est pas pareil, le roi c’est moi) et de faire dans le même temps la promotion du trail Verbier St Bernard, parce qu’il le vaut (vraiment) bien et que la vice-présidente du comité d’organisation est fort sympathique.

Mais revenons à nos moutons, en l’occurrence une tente fort bien garnie en bénévoles dévoués, en coureurs affamés et en aliments de toutes sortes. Je répugne à boire l’eau de ma poche à eau. Je me force bien un peu mais mon estomac émet des signaux de détresses à chaque déglutition de ce liquide trop froid. Je compense ce manque d’hydratation en ingurgitant coup sur coup deux verres de thés sucrés bien chaud et je picore à droite et à gauche pour faire le plein de cette indispensable énergie. 8 minutes plus tard seulement et nous quittons l’abri relatif de la tente pour affronter notre destin, tin tin tin !

Voyons, quels ont été les événements suffisamment marquants pour être encore présents à mon esprit plus de deux mois (hum presque trois en fait) après la course. A ce rythme d’écriture, j’aurai peut-être terminé ce récit avant la fin de l’année. Je ne suis pas sûr de me rappeler du premier paragraphe. Le quotidien à gérer, l’entrainement (5 séances mine de rien ça occupe) auquel est venu s’ajouter le site de la LyonSaintéLyon …tout cela m’aura bien occupé l’esprit en ce début d’année. Heureusement que le Yin-yin assure comme un chef.

Pas de surprise avant Moreau, comme pour l’aller, nous n’empruntons pas la nouvelle portion en crête. Normal, la neige ne s’est pas volatilisée en quelques heures. Je suis par contre étonné de découvrir qu’un ravitaillement a finalement été installé à Moreau. Un revirement des organisateurs qui s’explique probablement par les conditions météo. Vous imaginez la Biscotte : déjà qu’il n’aime pas trainer aux ravitaillements, alors trainer pour un ravitaillement non prévu … Et bien il a tout de même été obligé d’attendre un moment. Je n’allais pas passer à côté de ma principale source d’hydratation : le thé chaud.

Moreau
Temps de course : 3:37:54, Temps de Pause : 4 minutes
Classement général : 3707/3843, Classement VH1 : 1192/1214

Un peu après Fontagneux, j’ai entendu une voix familière émerger des coureurs qui nous précédaient et puis j’ai distingué une fine silhouette de poupée. Hé mais c’est Barbie accompagnée du compère Patrovite. On s’enquiert de la forme de nos compagnons de off, on échange quelques mots et on les double en leur donnant rendez-vous à l’arrivée. Ben oui quoi, faut profiter de la forme du moment, ce n’est pas sûr que ça dure.

La descente sur Sainte-Catherine est pour le moins folklorique. La neige a disparu pour laisser place au verglas. Un truc du genre casse gueule voir très casse gueule. Un bon 6/10 sur l’échelle du ramassage de gueule garanti. Quel con ! Quand je pense que j’ai laissé mes yaktrax dans mon sac à Saint-Etienne. Je pensais ne pas en avoir besoin, comme à l’aller. Grosse erreur. Pour éviter un passage particulièrement périlleux je tente de passer sur le côté mais je me retrouve rapidement coincé dans la végétation. Impossible de me frayer un passage dans cet entrelacement de branches, je n’ai pas trop le choix, va falloir se mettre aux patins ou à la luge.

Forcément, à faire le guignol dans les branches on perd du temps. L’ami Biscotte qui ne semble pas spécialement gêné par le verglas a pris une belle avance sur son compère. Bon, il ne va quand même pas pourrir son petit camarade de jeu. J’ai suffisamment payé ma forfaiture de début d’année au trail des Cabornis. J’avais profité d’une petite défaillance de mon compère pour le fumer dans la joie et la bonne humeur. Il faut dire qu’au jeu du plus crampé, il avait gagné haut la main ce jour-là.

L’ami Biscotte m’attend sagement au ravitaillement. « Ben qu’est-ce tu fous ? » « M’enfin, je glisse quoi … je suis pas monté sur ventouse moi ! »

Sainte-Catherine
Temps de course : 4:27:12, Temps de Pause : 8 minues
Classement général : 4195/4486, Classement VH1 : 1354/1405

Si la descente sur Sainte-Catherine fut gentiment technique, nous sommes rentrés dans une toute autre dimension dans celle du bois d’Arfeuille. Finalement ce qui m’a fait le plus halluciné c’est la différence de vitesse et de style entre les coureurs solos et les relais … A croire que certains avaient chaussé des pointes. Je me serai bien fendu la gueule avec mes camarades de jeu du moment. Faire des glissades en pleine nuit dans les bois sur une immense piste de bobsleigh naturelle, ça à un petit côté décalé fort sympathique à mes yeux. Et puis je m’en suis bien tiré malgré la fatigue, d’autres ont connu quelques déboires malheureux par ici.


Saint-Genoux
Temps de course : 6:24:00, Temps de Pause : 15 minutes
Classement général : 3971/4304, Classement VH1 : 1281/1350

Si j’ai été plutôt lent dans les parties verglacées, ce n’est guère mieux dans les montées. Je manque de jus, le mot est faible et j’ai bien du mal à suivre l’ami Biscotte dans les pentes dès lors qu’elles sont positives mais une fois passé le ravitaillement de Saint-Genoux et rejoint la route de Saint-Genou au Boulard, j’ai l’occasion de prendre enfin les commandes dans la longue descente vers Soucieu en Jarrest. Me voilà lancé. Il faut croire que ma préparation pour les 100 km de Millau m’aura servi à quelque chose. Oubliées les petites douleurs dans les jambes ! J’ai débranché le cerveau et vogue la galère … Je n’aurai pas marché une seule fois jusqu’à Soucieu, entrainant à ma suite mon compère. Mon étonnement grandissait au fur et à mesure de notre progression.

Soucieu en Jarrest
Temps de course : 7:59:44, Temps de Pause : 12 minutes
Classement général : 2391/2568, Classement VH1 : 748/784

Après le ravitaillement de Soucieu, le charme continue à opérer, je suis aux anges mais cet instant de grâce va se terminer brutalement à l’approche du Garon. Le verglas a repris ses droits dans la descente qui nous conduit à la célèbre passerelle. Biscotte reprend les commandes tandis que votre humble serviteur concentre ses dernières forces pour se maintenir à la verticale. La montée sur Chaponost me laisse sans force. Je suis vidé. Un bon gros coup de bâton qui a toutes les caractéristiques d’une hypoglycémie. Ca n’aurait rien d’étonnant, je n’ai finalement pas avalé grand chose à part du thé.

Le Garon.

La descente dans les escaliers du chemin du Château est chaotique. Je descends chaque marche en crabe histoire d’amortir un maximum ma réception. Ce n’est pas ce qui se fait de mieux pour soigner mon image de coureur au sommet de son art mais que m’importe à ce moment, l’important c’est d’avancer, de progresser mètre après mètre vers l’arrivée, tout en ménageant mes guiboles.

L’ami Tazounet a prévu de faire un bout de chemin avec nous. Nous pensions faire la jonction avec lui après le franchissement du Garon, probablement dans le chemin de Combarembert. Il faut croire que nous sommes plus rapides que prévu ou que l’ami Tazounet a trainé en route !
Nous tombons nez à nez avec compère Tazounet alors que nous commençons le sentier en contrebas du chemin de Comballat. Purée, ça fait sacrément plaisir de voir la bouille du Tazounet. Les occasions de courir avec mes deux compères réunis sont rares. Bien trop rares. La dernière fois c’était en juin pour un off un peu plus long que prévu sur les sentiers du Nivolet Revard.

Beaunant
Temps de course : 9:57:23, Temps de Pause : 11 minutes
Classement général : 3637/4035, Classement VH1 : 1198/1278

Tazounet donne le rythme, Biscotte suit tranquillement et moi je tente de survivre à une allure pourtant paisible ! Le ravitaillement de Beaunant est accueilli avec soulagement. Assis sur un banc, je savoure par petites gorgées un verre de soupe, précieux breuvage s’il en est. L’ultra vous apprend à apprécier les plaisirs simples de la vie et met un filtre rose sur vos pensées. C’est un remède à la morosité, un pourfendeur de stress, un générateur d’empathie envers votre prochain. Une simple gorgée de soupe devient un plaisir extatique et quelques mots échangés sur la pluie et le beau temps avec votre voisin de banc vous donne à nouveau espoir dans le genre humain. Que du bonheur. Cela dit, ça fait également mal aux jambes !

Tazounet nous a abandonné pour rejoindre sa petite famille. Après la traversée de la départementale, nous entrons dans mon fief. Le parcours emprunte désormais mes terrains d’entrainements habituels. La rue de Montray et sa sympathique côte de Beaunant, le centre de Sainte-Foy perché sur les hauteurs Lyonnaises puis l’interminable chemin de Fontanières avant la descente sur Lyon.

Tout irait pour le mieux en ce bas monde si le verglas ne s’était pas à nouveau invité à la fête après avoir traversé la Saône. Impossible de courir. La fatigue aidant, je glisse à chaque pas. Je dois me résoudre à marcher. Il faut avouer que ce prétexte arrange bien les affaires de mon cerveau. Il cherchait désespérément une excuse pour baisser les bras.

On trottine bien un peu quand le terrain le permet mais globalement notre allure a tout du gastéropode asthmatique en période de sécheresse. L’ami Biscotte est à une bonne trentaine de mètres devant moi, parfois plus. Le brave Biscotte, il aurait pu se lasser et finir par filer, confirmant qu’il était plus à l’aise que moi sur cette patinoire mais non, il a patiemment attendu son petit camarade de jeu.

Arrivés à l’extrémité des quais, la glace disparaît. Je remets immédiatement la machine en marche comme par miracle. Cette longue pause marcher m’a été salutaire. L’hypoglycémie débutée à l’approche du Garon semble terminée. Je rattrape rapidement l’ami Biscotte et l’entraine à ma suite. Il est un peu ronchon pour le coup, il s’est refroidi en m’attendant et voilà qu’on le réveille, qu’on le bouscule. C’est ingérable un Arthur.

On ne passe pas le long de la darse comme le parcours le prévoyait, on file à l’extrême pointe de la confluence comme pour ma première participation en 2006. Faire le tour de cette pointe soumise au vent pourrait s’apparenter à un calvaire si mon moral n’était pas remonté en flèche avec le retour de meilleures sensations. On aura doublé un paquet de coureurs à la dérive sur cette portion !

Nous pénétrons bientôt dans le parc de Gerland toujours en trottinant. On ne s’arrêtera plus maintenant, nous sommes si proches de l’arrivée. On remonte l’allée principale du parc en évitant quelques promeneurs. On tourne à gauche dans l’allée qui borde le Skatepark. C’est la dernière ligne droite. Les panneaux égrènent la distance qu’il nous reste à parcourir.
Il s’agit de savourer l’instant. Après avoir terminé Millau avec compère Tazounet, je vais avoir le plaisir de terminer aujourd’hui la LyonSaintéLyon avec Biscotte.

On traverse la rue Pierre de Courbertin. Il y a encore pas mal de spectateurs le long des barrières de sécurité mises en place par l’organisation. Les gens applaudissent, nous encouragent. On se prend par la main avec Biscotte, on lève les bras et on pénètre dans l’enceinte du Palais des Sports de Gerland en poussant un cri de victoire libérateur. Ca y est, on l’a fait. Nous sommes finisher de la LyonSaintéLyon. Il nous aura fallu 11h51 pour effectuer le retour sur Lyon.

Arrivée Palais des Sports
Temps de course : 11:51:10, Temps de Pause cumulé : 60 minutes.
Classement général : 3639/4030, Classement VH1 : 1195/1278


Biscotte et Arthurbaldur.

Après avoir pris la pose pour la postérité, nous avons récupéré notre t-shirt de finisher (on l’a bien mérité celui-là) et nous sommes allés nous assoir avec délice à même le sol pour déguster le casse croute offert à l’arrivée. C’est le pied de courir et de gambader longtemps mais c’est également le pied de comater tranquillement à l’arrivée avec ce sentiment de contentement du coureur satisfait de sa course.

Fulgurex, Tidgi et Jean-Mi sont déjà arrivés. Patrovite arrivera peu après nous. Quant à Barbie et Killian, ils termineront à leur tour un peu plus tard. 8 au départ, 8 à l’arrivée, 100% de finishers cette année. Franchement, c’est pas beau ça ?

Vivement la prochaine …

Conclusions

Je vous invite à lire ou à relire les SaintéNews de décembre. Je complète ici avec quelques remarques plus personnelles.

J’ai eu le plaisir d’améliorer mon chrono au retour sur la course officielle. 11H51 cette année contre 12h44 l’année dernière. 53 minutes de gagnées. Cela semble plutôt positif de prime abord. En fait, je n’ai guère progressé point de vue allure de course. Le gain réalisé l’a été essentiellement sur les temps de pause. 60 minutes cette année contre 1h56 l’année dernière ! Cela dit, compte-tenu des conditions difficiles (neige, verglas) ce n’est pas si mal. Je dois sans doute en grande partie ce gain à l’ami Biscotte, spécialiste s’il en est des ravitaillements express. Merci amigo.

Autre point positif : ma capacité à courir en continu sur la partie bitume entre Saint-Genou et le Garon. L’entrainement pour Millau y est sans doute pour quelque chose.


Purée le coup de vieux !

J’ai cumulé un maximum d’erreurs cette année.

Des erreurs d’alimentation : j’ai joué aux apprentis sorciers en toute connaissance de cause en testant le jour de la course tout un tas de nouvelles friandises. Des surprises plutôt agréables pour certaines et beaucoup moins pour d’autres … Des parfums surprenants pour ne pas dire écœurants, des barres quasi immangeables tant elles avaient durci avec le froid. A vrai dire, j’avais goûté chacune de ces barres au préalable pendant mes entrainements mais il faudrait le faire pendant des sorties suffisamment longues pour se replacer dans les conditions réelles de course. Faire une sortie longue de 2-3h n’est pas suffisant pour subir une altération du goût (rejet du sucré ou autre) et valider les aliments les mieux supportés.

Des erreurs d’équipement : il est grand temps que j’investisse dans des vêtements techniques de qualité. Des trucs qui tiennent chaud quoi. Je commence à en avoir ma claque de me geler les roubignoles dans mes pelures d’oignons ! C’est épuisant d’avoir froid. Ma participation à l’UTMB va m’obliger à faire quelques emplettes … J’hésite entre me faire greffer un brin d’ADN de Jean-Michel ou de Killian (ils doivent être adaptés au froid pour se balader en short par -8°c) ou m’acheter une veste avec la membrane goretex qui va bien …

Toujours dans la rubrique équipement, il faut que j’investisse également dans un kit pour isoler du froid le tuyau de ma poche à eau. Se battre avec un glaçon ne facilite pas l’hydratation mais c’est sans aucun doute d’une efficacité redoutable pour vous mettre l’estomac en vrac. Peut-être qu’une ou deux chaufferettes placées judicieusement dans le sac pourraient suffire à maintenir une température agréable à l’eau ? Hum, pas sûr que l’énergie dégagée soit suffisante …

Autre erreur regrettable : avoir laissé mes yaktrax à Saint-Etienne. Il aurait eu chaud aux fesses la Biscotte avec un Arthur monté sur ressort. Avec les chaines, la piste de bobsleigh du Bois d’Arfeuille n’avait qu’à bien se tenir. Bon, on ne va pas refaire le monde avec des si, je ne vais pas me plaindre, je suis arrivé à Lyon en un seul morceau, c’est déjà pas si mal !

Arthurbaldur. :)

Saint-Christo en Jarez
Temps de course : 2:27:19, Temps de Pause : 10 minutes
Classement général : 4407/4530, Classement VH1 : 1397/1416

Moreau
Temps de course : 3:37:54, Temps de Pause : 4 minutes
Classement général : 3707/3843, Classement VH1 : 1192/1214

Sainte-Catherine
Temps de course : 4:27:12, Temps de Pause : 8 minutes
Classement général : 4195/4486, Classement VH1 : 1354/1405

Saint-Genoux
Temps de course : 6:24:00, Temps de Pause : 15 minutes
Classement général : 3971/4304, Classement VH1 : 1281/1350

Soucieu en Jarrest
Temps de course : 7:59:44, Temps de Pause : 12 minutes
Classement général : 2391/2568, Classement VH1 : 748/784

Beaunant
Temps de course : 9:57:23, Temps de Pause : 11 minutes
Classement général : 3637/4035, Classement VH1 : 1198/1278

Arrivée Palais des Sports
Temps de course : 11:51:10, Temps de Pause cumulé : 60 minutes.
Classement général : 3639/4030, Classement VH1 : 1195/1278


Le t-shirt Finisher en cadeau.

Le site de la course : La SaintéLyon.
Le site du off : La LyonSaintéLyon.

Quelques photos :

La LyonSaintéLyon 2010

8 Responses to “La LyonSaintéLyon, le 4 décembre 2010 : le retour”


  1. Pat dit :

    Le voila le « bravo » final !

    Dis donc, tu utilises beaucoup le « si » !…

  2. Arthurbaldur dit :

    @Pat
    Faut croire que tu m’as filé le virus … ;)

  3. Taz le Diable dit :

    Encore une fois mille bravo à vous 2, et même 8, pour cette jolie performance !
    Bon, c’est pas tout ça, mais faut que je prévois mon planning de fin d’année moi :D

  4. Miaou dit :

    Bravo !!!! Tu es un grand malade contagieux ! j’adore !
    Je sens que je vais finir par m’imprimer tous tes cr et me les faire relier plein cuir par ma mere, parce que ca ferai un beau livre de chevet de runner tout ca !

  5. Arthurbaldur dit :

    @Tazounet
    Fait moi pas de fausse joie amigo … Tu sais que ça me ferait (sacrément) plaisir que tu sois de la partie … :)

  6. Arthurbaldur dit :

    @Miaou
    Cool et je te ferai une spécial dédicace … :lol:

  7. Eponyme dit :

    Bravo !
    Ca donne sacrement envie tout ça ! :)

  8. Arthurbaldur dit :

    Ben alors Eponyme, je t’ai laissé 12 jours pour réfléchir, te tâter, tergiverser, hésiter … tu ne t’es toujours pas décidé à t’inscrire pour l’édition 2011 ! M’enfin, qu’est ce que tu attends ! ;-)


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  1. Arthurbaldur | La LyonSaintéLyon, le 4 décembre 2010 : l’aller 16 03 11

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