L’alimentation. Un sujet qui prend toute son importance dès lors que la durée de la course augmente. Je commence à avoir l’habitude de ces petites balades qui dépassent allègrement le marathon que ce soit en distance ou/et en durée. Une petite expérience certes, mais qui m’a permis de m’alimenter dans ce qui me semble être de bonnes conditions à la CCC. Voilà donc quelques notes sans prétention sur le sujet au travers de ma récente expérience chamoniarde.

Je pars du principe que je dois pouvoir effectuer le parcours en totale autonomie et ce quel que soit le type de course, la distance ou la durée … Je ne parle pas des ravitaillements en eau bien sûr. Cela me permet d’éviter les mauvaises surprises. Les aliments proposés peuvent ne pas me convenir et la cohue, notamment lors des premiers ravitaillements, peut également m’empêcher de m’alimenter correctement. C’est déjà bien assez difficile de faire le plein de la poche à eau.

Evidemment, si je trouve mon bonheur sur place, je ne m’en prive pas mais j’évite les aliments nécessitant un temps de digestion important. Pas de saucisson, de jambon ou de fromage par exemple.
J’ai apprécié particulièrement le bouillon de poule aux vermicelles proposé à la CCC. Facilement assimilable, salé, chaud et ma foi plutôt bon. Il est vrai qu’après un gel cacahuète tout semble meilleur. Idéal pour ne pas avoir une sensation de ventre vide. A la base de vie de Champex, nous avions la possibilité de prendre un vrai repas. Après l’incontournable bouillon, je me suis contenté de partager un yaourt au fruits à 3 avec Line (ma binôme de choc) et un autre coureur, c’est dire si le système digestif est mis à mal sur ce type d’épreuve !

Sur des durées de course importantes, l’écoeurement au sucré est inévitable. Il paraît alors impossible d’avaler le moindre aliment sans que votre estomac proteste énergiquement. Retour à l’envoyeur … Difficile de distinguer cette sensation d’un véritable problème digestif.
Il faut se forcer à s’alimenter coûte que coûte. J’ai remarqué que suivant les courses, le goût et l’envie évoluent … peut-être un rapport avec la température mais pas uniquement. La solution est de prévoir des aliments variés en texture et en parfum.

Ma réserve alimentaire était constituée de :

  • 8 gels overstim (3 Energix, 2 Antioxydant, 1 Energix Salé, 1 Coup de fouet, 1 Red Tonic)
  • 2 barres céréales Aptonia fruits rouges
  • 2 barres céréales Aptonia abricot
  • 2 barres d’amandes raisins Aptonia
  • 2 pâtes de fruits Aptonia framboise
  • Comprimés de Sporténine (10)

Sporténine :
Je précise que « Sporténine » est un médicament homéopathique, pas un aliment, mais ses excipients ne sont autres que du glucose et du lactose. La posologie étant de 10 comprimés maximum par 24 heures, j’emporte la juste quantité nécessaire. Pas de risque de dépasser la dose maximale, encore une fois, pas besoins de réfléchir.

Composition Sporténine : Arnica montana, Sarcolacticum acidum, Zincum oxydatum, glucose et lactose. Le goût est neutre.

J’ai tendance au fur et à mesure que les heures de courses s’accumulent à être moins attentif à mon alimentation, à ne plus savoir où j’en suis, à ne plus me rappeler quand j’ai avalé un aliment pour la dernière fois ni même quel aliment …
Pour éviter ce problème, j’organise ma prise d’aliment pour ne pas avoir à réfléchir.
Chaque début d’heure paire, je prends un gel.
Chaque début d’heure impaire, je prends suivant l’envie, une barre de céréale, une barre d’amande ou une pâte de fruit. 30 minutes plus tard, je prends un cachet de Sporténine.
Il y a forcément des moments où je suis obligé d’adapter un peu mais j’essaie de revenir rapidement sur cette base.

Les gels Overstim :
A ceux qui ne connaissent pas les gels, je conseille de tenter au moins une fois l’expérience.
Il faut commencer par s’habituer à cette texture gélifiée puis aux parfums très prononcés du moins chez Overstim. Je n’ai pas essayé 36 marques.
Je me rappelle de la surprise gustative occasionnée par l’absorption de mon premier gel antioxydant parfum pomme verte. Première pensée : mais c’est franchement dégueu … ! Deuxième pensée très similaire d’ailleurs. Je m’attendais à une sucrerie plus en rapport avec ce que dégustent mes filles de temps en temps. Rien de tel en fait ! Ont suivi les parfums citron, menthe, fruit des bois avec une mention spéciale au gel parfum cacahuète … un des rares gels salé du marché. Salé, il l’est, c’est sûr, mais pour ce qui est de retrouver le goût d’une bonne cacahuète grillée comme à l’apéritif, je vous laisse juge …
On finit pas s’habituer à tout et à défaut de réellement apprécier on sait à quoi s’attendre.
Je ne pense pas que ce soit un problème de marque d’ailleurs, j’ai testé un des concurrents à l’occasion d’une distribution d’échantillon. Le gel Express Guarana arôme fraise à l’extrait d’huître riche en taurine … tout un programme !

Les barres de céréales Aptonia :
Pas de reproche à faire pour les barres de céréales Aptonia de Decathlon. Elles ont le goût qu’on peut attendre d’une barre de céréales aux abricots ou aux fruits rouges et la texture reste assez souple pour faciliter la mastication. A acheter les yeux fermés pour moi et c’est en toute objectivité, je ne suis pas sponsorisé par la marque. Maintenant, ce n’est probablement pas ce qu’il y a de mieux au niveau énergétique.

Les barres d’amandes aux raisins Aptonia :
Je suis moins enthousiaste pour les barres d’amandes au raisin de la même marque. Je les prends en priorité en début de course. J’avais bien apprécié ce produit lors de la SaintéLyon 2007 mais pas du tout pendant l’Ardéchois et assez moyennement à la CCC. Bon deux barres en 24h00 ce n’est pas insurmontable et ça contribue à la diversité recherchée.

Les pâtes de fruits Aptonia :
Pour ce qui est des pâtes de fruits, je suis également mitigé, le point positif est un parfum framboise très puissant qui réveille les papilles gustatives. Ce point positif vire au noir un peu plus tard. J’ai constaté à plusieurs reprises que ces fameuses framboises se rappelaient à mon bon souvenir d’une façon un peu moins agréable et ce même après la prise d’un autre aliment. Le produit doit avoir tendance stagner un peu dans l’estomac …

Je tiens à citer la marque Nature Valley qui distribuait des échantillons de barre de céréales lors de la remise des dossards. Leur barre de céréales est délicieuse mais peut-être un petit peu trop croustillante. Je n’ai pas été le seul à apprécier en tout cas. Mon fan club rapproché (ma famille quoi) a également apprécié.

Je place une bonne partie de mon stock alimentaire dans la poche latérale droite de mon sac à dos diosaz (la poche latérale gauche est réservée à mon portable) et le reste dans la poche principale. Je réapprovisionne à l’occasion du remplissage de ma poche à eau. J’ai un petit filet accroché à la bretelle de mon sac qui fait office de poubelle pour les emballages. Il y a bien des poches en maille sur mon maillot Raidlight, mais avec les mouvements du corps, le contenu à une fâcheuse tendance à vouloir quitter le navire.

Jusqu’à présent, je n’ai jamais utilisé de boisson énergétique. Je pense qu’il est primordial d’avoir de l’eau pure toujours à disposition. L’eau, ça passe toujours. Une boisson énergétique peut vite écœurer si elle est mal dosée (trop fortement) et je vous laisse imaginer les dégâts s’il n’est plus possible de s’hydrater correctement.
Cependant, la technicité du terrain, un effort plus intense dans une montée difficile ou un peu plus de vitesse dans les descentes, tout cela va rendre parfois difficile la prise d’aliment. Non, je n’exagère pas, chercher une barre dans la poche latérale de son sac, ouvrir l’emballage avec les gants, ranger l’emballage, manger tout en tenant les bâtons d’une main n’est pas un exercice facile avec l’accumulation de fatigue. Trop espacer la prise d’aliment et c’est à coup sûr le coup de barre plus ou moins important comme ça m’est arrivé dans Bovine. Pour éviter ce désagrément, j’envisage d’utiliser en complément de l’alimentation solide une boisson énergétique faiblement dosée et si possible au goût neutre. J’utiliserai probablement deux poches à eau à moins que j’ajoute un bidon à la bretelle du sac. Restera à trouver une solution pour stocker la recharge en poudre énergétique nécessaire pour refaire le plein. Des petits sachets pré-dosés peut-être …

Avec deux poches à eau, plus de risque de se retrouver à cours de munition en plein effort du fait d’une fuite par exemple. C’est WildInTheWoods qui m’a fait pensé à cela. Je ne suis pas sûr que t’en avais deux pour l’UTMB ? Avoue !
Quoi qu’il en soit, pour éviter le risque de panne sèche, je fais le plein en eau à chaque ravitaillement. Je perds peut-être un peu de temps mais je suis totalement serein en biberonnant. Ce d’autant que le remplissage de la poche se fait partiellement quand on ne fait pas l’effort de la sortir du sac du fait de la pression sur ses flancs.

Voilà, rien de bien extraordinaire, vous avez probablement vos propres certitudes, vos petites habitudes … N’hésitez pas à m’en faire part … La confrontation d’idées est un bon moyen de progresser.

Quelques conseils diététiques sur le site de l’UTMB.

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